XV.— r,ini:uTi; m: conscii nci
\a\ préU'iilioii ilr |H»sscilri' 1,1 M'i'ilc al»S(»liii' ioikI iiilolfr.iiit.
•le |)()in'r;iis rloniuM* au moins ror^nioillffusc; opini.'ili'clt'î d'ini iiiiaii ( I ) ou (l'un talapoiii ("J), si j<i lour parlais à \)0\i pn''s ainsi:
llopolit4!:lol)(\ (|ui n'est qu'un point, roulo dnns l'ospncc ainsi (juetant (Taulros l!:IoI)('s; nous sonnnos perdus dans coMp immensité; rhoniinc haut d'environ ciiui pic^ls osl assurôuicnl pou d(^ chose dans la création, l'n do CCS (Mrcs inipcrc(>plil)l(»s dit à ((urNpH'suns do ses voisins, dans rAi'al)i(M)u dans la (larrcric: « l']coulcz-nioi, car \^\ Dicni de tous ces « niondc^s m'a indairé; il y a neuf cent millions de petites t'ournns tt comuH^ nous, sur la lerre, mais il n'y a (pie ma l'ourmilliùrc qui soit « l'hère à Dieu ; h)ules les autres lui sont en horreur de touh* éh^'iiilé; " elle sera seule heureuse, et toutes les autres seront (''lernellemcnt « infortunées. »
Us m'arrêteraient alors, et me demanderaient quel est le iou qui a fait cette sottise. Je serais obligé de leur répondre : e'est vous mûmes. Je tacherais ensuite de les adoucir ; mais cela serait bien difficile.
0 sectateurs d'un Dieu clément ! si, en adorant celui dont toute la loi consistait en ces paroles : « Aimez Dieu et votre prochain », vous aviez surchargé celte loi pure et sainte de sophismcs et de disputes incompréhensibles ; si vous aviez allumé la discorde, tantôt pour un mot nouveau, tantôt pour une seule lettre de l'alphabet; si vous aviez attaché des peines éternelles à l'omission de quelques paroles, de quelques cérémonies que d'autres peuples ne pouvaient connaître, je vous dirais : « Transportez-vous avec moi au jour où tous les hommes seront jugés, et où Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. »
(( Je vois tous les morts des siècles passés et du nôtre comparaître « en sa présence. Êtes-vous bien sûrs que notre créateur et notre père 0 dira au sage et vertueux Confucius, au législateur Solon,à Pythagore, (' à Zaleucus, à Socrate, à Platon, aux divins Antonins, au bon Trajan, « à Titus, les délices du genre humain, à Epictète, à tant d'autres « hommes, les modèles des hommes : Allez, monstres, allez subir des « châtiments infinis en intensité et en durée ; que votre supplice soit » éternel comme moi ! Et vous, mes bien-aimés, Jean Ghatel (3), a Ravaillac, Damiens, Cartouche, etc., qui êtes morts avec les for- *^ mules prescrites, partagez à jamais à ma droite mon empire et ma tt félicité. »
Vous reculez d'horreur à ces paroles ; et après qu'elles me sont échappées, je n'ai plus rien à vous dire.
Voltaire. Essai sur la tolérance.
(1) Prêtre nialiométaii.
(2) Prêtre bouddhiste de Siam.
(3^ Tenta d'assassiner Henri IV et fut écarlelé, lùtJi.
25G l'HINCIPES 1)1 KUolT
Le combat de la vérité et de la violence.
C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie dopprimer la vérité. Tous les eîforls de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l'irriter plus encore. Quand la force combat la force, la plus puissante détruit la moindre : quand on oppose les discours aux discours, ceux qui sont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge ; mais la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre. Qu'on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales ; car il y a cette extrême différence, que la violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque ; au lieu que la vérité subsiste éternellement, et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu'elle est éternelle et puissante comme Dieu même.
Pascal. Douzième Provinciale, fin.
La condamnation de Galilée.
En publiant ses découvertes, Galilée fît voir qu'elles démontraient le mouvement de la terre ; mais la pensée de ce mouvement fut déclarée contraire aux dogmes religieux par une congrégation de cardinaux, et Galilée fut cité au tribunal de l'inquisition et forcé de se rétracter, pour échapper à une prison rigoureuse.
Une des plus fortes passions est l'amour de la vérité dans l'homme de génie. Plein de l'enthousiasme qu'une grande découverte lui inspire, il brûle de la répandre, et les obstacles que lui opposent l'ignorance et la superstition armées du pouvoir ne font que l'irriter et accroître son énergie... Galilée convaincu de plus en plus, par ses observations, du mouvement de la terre, médita longtemps un nouvel ouvrage dans lequel il se proposait d'en développer les preuves. Mais, pour se dérober à la persécution dont il avait failli être victime, il imagina de les présenter sous la forme de dialogues entre trois interlocuteurs, dont l'un défendait le système de Copernic, combattu par un péripatéticien. On sent que tout l'avantage restait au défenseur de ce système ; mais Galilée ne prononçant point entre eux, et faisant valoir, autant qu'il était possible, les objections des partisans de Ptolémée, devait s'attendre à jouir de la tranquillité qui lui méritaient ses travaux et son grand âge. Le succès de ces dialogues, et la manière triomphante avec laquelle toutes les difficultés contre le mouvement de la terre y