PRÉFACE
On nous a demandé plusieurs fois un ex« posé court et clair de ce que la philosophie renferme de plus essentiel. Ce désir nous a été exprimé tantôt par des gens du monde, tantôt par des jeunes gens alors même qu'ils étudiaient la phihisophie.
Parmi les gens du monde, il en est beaucoup qui n'ont jamais suivi de cours de philosophie^ beaucoup qui sur ces matières ont reçu un enseignement vague, inexact, ou
même absolument faux; il en est enfin qui n'ont compris la nécessité des études philosophiques^ qu'après et longtemps après les années de collège.
Parmi les jeunes gens, un trop grand nombre, pressés par Tàge, font le sacrifice de Tannée de philosophie; on voudrait pour eux du moins quelques notions succinctes.
Entre ceux même qui suivent le cours de philosophie, plusieurs ont beaucoup de peine à comprendre, à suivre et à retenir la leçon du professeur.
Pour les uns comme pour les autres, il faudrait, nous a-t-on dit, un cours simple, solide, net, dégagé le plus possible des subtilités de la dialectique et de la métaphysique, tel en un mot, qu'en peu de temps. Ton pût
?Ii
revoir ce que l'on a oublié^ comprendre ce que Ton n'a pu saisir^ ou même apprendre ce que l'on n'a pas le temps d'étudier longuement.
Ces ouvrages existent, dira*t-on. N'avonsnous pas la Logique de Port^RoyalP Ajou* tez-y le traité de Bossuet sur U Connaissance de Dieu et de soi-même et celui de Fénelon sur r Existence de Dieu, n'aurez vous pas un cours complet de philosophie, précisément à l'usage des gens du monde et tel qu'on le demande^ sans parler des précis composés à l'usage des aspirants au baccalauréat ?
Pour commencer par les ouvrages de ce dernier genre, il nous a semblé, ainsi qu'à plusieurs personnes, que ces manuels, contiennent trop et trop peu. Trop, parce
ipoLèy pew* répoailre aux exigences do programme ^^ Taiiteiir est obligé de descendre ^ns des détails de logique , dont la connaissance et le souvenir importe moins aux personnes que nous avons en vue; trop peu , parce que les questions les plus capitales de la philosophie^ n'étant qu'indiquées à la fin du programn^des bacheliers, les manuels préparatoires touchent à peine les points concernant Tâme et Dieu, et ne font qu'effleurer tout ce qui appartient à la morale.
La Logique de Port-^Royal est encore trop complète, et il s'y rencontre trop de ces subtilités dialectiques dont ne veulent pas les gens du monde et qui déroutent les jeunes gens dont nous parlons.
Enfin les deux Traités que Ton nous indique
1% sur ia Ctmnaissance ele Die» et de soi^méne çABUTl'Eœistence deDkUySontk la foiset irop relevés^ et trop peu dMactiqiies etsiéme trop meomplets^ pour Satisfaire à ce besoin de notions simples que l'on voudrait avoir sur toutes les questions importantes de la phn l<Kophîe.
Ces réflexions expliquent asaex quel sera le genre de cet opuscule.
Ces Principes de logique ne sont qu'un premier essai. S'il est agréé, nous publierons successivement, et d'après le même plan, les autres parties de la philosophie.
On pourra se procurer ces divers traités séparément. Ils ne laisseront pas de faire un tout dont l'ensemble formera un ouvrage complet.
Nous renvoyons au Cours de philosophie que nous avons publié en latin % ceux qui désireraient un enseignement plus complet de la logique. Une des fins secondaires de ce travail, est de faciliter renseignement et l'étude de notre grand Cours, dont nous ne faisons guère au fond que résumer la doctrine dans ces Principes.
(1) Cursus philosophiœ, 4 vol. iii-8^, chez Gennequin, libraire, 11* 6, rue Gît-le-Cœur, Paris.