BERNARDIN DE SAINT-PIERRE
(Voyez à PAppendice, n° 11, page 128, Ze Contrebandier.)
3 N'ARRATION MIXTE,
Qu'est-ce que la narration mixte ?
La narration mixte est le récit d’un événement réel, mais présenté avec des détails et des circonstances imaginaires pour le rendre plus intéressant. ‘Tout ce qui est ainsi ajouté doit être vraisemblable. A la narration mixte se rattache la légende.
Qu'est-ce que la légende ?
La légende est le récit d'un événement puisé dans l'histoire ou dans les traditions populaires, ou même créé par l'imagination, mais toujours mêlé de merveilleux. Elle diffère des légendes pieuses, qui ont pour
but de raconter la vie des saints.
Le style de la légende doit être simple.
Ex, : LÉGENDE TIRÉE DES ANNALES DE L'ABBAVE D'AGAUNE,.
Une mère y avait mené son fils unique, qui y était devenu 1 religieux instruit et surtout habile à chanter l'office liturgique : tomba malade et mourut ; sa mère au désespoir vint l’ensevelir, puis revint chaque jour gémir et pleurer sur sa tombe. Une nuit, elle vit en rêve saint Maurice qui voulut la consoler, mais elle
répondait :Non, non, tant que je vivrai, toujours je pleurerai mon
fils, mon unique enfant.—Mais, répliqua le saint, il ne faut pas le LD: pleurer comme s’il était mort : il est avec nous, il jouit de la vie | véq éternelle, et demain, aux matines du monastère, tu entendras sa Jui
voix parmi le chœur des moines, et non seulement demain, mais tous les jours et tant que tu vivras.” La mère s’éveillant, se leva
aussitôt et attendit avec impatience le pemier coup de matines pour (\ courir à l’église des moines, Le chantre ayant entonné les répons, ; Rat
lorsque les moines en chœur eurent repris l’antienne, la mère distingua et reconnut aussitôt la voix de son cher enfant. Elle rendit grâce à Dieu, et chaque jour, trompant ainsi sa douleur et sa maternelle tendresse, pendant le reste de sa vie, dès qu’elle s’'appro- 4 chait du chœur, elle entendait la voix de son fils bien-aimé se méler à la douce et sainte harmonie du chant liturgique. (MONTALEMBERT,)
(Voyez à l’Appendice, n° 12, page 131, Za Sainte ombre.— À L’Eté de saint Martin.)