XXII. I.IM.M(mTAMTl': MiS
pnlsonlr |)()iir iciidrc ('(nniih' de |,i surviv.iiicc (W rtHn\ (îst cchii (|iii (!()iisi(l(MT le (•(H|)s (MMiiiiH' «'oii'ii |»l i I >l(' (1 p^i'issahlo, iMiidis (jiio rallie, siilistJiiKM^ une, siiii|»l<' cl iiicorniplihic, ('•(diappe, on vcrlii (l() sa siiii|)li('itv, à la (Ifcoiiipiisilioii ('léiiKMit.aire, ol kuI)sisl(\ a|)rès la iiiori pliysi(|ii<>, non «-(hiiiiic iiiiiiiortclle, mais coimiKM'IcnK^lU^ en laiil ((iic force iIl(lesl|•ll(ii')l(^ (limite, él(Miiité (le la suhslaiiee est l(^ (lo;j:in(^ toiidaiiuMital du malérialisiiK; aussi hieii ((iiiî l'idéalisle eliiiiière de Deseartes el de IMaloii; elle ik; l'ési'ul milleiiieiil la dil'lieiille, eai- une lelle siihsiaiiee peut (Hrc l'or! bien eoneue eoinme exléiiuéc; \m\' alanj;uisseineiil()ii dissociation des fonctions, possihililé dont nous voyons la preuv(; dans la dé^énéresceuee do la vi(^ inenLah^ chez (certains ôtres déj;radés ou alïaihlis. Cette hypothèse de la spiritualité [)ure de l'àine est encore la moins conforme aux aualo<çies que montre rexpérieiice, parce qu'une séparation complète de l'Ame et du corps, excluant jusqu'à la solidarité harmonifiue et constante de leur développemeid, cho{[ue violemment l'idét; (fue la psychologie nous iournit sur la nature humaine. Elle est donc inadmissible à cause de l'impossibilité de concevoir la personne autrement que constituée par toutes les fonctions que nous avons trouvées dans son essence (1), et dont chacune sert de soutien à celles qui lui sont supérieures, depuis l'organisme jusqu'à la sensibilité, l'entendement, la passion, la volonté libre.
14. Rappel de la loi de solidarité des fonctions humaines. — En vertu de la loi d'anthropomorphisme que nous avons déjà signalée, nous ne pouvons concevoir aucun être inférieur, supérieur ou ultérieur à l'homme, autrement que constitué par le parallélisme de la pensée et de son organe donnés en relation constante. Ce n'est pas là une hypothèse sans fondement; car elle repose sur des analogies très fortes avec l'expérience actuelle, et elle a été considérée comme la vérité non seulement par les ancêtres de notre race qui lui ont donné une forme naïve, n'exigeant d'eux aucune spéculation, comme l'imagination des âmes corporelles d'Homère, des Védas, des Celtes, mais encore par des philosophes tels que Leibnitz, et des savants tels que Claude Bernard. Le premier, en effet élève jusqu'à la hauteur d'un principe cette harmonie constante des deux ordres de phénomènes (2).
(1) V. ch. VI et Cours de morale pratique. Premières données de la conscience.
(2) Monadologie, § 72 et 73. Ed. Boutroux; comparer Ed. Nolon, F. Alcan. J.THOMAS. — 6" année. 23
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« Il n'y a pas, dit-il, des âmes tout à fait séparées... Il n'y a ni génération entière ni mort parfaite prise à la rigueur, consistant dans la séparation de l'àme. Ce que nous appelons fçénérations sont des développements, comme ce que nous appelons morts sont des enveloppements et dos diminutions. » Quant à Cl. Bernard il déclare c(;tte liypotiiése parfaitement recevable, non comme doctrine philosophique, mais comme anticipation de l'ordre des sciences, sur les découvertes à venir dans les recherches proprement physiologiques sur la composition première des germes et des embryons.
