OBSÈQUES DE LA VÉNÉRABLE MÈRE MARGUERITF BOURGEOIS
L'inhumation de ce saint corps donna lieu à une pieuse contestation entre la Congrégation et le Séminaire. C'était à qui aurait le dépôt d’une si précieuse dépouille. Les sœurs désiraient avec raison que le corps de leur sainte fondatrice reposât au milieu d'elles dans leur église ; mais comme les sœurs de la Congrégation sont filles de paoisse, M. Dollier de Casson, qui, en sa qualité de grand vicaire du diocèse et de supérieur du séminaire, devait s'intéresser aussi à l'avantage et à la gloire de la paroisse de Villemarie, partagea le difiérend, en ordonnant que le corps serait enterré dans lé glise paroissiale, et que le cœur serait placé dans l’église de la Congrégation. En conséquence le lendemain, 13 janvier, les obsèques furent célébrées à la paroisse. Il y eut un concours dont on n’avait point vu jusque alors d'exemple à Villemarie, tant pour l’affluence des fidèles, que pour les sentiments d'estime et de vénération qu'ils
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témoignaient tous à l'égard de la défunte. M. le chevalier de Callières, gouverneur général du Canada, M. de Vaudreuil, gouverneur particulier de Villemarie, et toutes les autres personnes de mérite et de distinction, se firent un devoir d’honorer les obsèques de leur présence. Tout le clergé et les religieux de la ville et des environs se trouvèrent aussi réunis ce jour-là dans l’église paroissiale ; jamais on n'y avait vu un si grand nombre de prêtres. M. Dollier de Casson, alors âgé de quatre-vingts ans, qui avait eu des rapports si intimes avec la sœur Bourgeois, et l'avait toujours honorée comme l’un des plus rares présents que la bonté divine eût faits au Canada, prononça lui-même l’oraison funèbre de la défunte…
Un ecclésiastique distingué du pays, écrivant ce jourlà même les circonstances de cette touchante cérémonie à l’un de ses amis, lui disait : “ Il n°y a jamais eu tant de “ prêtres ni tant de religieux dans l’église de Montréal, “qu'il en est venu ce matin aux obsèques de la sœur “ Bourgeois, le concours du peuple a été extraordinaire ; “et si les saints se canonisaient comme autrefois, on “ dirait üemain la messe de sainte Marguerite du ‘ Canada.”