MÉCANISME NERVEUX DE LA PAROLE
rement dans la parole un rôle prépondérant. Il importe donc^ à notre objet, tout en évitant les détails qui pourraient être innombrables, de le considérer dans ses traits les plus généraux et de nous rendre compte de son action immédiate sur le mécanisme phonateur et sur la faculté même du langage. La méthode que nous avons exposée jusqu'ici ne nous abandonnera pas sur ce terrain nouveau. Si le système nerveux, chez l'homme, échappe à une expérimentation directe, nous y suppléons en partie par la vivisection pratiquée sur les animaux et par les observations que les maladies, les accidents, les vices de prononciation et la marche des évolutions phonétiques nous permettent de faire sur nos semblables.
Le système nerveux se compose, comme chacun sait : 1° d'un axe central, qui comprend Vencéphale (cerveau, cervelet, isthme de l'encéphale et bulbe) et la moelle épinière ; 2° de cordons périphériques (les nerfs); 3° du grand sympathique.
Le CERVEAU (fig. 108) se divise en deux hémisphères réunis par le corps calleux (ûg, 109, Ce. y Spl).l\ est sillonné, à sa surface, par des anfractuosités qui dessinent des lobes et des circonvolutions. Chaque hémisphère est formé : d'une écorce (fig. 1 10, £) de substance grise ; d'une masse de substance blanche, le centre aval {Co); et de noyaux centraux, gris, dont les plus importants sont : la couche optique ou Thalamus (TA), le noyau caudé (A^C) et le noyau lenti-
RoustsiOT. — Phonétique expérimentale, 19
culaire (ATZ^, NL^j NL^), entre lesquels pénètre une lame de substance blanche, la capsuU interne (Cia^ Cig^ Cipy Cirl).
L'isthme de l'encéphale (fig. m) unit entre eux le cerveau, le cervelet {Cer) et la moelle. Il est formé principalement des pédoncules cérébraux (P&i. c), des pédoncules cérébelleuXy de la protubérance annulaire (Pr A) et du bulbe rachidien.
Fig. io8.
Face externe de T hémisphère gauche.
h\, f'a» /-'a, Fa. Lobe frontal (i", a% y circonvolutions frontales, et frontale ascendante).
— Fis. Faisceau longitudinal supérieur, vu en transparence. — Gsm. Gyrus supra marginalis, ou partie antérieure de la 2« pariétale. — /. Incipure de Jensen, qnî limite en avant le pli courbe. — O^, O,, O3. Lobe occipital (i'«, 2«, y circonvolutions occipitales). — Op F^. opercule, partie qui recouvre le lobe de l'insula (fig. iio, /), ou pied de ta y frontale ; Op R. Opercule rolandique ou pli de passage fronto-parictal. — Pa, Pi, Pj. Lobe pariétal (pariétale ascendante, 1" et a* circonvolutions pariétales). — Pc, Pli courbe (partie postérieure de la 2* pariéule) qui coifife rextrémitê du sillon parallèle.
— p Sillon parallèle. -- R. Scissure de Rolando. — S. Scissure de Sylvins; Sa. sa branche antérieure horizontale; Sv. sa branche verticale.
Le croisillé indique les centres de la zone du langage (centre des images motrices ou de Broca. O^fg, — centre des images auditives ou de Weinicke, T^ — centre des images visuelles ou de Dejerine , Gm et Pc). Les traits verticaux marquent les portions de l'écorce sus-jacentes aux faisceaux d'association ; les traits horizontaux, la partie du centre des images auditives non comprise dans la zone du langage; les poims, le centre des images visuelles générales.
Le BULBE (B) est situé au-dessous de la protubérance et constitue avec celle-ci la région bulbo-protubérantielley remarquable par l'entrecroisement des faisceaux nerveux et par
l'émergence des kerfs crâniens. C'est une masse de substance blanche dans laquelle sont disséminés les noyaux gris des nerfs qui s'en détachent.
La MOELLE ÈpiNiÈRE (fig. 112) renferme : i" un cordon ceotral de substance grise où l'on distingue tes cornes antérieures (Coa), et les cornes postérieures (Cof); 2° trois cordons de substance blanche (antérieur, Ca; latéral, Cl; et postérieur, Cp).
le 1 Lémisphttc drail.
«. — FIL Fui)
NinguJ, - - Pr,. Pri
- Fh. Ldliiile hiifbnDE. — K. Scitn
Les cornes antérieures envoient des fibres qui constituent les racines antérieures {Ra) de la moelle. Les cornes postérieures, au contraire, reçoivent les terminaisons des racines postérieures {Rp) dont les cellules d'origine siègent dans les ganglions spinaux (G S). Les racines antérieures et
les branches périphériques des cellules des racines postérieures forment les nekfs rachidieks (Nr).
L'élément dernier, auquel se réduit le système nerveux", est le neurone (fig. 1 1 j), véritable unité physiologique qui
hiB- .10.
(cmquiï d'aprii Dijeu.e.)
Coupe horiiontik de ['liémispbère dioii.
Jm, avuii-anir. — Cia. iC|tmEU aaMrÎEDr it li eipiulc imcmc; Cig, gtaoa de Ii opHie
Il Ofiu'lc ionr». — cT nnnc orale. — £. Enm'cfi^b'nlc. — F,, K, F,, i^ 1 ' )• circoqvolulKmi franuld. — Fil. FiiKc» lancitudiiuil inftricui, — /. Lobe île l'iDnli. ulariB». — WC.Noven UBd* ; Wf,. M,, NI,, I
- O,, 0„ 1" ei 1- «neiKoluilmii sccipiutEi. — OpF,. ; apR. Opercule njlmJiout. — Sf, Briccte p • 9ci»iiicdei S)l.ra». - 7-,, T^, 1'
Diiule; OpR. Oiiercule ruluidiiiue. — Sf, Briccte poiltiiente ei i(i.)
a son autonomie propre, si bien que toute lésion affectant l'une de ses parties retentit sur les autres.
Chaque neurone se compose : i° d'une cellule; 2° d'un ou plusieurs prolongements; 3° d'arborisations terminales,
I, L'étude du système nerveux a été renouvelée dans le cours de ces dernières années. A consulter : Ânatomie des centres nerveux, de M. et M"" Dejerine, gr. in-8°, 806 pages. Il y aura deux volumes : le premier seul a paru. — Rueff, 1895.
Les ceïluks sont formées par un délicat réseau de fibrilles protoptasmiques, noyées au sein d'une substance intermédiaire, et par un noyau central. De formes et de dimensions très variées, elles se distinguent en pyramidales, étoilées.
Bulbe et Protubérance mnuUîrc
A £aucbt : Fict intériïUR.
a. BdllK, — Ca^ Cintlw. — Cf. »rfpi genouiiUi ei bindeleim opii^utt. — C. Pmoiirt
KbibMï ïDiirirurt'. — J"^. .. WdtPiKuit (tribrit. — Pr J .ronibirantc iiuinlÉire.
Wi.N«fiDO«ur«iil>i«B.ii.innn.-/I'.PMh*tiaM. - K,Tri|umHu; r, upHiienciDC.
FI. Mottor octtliire eut™. — fi/. Fitial; Wf. inienuM.iuK ic *inbtw. — «H.
Auditif. — IX. GltHU-phiiyngied. — X Piwomogulriqut. — XI Spiiul. - XII. Hypo-
A droile : Coupe ugittale.