‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 84 sur 225 · SITE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

SITE DE QUÉBEC

Le site que choisit Champlain convenait admirablement à son dessein de créer et d'organiser une France nouvelle dans l'Amérique. Placé à cent lieues de l’embouchure du Saint-Laurent, Québec possède un havre magnifique, qui peut contenir les flottes les plus nombreuses, et où les plus gros vaisseaux peuvent arriver facilement de la mer. A ses pieds coule le grand fleuve qui fournit une large voie pour pénétrer jusqu’au centre de l'Amérique Septentrionale. Sur ce point, le Saint- Laurent se rétrécit considérablement, n'ayant au plus qu'un mille de largeur ; de sorte que les canons de la ville et de la citadelle peuvent foudroyer les vaisseaux

qui tenteraient de franchir le passage. Québec est donc la clef de la vallée du grand fleuve, dont le cours est de près de huit cents lieues ; il est la sentinelle avancée de l'immense empire français que rêva Louis XIV, et qui devait se prolonger depuis le détroit de Belle-Isle jusqu’au golfe du Mexique.

Champlain montra la sûreté de son coup d'œil non seulement dans le choix qu'il fit d'une position avantageuse pour la future capitale du Canada, mais encore lorsque, peu de temps après, il désigna le site d’un autre fort à l’endroit qui est devenu le centre de la ville de Montréal. Des écrivains anglais ont remarqué la position heureuse des premiers établissements français en Amérique : Québec, Montréal, la Nouvelle-Orléans ne pouvaient être mieux placés ; les petits forts jetés de distance en distance à l’ouest et au sud, prouvent aussi que les ingénieurs français, même ceux d’un grade inférieur, étaient des hommes dont la vue pénétrait bien loin dans l'avenir. (FERLAND.)

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