VOILE DU PALAIS
Le bord inférieur du voile du palais se prolonge par la luette (fig. loi, F), que l'on désigne encore sous les noms à'uvula et de aTaip'jXv De la base dé la luette, partent quatre replis membraneux qui vont de là, comme les arceaux d'une voûte, se reposer sur la langue et sur le pharynx, interceptant entre eux une fossette où se loge l'amygdale. Ce sont les piliers du voile du palais : on les voit facilement, les postérieurs débordant sur les antérieurs. Les piliers antérieurs (fig. loi, H) circonscrivent Y isthme du gosier; les piliers postérieurs séparent la portion buccale du pharynx de sa portion nasale, et forment un orifice qu'on pourrait appeler Visthme du naso-pharynx.
Cinq paires de muscles communiquent au voile du palais ses divers mouvements. Ce sont :
1° Les palata-staphylins ou ai^'gos de la luette (fig. loi, a), qui, prenant leur point fixe sur l'aponévrose du palais, soulèvent la luette et raccourcissent le voile du palais dans le sens de sa longueur;
2° Les pétro-staphylinSy ou péristaphylins internes (fig. loi , hi 100, //), sorte de sangle fixée à la face inférieure du rocher, qui porte en haut la partie moyenne du voile;
y Les sphéno-staphylins ou péristaphylins externes (fig. loo, /o), qui, partant de l'apophyse ptérygoïdienne du sphénoïde et de la trompe d'Eustache, glissent à l'aide d'un tendon sur le crochet ptérygoïdien, tendant le voile, sur lequel ils s'insèrent à la façon d'un éventail ;
4° Les pharyngo-staphylins (fig. loi, r), qui naissent à la face postérieure du voile, d'où ils se portent, à travers les piliers postérieurs, en partie sur la ligne médiane du pharynx, en partie sur le larynx (fig. 96, ^), resserrant par leurs contractions l'isthme naso-pharyngien, et soûle vant le pharynx et le larynx;
50 Los glosso-staphylins (ûg. 103, 7), qui, s'étendant de la face inférieure du voile à la base de la langue en suivant les piliers antérieurs, abaissent le voile et portent la langue en haut et en arrière.
Nous sommes maintenant à même d'expliquer complètement le jeu du voile du palais.
A Tétat d'inaction, le voile repose sur la langue, l'isthme du gosier est fermé, et tout l'air de la respiration passe par le nez. Pour ouvrir au souffle la voie de la bouche et lui fermer celle du nez, le voile se soulève et se porte en arrière, en même temps que les parois du pharynx viennent à sa rencontre et que les piliers postérieurs se rapprochent; la fermeture de l'isthme naso-pharyngien est alors complète. Par contre, pour fermer énergiquement la voie buccale, le voile s'abaisse dans l'isthme du gosier, rétréci par les contractions des piliers antérieurs, et s'accole fortement avec la langue accourue au-devant de lui. Enfin, le voile peut prendre une quatrième position : soulevé par les muscles constricteurs, il se maintient libre entre les deux issues^ la bouche et le naso-pharynx, permettant à l'air expiré de s'écouler par l'une et par l'autre.
Ainsi, l'occlusion complète s'accomplit par l'action combinée des muscles du voile et de ceux du pharynx ou de la langue. L'occlusion incomplète ne met en jeu que les muscles propres du voile. Il n'est pas rare de rencontrer des cas anormaux de cette occlusion incomplète. Une paralysie survenue dans le jeune âge peut mettre pendant longtemps les enfants dans l'impossibilité de faire entendre des sons purs, non infectés de nasonnement, et d'articuler les consonnes qui ont leur point d'articulation dans Tarrièrebouche.
La grande mobilité du voile du palais et le concours