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EXPLORATION DE LA LANGUE

fait des transformations de force dont elle est le siège. Qu'il n'y ait pas, par exemple, un équilibre parfeit entre ses forces musculaires, un mouvement tendra à s'amoindrir ou à se substituer à un autre, et une évolution commencera ; que pendant plusieurs générations la même tendance s'accentue, et l'évolution deviendra triomphante; qu'au contraire, la vigueur revienne au muscle, et l'évolution, entravée, pourra disparaître.

L'exploration minutieuse des mouvements et de la force de la langue est donc de la dernière importance, et le phonéticien ne devra négliger aucun moyen de la rendre aussi complète que possible; il recourra au palais artificiel (p. 52), aux ampoules exploratrices (p. 97), à l'explorateur externe (P- 9S)î ^^ miroir, au glosso-dynamomètre (p. 160), à tous les moyens de mesure qu'il pourra imaginer.

II nous importe également de déterminer avec soin les positions fixes que prend la langue pour les diverses articulations. L'exploration est, en somme, plus facile que celle des mouvements. La sensibilité de la langue au contact du palais, ou du petit doigt introduit dans la bouche quand le contact n'aurait pas lieu autrement, suffit dans bien des cas à nous renseigner.

M. Charles H. Grandgent' a imaginé un procédé plus rigoureux. Après avoir préparé, à l'aide d'un moulage et de mesures prises avec une baguette, une esquisse de la voûte de sa bouche depuis les dents jusqu'à la luette, il mesurait avec de petites pièces de carton ovales de 5 à 25 ™™,

fixées à un fil d'argent, les diverses distances qui existaient

I. Fowel tneasuretnentSy dans Publications of the Modem Lar^c^e Association ofAnierica, Supplément au vol. V, n°2 (1890).

pendant rémission de chaque voyelle, entre sa langue et son palais, et les reportait sur son dessin en prenant comme point de repère le tranchant des dents supérieures.

M. Harold W. Atkinson vient de me communiquer une méthode qui est à la fois plus sûre et plus facile. Il prend la position de sa langue au moyen d'un ruban de godiva (p. 55) ramolli dans l'eau bouillante, qu'il enfonce aussi avant que possible dans la bouche et qu'il fixe aux dents supérieures. Quand le godiva est durci, il le retire, et, l'ajustant sur les dents d'un moulage en creux de sa voûte palatine scié dans le sens de la longueur, il a du même coup la courbure du palais et celle de la langue. Il ne reste plus qu'à les fixer l'une et l'autre en les découpant dans une feuille de papier fort ou d'ébonite. Le temps un peu long que demande le godiva pour se durcir dans la bouche peut être de beaucoup diminué et même réduit à un instant, si l'on dirige dessus un jet d'eau froide. Par ce moyen, l'expérience deviendrait même plus exacte, car le godiva insuffisamment durci s'infléchit, et, comme le point de repère est loin de l'extrémité du ruban, le moindre abaissement donnerait une erreur considérable. Au lieu d'un simple ruban, M. Atkinson emploie encore une lame de godiva de la largeur de la langue, et obtient ainsi la représentation totale de la courbure supérieure de cet organe. Il pourrait encore prendre à la fois le moulage de la langue et de la voûte palatine, et toute chance d'erreur serait écartée.

Les lèvres. — Le muscle essentiel des lèvres, c'est /'(?rbiculaire (fig. 104, 7). On peut le considérer comme formé de quatre muscles, deux supérieurs et deux inférieurs, qui, unis au milieu, s'entre-croisent aux commissures. On remarque deux zones de contraction, qui sont, par rapport

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