15. Survivance de la chair. — N'est-il pas en effet très naturel et très simple de croire que l'àme, en notre état de corps vivant, étant attachée à un sujet matériel, ce qui restera d'elle après la mort sera encore joint à un sujet de la même espèce, mais insensible actuellement, et qu'elle paraîtra toujours unie soit à celui-là, soit à un autre quand elle viendra à se manifester sous de nouvelles formes ? C'est là une application raisonnable de cet autre principe de Leibnitz, la continuité dans la superposition des fonctions, et c'est également une induction de l'expérience aussi simple que possible et exempte de toute théorie métaphysique sur l'essence de l'esprit ou de la matière. En opposition avec cette hypothèse de la survivance d'un organisme corrélatif de l'âme dans la vie future, l'hypothèse contraire d'un esprit pur, d'une pensée fonctionnant sans aucun organisme, même rafïiné et délicat autant qu'on le voudra, par conséquent d'un entendement sans sensibilité ou d'une sensibilité sans organe des sens, cette hypothèse est aussi pleinement inintelligible, pour nous, qu'une nature ou un organisme sans rien d'analogue à la conscience. En un mot, nous croyons fermement à quelque chose comme la survivance de « la chair » accompagnement indispensable de celle « de l'esprit ».
16. Conclusion : accord fondamental du monde et de la raison.— Au reste, le champ des hypothèses est illimité et nous ne sommes tenus d'en accepter aucune. Nous ne concluons pas à l'immortalité en vertu d'un syllogisme, mais nous- fondant sur la conception la plus élevée de notre raison, l'idée de justice, nous établissons en face de la nature le droit de la personne à subsister, à diriger et à poursuivre sa destinée. C est la conséquence la plus haute de l'optimisme moral, dernier résultat de
Wll. I.IMMOUTAIJTK 355
lii iii(''lh()(I(^ crilicnKWI). Kllr Jihoiilit ii r;illinii;i(ioii d'un onlnj su|M''ririir (le liii.-ilih' (|iii ciivcloiti»' le iiiondr; rllc j-st l;i InriiniN^ sii|)r(>ni(^ (riiii (l();;iii;il.isiii(^ iiionil ; r\U>, (îsI., srloii r('\|,i vssioii UK^iiKMli^soii loiid.'ihMir, • 1.1 i('lit;i(ni d;ms 1rs liiiiilc^ dchi liiisoii ..
L'insliiicL (le riiiiniorlaliLi;.
Qn'importo ([ii'iiii .illalhlissoincnt sensible do l'ainour, de la volonté, de la pensée, attende souvent l'honinie à la fin de sa carrière ; que dans sa jeunesse même il puisse iMre atteint d'une sorte de désenchantement vital et d'un besoin de tout oublier et de ne rien sentir ; qu'il s'éprenne d'un ^^oîit raisonné pour le néant; plus que cela, qu'il se trouve capal)le de l'envisaiAcr en face, chose difficile et rare plus qu'on ne croit, et qu'en le contemplant il l'appelle? Ni la passion lasse, ni la passion désespérée, ni les intermittences de la vie morale, ni la décadence ne sont des objections contre l'instinct de l'immortalité. La lassitude conclut au sommeil, non pas au néant; elle conclut à la mort quand les organes ruinés, le cœur trompé ou flétri. l'intelligence épuisée, la volonté vaincue par l'habitude, et l'habitude ellemême odieuse frappent d'impuissance les instruments de la vie présente ; mais le néant qui s'offre alors sous les voiles de la mort n'est que la négation des choses connues et méprisées, non de tout désir et de toute conscience. L'envahissement journalier du sommeil n'impli(|uet-il pas un détachement analogue avec l'espérance du réveil, et du retour des fonctions à leur franc exercice, et d'un heureux succès des événements, et d'une direction meilleure de la volonté? Si donc l'espérance est au chevet, le dernier jour, telle à peu près qu'elle fut à l'expiration de chaque veille, l'instinct de l'immortalité s'y tient avec elle et la soutient. Si elle n'y est point, mais que le regret amer en occupe la place, ce même instinct se fait sentir, tout combattu qu'il puisse être par une réflexion dont les motifs ne sont pas infaillibles sans doute. S'il n'y a ni espérance ni regret, mais paix, repos, inertie croissante, l'absence des passions est un sommeil anticipé qui ne prouve rien contre le réveil. Enfin, voulons-nous supposer la joie désespérée d'en finir, si peu commune chez les mourants et chez les suicides eux-mêmes (les sentiments contradictoires de ces derniers sont instructifs ) alors, de même que la haine vient en témoignagne de l'amour dont elle est la perversion, l'instinct renversé démontre l'instinct.
