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<|ni lie |MMiv('iil rciicoiiliTi- un .iiilic prolfrhMir cffirnco. Ce principe :i(liiiis, on ;i l.i solution dr l.i plnp.irl des (picsliuns joni'niili(Ni'('s snr l;i mission de ri'll.d. Il ne f.iul, pîis îisHun'Mnonl (|n(' l'KI.'il soil loni (M riiidividii rien ; rn.iis li^ niliilisni(^ .idininis- Ir.ilif es! chose ;'i lii fois nioi'.iIcMm'nl in.niVMisi^ (*l. conlr.iirci îiux vérii.'ddcs inlri'iMs des p.irliciiliiMS. L'I'llal, (Nt donc â Id fois l^^'r.'inl cl Inlrnr nioi;d. Il n'y a |);is coidradiction ontro l'iniliativo indi\ idiM'Ilc cl l'inili.divc de ri'lhd. (feston olTot parla lilxM'Ic {\\\{y (loivoul. s'accomplit- loiilcs les reformes, sous peine d(* viol(M' la libelle. Or, les lé'j^islalions fail(^s à jjriori et imposée? de tontes pièces anx «»énérat ions à venir, sans tiMiir compte *Hu clian|;(Mnenl possible des mcenrs et des iiitérùts, soutimpnissaf^les à atteindre leui" hnt pratique, si elles ont une sorte de valeur (»sthéti({ue dont était frappé Descartes (1). Dans l'état de paix, l'autorité étant l'œuvre des libertés consentantes, c'est à elle ({ue nwiendrait l'initiative des efforts pour les buts génératix : mais dans l'état di^ fait, les délép^ués nesontpas toujours d'accord avec les mandants et il faut attendre que la liberté ait formé des mœurs et des courants d'opinion pour que ceux-ci prôtett une force véritable aux réformes demandées (2).
19. Quatre principes des réformes. — Il nous reste à indiquer les principes généraux de ces réformes et les moyens d'améliorer la société de fait pour la rapprocher de la société idéale. Chaque citoyen doit travailler, autant qu'il dépend de lui à ce progrès, mais la question des réformes est délicate entre toutes parce qu'il y faut tenir compte des faits et des droits acquis. Le premier principe est donc de maintenir, au-dessus des nécessités actuelles, une conception nette de l'idéal. Nous ne devons pas souffrir que la réalité vicie définitivement et sans protestation de notre part les prescriptions de la morale (3). Mais on ne peut s'élancer brusquement dans l'idéal et substituer sans délai à une société profondément viciée une société irréprochable. 11 faut donc apprécier en conscience ce qui est possible ; car si le citoyen est tenu par le devoir envers soi de faire tout ce que
(1) Éclaircissement II.
(2) Les ministères particuliers ou services dont doit se charger l'Etat, défense nationale, travaux publics, afTaires étrangères, éducation nationale, etc., sont étudiés dans leurs rapports avec la morale civique dans le Cours de morale pratique.
(3) Rcnouvier. Science de la morale^ II, 196.
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comniîuuln la loi morale pour réaliser Tétat rationnel, il doit tenir eoni|>te des mauvaises volontés comme du consentement d'autrui. Voilà donc un second principe : la coûsidération du possible et des volontés opposantes. (]es deux premières maximes pourraient se résumer dans celle de mesurer l'écart entre l'idéal et le réel. Le principe suivant revient à mettre l'hahileté j)ratique au service de la justice. VA en elîet, voici les principes directs de la prati(iue : il faut choisir, pour travailler aux réformes désirables , des moyens tels (ju'ils soient elîicaces «^t qu'en eux-mêmes, s'éloij^^nant aussi peu que possible de ce qti:* est moralement permis, ils soient encore les plus propres à am'Wer le rèj^ne de la justice dans les meilleures conditions. Enfin, en thèse générale, la violence doit être écartée comme moyen des réformes (1). Non seulement la violence est mauvaise en soi, mais encore il est prouvé historiquement qu'elle est à peu près impuissante à préparer le règne de la justice. Une révolution violente est, d'ordinaire, suivie d'une réaction et si celle-ci n'a pas lieu, il y a simplement un remplacement, non U'û redressement des abus.
20. L'amour de la patrie et le cosmopolitisme. — L'observation de toutes ces règles par l'Etat et par chacun de ses membres nous amènerait à l'idéal. Lorsque tous les progrès seraient obtenus, nous toucherions enfin à cette république parfaite qui ne comporterait plus qu'une seule « société des hommes », selon l'expression des Stoïciens. Les rivalités d'intérêts et des passions s'éteindraient même entre les diverses nations également parvenues à la pratique de la raison et dispensées d'user réciproquement du droit de défense, puisque la bonne volonté serait universelle, comme la sagesse. Alors serait réalisé ce monde nouveau que le plus grand des poètes modernes a symbolisé si magnifiquement dans l'aérostat vertigineux qui s'élève audessus de l'Océan où flotte, démonté, le Leciathan, vaisseau difforme du monde ancien (2). Alors pourrait se manifester le sentiment du cosmopolitisme, qui dans l'état actuel des choses, s'il se généralisait, serait destructif des moyens mômes de se réaliser. Le patriotisme est l'école de la fraternité humaine comme la famille est Técole du patriotisme. On ne peut aimer suffîsam-
(1) V. Éclaircissement IV.
(2) V. la pièce intitulée Plei7ï cieU dans la Légende aes Siècles.