‹ Principes de philosophie morale suivis d'éclaircissements et d'extraits de lectures conformes aux programmes de l'enseignement moderne (première, sciences et lettres), de l'enseignement secondaire des jeunes filles et des écoles normales primairesChapitre 54 sur 162 · VII. i.Ks l'iNs i)i; i.\ \ Il III \i \i\r io · texte numérisé non relu

VII. i.Ks l'iNs i)i; i.\ \ Il III \i \i\r io

l(>s :ii lires Ikmimiics, siiiis <'()iii|>i'()iii(>llr(' son hoiiliriir. (i'«'sl l;i iinc alliludc prise encore par Dese.irles, «pii ne voyjiil rien de piii*^ désirable (pie i'alaraxie ani i(pn^(l ), la vi(^ spéenlalive du |MMisenr isolé dans un repos savaiil ainpiel il saerilie Ions les antres ))oii lieurs, niénn^ rindépendain'e soeialenieni garantie des eroyanees polilicpies, relif^ienses el seienliliqnes, même enlin ce honhenr snpéi'ienr (pTon peni Ironver à élre niile an publie par la pnhii ration de vérités nonvelles. Ce besoin de la paix à tout prix, Desearles ne piil le salislaire (pi'en se eaebaiil laiil (pi'il pnt, en h'ranee, et en ('han«;*eanl de ictraite pins d'une lois par an (piand il se résijjçiia à vivre à l'étranj^cr (4). Anssi monrnl-il à Stoekolm, |)rès de la riMiie (^ilirisline. Sedéi*oberà la lntt<; (;t, anx devoirs tprelle impose en^ai;e eelni (pii n'a d'antre idéal à une fuite continuelle. La seule issue loj^icjuc^ (ruiuî telle vie est le cloître. Les anciens l'ont ignoré (3); aussi, la méthode par la({uelle Démocrite obtient cette trancfuiliité est le calcul de l'intérêt bien entendu qui lui fut em|)runtéavee tout le reste de sa doctrine par Epicure et dont nentliam ('<) lit l'aritliméticfue des plaisirs.

6. Le plaisir au maximum d intensité Galliclès, Aristippe). — Mais l'absence de trouble n'est qu'un pauvre bonheur et d'une monotonie peu enviable. Il est donc naturel qu'en conservant le plaisir pour j)rincipe, on renonce à l'assiette imperturbable d'un Démocrite et t[u'ou cherche dans les jouissances accompagnées, s'il le faut, de grands risques, les émotions fortes qui nous font goûter le plaisir jusqu'à la limite des énergies humaines. Le plaisir le plus vif et sans contrainte, voilà le but que doit se proposer un hédoniste conséquent. C'est ce qui arriva au sophiste Calliclès que Platon met en scène dans le Gorgias (o), et à l'un des plus singuliers disciples de Socrate, Aristippe de Cyrène(6).En

(1) Atarakos en grec, de a privatif et tarakê, irouhle, agitation. V. Eclaircis sèment I.

(2) \, Discours de la Méthode, \\V partie. Deseartes né en 1594, mort en 1650.

(3) V. cependant ce que dit à ce sujet M. Havet, Le christianisme et ses origines, t. III, p. XIX et t. II, p. 32, Calmann Lévy, 1884.

(4) Bentham, publiciste anglais (1747-1832).

(5) Gorgias, ch. xlvi, p. 491. Ed. Estienne. V. Éclaircissement II.

(6) Aristippe de Cyrène, colonie grecque d'Afrique, né vers 435. C'était un riche marchand qui venait tous les ans conduire ses vaisseaux à Athènes. Après ses recettes faites, il ne se hâtait pas de revenir à Cvrène et il restait longtemps en Grèce pour en déguster tous les plaisirs. C'est' ainsi qu'il devint disciple régulier de Socrate à la suite d'une perte maritime, mais disciple indépendant quant à la doctrine. Socrate disait de lui : « Je pourrai jamais corriger ce spirituel voluptueux. »

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restant au point (!«' vue de Démocrite, il n'y a licn à leur objecter. Et (le plus, s'il <'st vrai, coiiiiiu' le disait le (•oiitem|)orain de Callielès, le sophiste IMota^oras, (jut; « riiomnu; est la mesure de toutes choses », je suis seul ju;j:e du Vi'ritahh; plaisir, puisque celui-là seulement existe, pour moi, (]ue je ressens et que mes goûts me font apprécier. De plus, j'ai pour moi l'autorité de la nature entière où chaque être vivant recherche son plaisir et luit la douleur, parce qu'il est fondé à persévérer dans l'être et à poursuivre, pour se conformer à cette loi universelle, les satisfactions les plus variées et les plus intenses de ses besoins. Mais Aristippe n'ignore pas qu'il y a des plaisirs de divers degrés. En Jiomme (|ui a beaucoup navigué sur la Méditerranée, il se représente la vie tantôt comme un temps calme, sans vent,

quand la rame inutile Fatigue vainement une mer immobile (1),

tantôt au contraire comme la tempête déchaînée où le matelot se brise ; entre ces deux extrêmes, il est un moment où la brise agite doucement le passager et lui fait sentir l'activité de l'existence. La mer calme, c'est le plaisir des gens tranquilles dédaigné par tous les hommes d'action ; la tempête, c'est la douleur, qu'il faut plus encore éviter; le mouvement excitant de la brise, c'est le plaisir comme l'entendent ses vrais amateurs.

7. Mérites relatifs de cette doctrine : rhédonisme. — Comme application de ce principe, il suit que: 1^ la quantité des plaisirs qu'elles comportent est le moyen de juger, le critère (:2) de la bonté des actions ; ce que nous appelons bien est la jouissance ; et entre deux actes, celui-là est le meilleur qui nous donne la plus vive. Ce qui est mal, c'est ce que la nature réprouve, c'està-dire la soulïrance ; 52» entre plusieurs plaisirs possibles, c'est le plus prochain qu'il faut prendre, loin d'attendre à plus tard pour en obtenir un plus vif, peut-être, mais moins sûr que le présent. La Fontaine, un des disciples les plus fidèles, pratiquement, de cette doctrine dit :

« Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras (3). Il faut se bâter de jouir avant de soufïrir, de peur de mourir avant

(1) Racine. Iphigénie.

(2) De crilerion, en i^rer, pierre de louciie.

(3) Le petit poisson et le pêciieur.

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