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EXPÉRIENCES SUR LE LARYNX 25 I

Krause, 1884; Hooper, 1885), sur l'animal, au moyen de la vivisection; d'autres encore (Cagniard-Latour, 1836'; J. MûUer, 1845; Harless, Fournie, i86é; Spitta, 1875; KoschlakoflF, 1884), sur des larynx artificiels; d'autres enfin (Ferrein, 1741; MûUer, Liscovius, 1846; Merkel, 1837; Lermoyez, 1886), sur le cadavre, M. Lermoyez a renouvelé les expériences de ses devanciers et en a fait d'autres, notamment sur des cholériques auxquels il appliqua l'excitation électrique. Son travail* est d'un grand intérêt. Je ne puis mieux faire que de l'analyser et d'y renvoyer le lecteur.

Voici d'abord comment, depuis MùUer, se pratique l'expérience sur le cadavre. Le larynx est rapidement disséqué et toutes les parties sus-glottiques enlevées. Un fil, attaché sur le thyroïde, au point d'insertion des cordes vocales pend verticalement et soutient un plateau pour les poids qui simuleront l'action du crico-thyroïdien. Du même point part un autre fil, qui se dirige horizontalement en arrière et se réfléchit sur une poulie, pour représenter le muscle thyroaryténoïdien. Les cartilages aryténoïdes, traversés par une broche horizontale, sont maintenus fixés sur une planchette, ainsi que le chaton du cricoïde. Enfin, un tube de caoutchouc adapté à la trachée permet d'y envoyer le souffle.

Parce moyen, M. Lermoyez a constaté, entre autres faits, les suivants :

I** La glotte intercartilagineuse étant ouverte dans toute sa largeur, quelles que soient la tension des cordes vocales et

1. Société philomatique de Paris {VUniversitiy années 1836 et suiv.).

2. Étude expérimentale sur la phonation^ Paris, Octave Doin, 1886 (200 pages). — On y trouvera la bibliographie du sujet.

la pression de Tair, aucun son ne peut être obtenu ; mais, dès que les apophyses vocales arrivent au contact, on voit se détacher deux membranes grises qui viennent vibrer dans la lumière de la glotte, qu'elles rétrécissent, et un son flûte (la voix de tête) se fait entendre.

Dans ces conditions, la muqueuse seule vibre : car, d'une part, si Ton pique avec une aiguille la partie vibrante, il n'y a que la muqueuse de traversée ; si on touche celle-ci, le son est altéré; si on la coupe, le son cesse; d'autre part, on peut toucher la partie ligamenteuse sans modifier le son; un point noir, placé dessus, reste inmiobile.

2° Si, sans rien changer à l'expérience, on exerce avec une pince en T une légère pression de chaque côté de la glotte de dehors en dedans, les oscillations vibratoires prennent plus d'étendue, l'espace fusiforme central se rétrécit, et le son produit a un timbre mordant mieux anché et plus sonore : c'est la voix de poitrine '.

La muqueuse et le ligament fibreux sont alors en vibration. On s'en assure en piquant avec une aiguille la partie vibrante, en touchant successivement et en coupant la muqueuse et le ligament, en plaçant un point noir sur la couche fibreuse : le muscle ne vibre pas. Ce dernier fait est confirmé par les expériences pratiquées sur les animaux.

3° Le larynx étant en position d'équilibre vocal et émettant un son donné, on fait monter le son d'environ dix

I . Les différences signalées ici entre la voix de fausset et celle de poitrine ne sont pas les seules qui existent. Les parties sus-glottiques sont aussi le siège de différences marquées et faciles à observer : contraction dans le premier cas, relâchement dans le second (cf. Benneti dans les Mémoires de r Académie des sciences (îS^S) y t. XVI, p. li-liv).

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