CAVITÉS ANNEXES — NARINES
demment ces cavités closes qui produisent les résonances nasales, analogues aux sons composés d'harmoniques de rangs impairs (cf. p. 19). Mais là ne se borne pas, semblet-îl, leur rôle. Elles pourraient bien avoir une part dans la production de certaines voyelles. En l'absence d'une exploration directe, j'apporterai à l'appui le fait bien connu de la résonance crânienne observée pour l'i, puis les tracés qu'il est possible de prendre dans le conduit auditif externe. Nuls pour a, ils sont très nets pour é, i, o, eu, ou, etc., c'est-àdire pour les voyelles qui, exigeant une occlusion énergique, ébranlent fortement les parois supérieures du tube vocal. Les résonances qui se communiquent ainsi au conduit auditif externe, sans doute par la trompe d'Eustache, et que l'on sent très bien en se mettant les doigts dans les oreilles, ne peuvent pas manquer de retentir dans les cavités annexes des fosses nasales.
Enfin, il convient de rappeler que toutes les vibrations laryngiennes se communiquent aux fosses natales dans certaines conditions avantageuses. Mais il est toujours facile de les distinguer des vibrations nasales proprement dites, par ce fait qu'elles ne sont pas accompagnées d'un écoulement de l'air par le nez.
Narines. — Les narines sont les vestibules des fosses nasales. Elles se composent de cartilages, d'une membrane fibreuse et d'une couche musculaire.
Les muscles agissent tous sur l'aile du nez, mais dans deux sens opposés : les uns la rapprochent, les autres l'écartent de la ligne médiane; comme conséquence, les premiers rétrécissent l'orifice antérieur des fosses nasales, les seconds l'agrandissent.
Les muscles constricteurs sont : les transverses ou triangulaires du ne:^ (fig. 104, }\ 106, 4) et les myrtif ormes (fig.
io6, 4'), en grande partie recouverts par Torbiculaire des lèvres. Les muscles dilatateurs sont : les élévateurs communs des ailes du ne^^ et de la livre supérieure (fig. 104, 2) et les dilatateurs propres des narines (fig. 106, 4').
Les muscles du nez ne prennent une part active dans la production de la parole que dans des cas exceptionnels : quand il s'agit, par exemple, d'émettre des nasales fortes, de suppléer à l'insuffisance du voile du palais. J'ai observé ces deux cas : le premier, dans les Alpes, chez des indigènes de Favrie et de Germaniano, pour la nasale issue de dn (fini = denier); le second, chez des sujets frappés de paralysies in&ntiles, qui cherchaient à intercepter le courant d'air en resserrant l'orifice antérieur des fosses nasales. Une petite fossette qui se creusait au point d'insertion supérieur de l'élévateur commun pour les uns, du myniforme pour les autres, trahissait le travail des muscles mis en jeu.
Les vibrations nasales se sentent fort bien avec le doigt, et l'exploration en est facile. On se sert d'ordinaire d'une petite olive (fig. 61) que l'on introduit dans l'une des narines. On pourrait encore employer l'oreille inscriptrice (p. 136) en disposant le pavillon de façon à recevoir le courant d'air, ou l'explorateur électrique (p. 105) légèrement appuyé sur l'une des ailes du nez.
ARTICLE VI Mécanisme nerveux de la parole.
Le système nerveux, qui est le centre de toutes nos opérations vitales, le régulateur de la nutrition, l'intermédiaire entre nos différents organes, l'instrument obligé de tous nos mouvements instinctifs, ou volontaires, joue nécessai-