Renouvier. /^A'</cAo/o^«e, 111' vol., p. 109.
{l) V. Eclaircissement V.
i'.in
l'ULNCll'ES I»i: LA UKMGIO.N .NATLHELLK
L'inimorlalilé tlfi la race substituée à celle de l'individu.
La inori est la cessation définitive de la vie individuelle. N'est-ce pas celte certitude luôme qui lait le prix de la vie, qui surexcite et pousse à leur développement extrême les facultés d'un organisme périssable? Pounjuoi riioninie se hâte-t-il d'aimer, de créer, de savoir et d'agir, sinon jjarce qu'il doit mourir et qu'il le sait ? Les promesses d'outre-tombe sont des consolations vaines ; en est-il de plus efficaces? Nulle aulrc que la conscience d'avoir pleinement vécu, d'avoir exercé tous les droits, rempli tous les devoirs, d'avoir résumé en soi toutes les leçons du passé, toutes les aspirations de l'avenir.
Mais riiommc n'est i)as seulement un individu. Rattacbé aux morts par une hérédité physique cl morale, aux vivants de toute sorte, il l'est encore à ceux qui naîtront de lui et de ses semblables ; il travaille à une œuvre commune que sa mort n'interrompt pas. Le sentiment de cette perpétuité est la source des hautes pensées et des grandes actions. A défaut de la gloire qui fait vivre les noms et les œuvres, il ennoblit la volupté du travail par l'idée d'une solidarité indéfinie dans l'espace et dans le temps. Il y aune sorte d'immortalité, celle de l'espèce, concept autrement élevé que l'immortalité individuelle. Gardons-nous seulement de retomber dans le réalisme du moyen âge, n'allons point personnifier des êtres collectifs, univers, espèces, humanité. Et qu'y gagnerionsnous ? Le genre humain, composé de tous les individus, ne finira-t-il pas à son tour ? Et cette immortalité limitée enlève-t-elle rien à la réalité de la mort? Disons que la mort est un fait inévitable, qui ne demande ni résignation, ni rébellion et qui nous conseille de vivre C'est ce qu'on a toujours fait dans le monde depuis qu'il existe des êtres animés et qu'on fera jusqu'à l'heure inévitable où d'autres formes, des êtres nouveaux, dans des conditions inconnues, reprendront à leur tour la lutte pour la vie, pour le bonheur, pour la justice.
André Lefi^vre. H('j/nhlif/i(c /'r(f/irai.se. 2(5 nov. 1880.
Notre protestation contre le mal provient d'une conception insuffisante de
l'ensemble du monde.
L'injustice du sort est un grief d'enfant Qui, malade, abhorrant la cuillerée amére, La déclare nuisible et s'en prend à sa mère. La douleur et la mort, sans doute il les fallait Pour que l'homme devînt le demi-Dieu qu'il est ;
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!,(' iii.-il nous (lôcoMccrk*, v\ pourl.iiil «jiii iiciil dircî
Si ruiiivors, où loulso roposo et s'alliro,
l*()iirr.iil survivra avec un alomo de moins
Ou (le })Ius, couru'', pour nous j>laii"c, à nos soins?
l»ans nos coniploirs, pondant (juc lo vendeur cal(!ul(!
Kl coniparo les poids soumis h la l)as(Mile,
L'aelielein* déliaiil. ne s(^ dil pas lésé
Tanl (pu^ moule el descend l'objet pour lui pesé ;
11 laiss(» lo marcliand lixer on conscience
I']l rol)serve, allenlit*, mais sans imiialienco,
'rrouvaul dans sa lenteur, loin d'en ètri; irrité,
Un .uaiic de ])rud(Mîc(^ et de. sincérité.
Mais riiomme, à la nature où s'opère en silence
l)n échange éternel dans une autre balance,
Uéclamc sans })aiement un astre de son choix.