ACTES PHYSIOLOGIQUES DI- L ARTICULATION
Les descriptions données ci-dessus conviennent au français, mais non à toutes les langues. L'occlusion peut être complète, et le murmure laryngien même ne se faire entendre que pendant une partie seulement de la tenue de V :^j y-y le larynx peut ctrc silencieux pendant une partie ou la totalité de la tenue de h d g ; la détente de p t k peut être distincte de la tension de la voyelle précédente. Le premier cas me paraît se réaliser en tchèque, incomplètement en allemand. Les deux derniers existent en allemand. Voici, comme exemples, des tracés au dialecte de Saint- Gall : ils ne donnent que le mouvement articulatoire soit des lèvres, soit de la langue ; mais les vibrations, dont ils sont chargés, indiquent assez l'entrée en activité du larynx pour permettre d'isoler les consonnes sourdes et, par comparaison, les sonores.
rig. 132.
A. Rapprochement des lèvres (Ampoule).
Là lime pointillée Dermet de reconnaître la légère différence de pression qui existe entre v
(plus faible) et /(plus fon). Les vibrations de Va dans fa aident i. préciser, par comparaison, la fin dn v dans iu. La tenue du v est incomplètement sonore. Comparez le v franvais (fig. 124).
I^ig- 135.
A. Fermeture [des lèvres (Ampoule).
La difTérence de pression est indiquée par la ligne pointillée.
La tenue du h est complètement sourde. La détente du p l'est de même. Compare! h et français (fig. 126 et 127).
ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE
Fig- 154-
Ëlcvation de la partie antérieure de la langue.
I^ tenue du ç ext en partis sourde.
Élévation de la pointe de la langue.
La première moitié de la tenue du d e^t clairement »ourde.
Fig. 136.
Elévation du dos de la langue.
Les vibrations appartiennent A la voyelle. Difl^rence nouble d'élévation de la langue
J'ig. i}7.
Élévation de la racine de la langue.
La dernière moitié seule de la tenue du ;f est sonore. Les trois temps du i- sont
entièrement sourds.
— a Fig. 138.
A. Rapprochement des lèvres. — B. Élévation de la pointe de la langue. Ce dernier tracé nous montre un v plus sonore que celui de la figure i J2, et un d dont la
tenue est entièrement sourde.
ACrES PHYSIOLOGIQUES DE L ARTICULATIOK 34S
Consonnes finales
Les consonnes du type de v (^, /, y, r, /) et leurs correspondantes ( /, s, £, f) se prolongent tomes jusqu'à la détente inclusivement. Mais, pour la tension, elles se partagent en deux groupes. Les plus nombreuses (Vt Kl y. /. f> ^t ^tc.) peuvent englober, comme dans les exemples suivants, toute la voyelle dans leur tension; les deux autres (r, /) ne commencent qu'après la tenue de la voyelle.
Fig. 1)9.
il . Bapprochement àes livrei (Ampoule). — D. Souffle (Timbour rigide).
Li lenj iB de û (onwnnc oui eiiiniiqnic pitli lipit dts Itvrei (A) tomnmittet faiiHïM
Fig. 140- A. QévaiioQ de la langue (Ampoule). — B. SonMe (Tambour rigide).
ions que pour la figure 140.
Mime disposllion et mime remir(|ue k Faire que pour la G^re précédente.
Les consonnes du type de b (d, g) peuvent aussi se faire entendre pendant leurs trois temps : la tension, qui se partage avec la voyelle; la tenue, quand elle est accompagnée de vibrations laryngiennes; et la détente.
A. Ëlévaiiondc la langue prise avci d'an tambour rigide, dont la men vibrations, esl lenlc i suivie lesm membrane plus flexible, l'occti anguleui (cf. fig. lîï, lîj, cic.)
Celles du type de p (t, k) ont ta tenue entièrement
silencieuse.
ACTES PHYSIOLOGiaUES DE L ARTICULATION
Consonnes médiales
Reprenons la série des exemples (fig. 124-127). La tension et la détente se confondent avec la détente de la première voyelle et la tension de la seconde. Le phénomène, moins apparent dans vava baba à cause de la continuité des vibrations, est très clair dans fafa papa^ où Tabsence de vibrations détermine exactement le temps de la tenue consonnantique.
Les autres consonnes se rangent sous l'un de ces deux types. Au i*"" (vava baba) se rapportent :(, ;, r (fig. 145), / (fig. 146), dy Qy w, n; au 2* (^fafa papa) y s, ^, /, k.
Fig. 145.
A. Mouvement de U langue et vibrations (Ampoule). — B. Souffle (Tambour
rigide). Comparez avec la ngure 142.
a — î — a Fig. 146.* Même disposition que pour la figure précédente. Comparez avec la figure 145.
Les consonnes du second type, dont la tension, dans tous les exemples que je connais, se confond plus ou moins avec la détente de la voyelle précédente, ont leur détente propre et indivise en allemand et autres langues analogues.
Comparez les figures suivantes dans le dialecte de Saint- Gall.
Fig. 147.
Mouvements de la langue et vibrations (Ampoule).
Les trois temps du i sont sonores. Le 7 intervocsliqne de Saint-G«Il est donc difilrent dn i
initial Tcf. fig. 1 34).
La détente du s est sourde, comparée à la tension qni se partage avec la détente de la
voyelle.
Fig. 148.
Même disposition que pour la figure précédente.
Le i est entièrement sonore comme le 7.
Le i nous montre encore plus nettement que le / la dififlrence qu'il y a entre la détente et la
tension, au point de vue de l'union de la consonne : la tension est presque entièrement
remplie des viorations vocaliques ; la détente en est privée.