BOUCHE
français et ce qui s'observe dans plusieurs langues où la nasalisation, à son début, est encore inconsciente, comme dans le russe, par exemple. D'autre part, il se rencontre (et nous aurons l'occasion d'en parler) des dialectes où un écoulement anormal et assez abondant de l'air par le nez ne produit pas une nasalisation bien appréciable.
Les procédés d'exploration que je viens de rappeler ne sont pas, il faut l'avouer, d'un emploi bien commode. Czermak lui-même en avait un plus simple : il parlait en se mettant une petite gkce devant le nez ; Brùcke conduisait Tair de sa bouche et de son nez, au moyen de deux tuyaux, en face de deux bougies, et, voyant, par les oscillations de la flamme, la voie suivie par l'air expiré, il en concluait la situation du voile du palais. Ces moyens peuvent être encore employés, en l'absence de plus précis; mais ils doivent céder le pas à ceux qui ont été indiqués ci-dessus, p. 93-95 et 131.
Le voile du palais ne peut pas être suppléé dans ses fonctions comme modérateur de la nasalisation. Nous verrons plus tard ^appendice sur la correction des vices de la prononciation) que les eflforts tentés pour fermer à l'air l'orifice antérieur des fosses nasales demeurent sans effet sur le timbre.
ARTICLE IV Bouche.
Nous considérerons successivement : la voûte et les parois de la bouche, la langue, les lèvres, enfin la mâchoire inférieure.
Voûte de la bouche. — La voûte de la bouche s*étend du bord inférieur et des piliers du voile du palais jusqu'aux dents.
La partie postérieure, qui appartient au voile du palais, est fréquemment désignée sous le nom d^ palais mou. Elle s'étend en avant jusqu'à l'os palatin (fig. 99,/) et comprend le tiers seulement de la voûte totale.
Le palais mou prend une part active dans la phonation, soit par son contact avec la langue, soit par les battements de la luette, soit par les contractions des piliers antérieurs.
La partie antérieure de la voûte buccale, ou palais dur^ est le palais proprement dit. Aucune limite apparente ne la sépare de la précédente : le jeu seul du voile du palais, en rendant sensible la ligne où s'arrête la ponion fixe, permet une délimitation précise.
La voûte palatine se compose de trois couches : une .
osseuse, une glanduleuse et une muqueuse. La couche glandu- 1
leuse est disposée de chaque côté de la ligne médiane, ou raphé; elle devient de moins en moins épaisse à mesure qu'on s'avance sur le devant, et disparaît au niveau des canines. Dans son tiers antérieur, la voûte du palais présente tout un système de crêtes rugueuses à directions variables, qui sont molles au toucher.
Il suit de cette composition que le palais rend, à la percussion, un bruit différent, suivant le point où le choc est produit : les parties dures sont plus sonores, les parties molles plus sourdes. Il en est de même des bruits de succion et des articulations que la langue fait entendre contre le palais. Aussi une oreille instruite par l'expérience peutelle déterminer approximativement, sans aucun autre secours, le lieu où le contact s'est fait. Il n'est donc pas étonnant que la topographie de la voûte palatine ait servi de base à la distinction des articulations buccales.