‹ Principes de phonétique expérimentaleChapitre 171 sur 213 · EFFET ACOUSTIQUE DE L ARTICULATION · texte numérisé non relu

EFFET ACOUSTIQUE DE L ARTICULATION

Ainsi, en supposant une articulation unique, ce qui exclut toute idée de diphtongaison, les voyelles gardent leur individualité aussi longtemps qu'on les tient. Mais elles apparaissent redoublées si elles viennent à éprouver un brusque changement dans leur intensité ou leur acuité. On entend alors deux voyelles, si bien que Ton peut supposer un arrêt dans le travail articula toire. L'exemple suivant de ââ montre qu'il n'en est rien. Le larynx a vibré sans interruption. Seulement, l'intensité a été subitement modifiée, en même temps que la ligne du souffle s'est élevée.

B. Souffle (Tambour avec membwne très élastique). — C. Vibnitions du

larynx (Inscripteur électrique, p. Z05).

Le tracé a été inscrit i la plus petite vitesse du cylindre.

Les voyelles dd sont reprodaites 6 fois de suite. Chaque groupe de vibrations laryngiennes

marque la durée du groupe vocalique. Vers le milieu, le régime du souffle (B) change

brusquement. La ligne remonte : c'est l'intensité qui s'accroît.

Les consonnes initiales et les finales ne peuvent produire qu'une impression unique. Il en est de même des consonnes entre voyelles, lorsqu'elles sont émises sans effort. Mais dès que, dans cette position, l'articulation prend une énergie et une durée exceptionnelles, on sent deux consonnes, celle de la tension et celle de la détente : la première plus faible, la seconde plus forte. Comparez les tracés suivants où l'unité du travail organique avec son énergie et sa durée, en même temps que la dualité du son, se lisent aisément.

ANALYSE PHYSIOLOGiaVE DE LA PAROLE

A. Ëlévaiion du dos de U lingue (Ampoule). — B. Sjuff e (l^nltiour ligidc). — C. Larynx (Capsule fermée). - ' '^ Noltr ont U lingue k •aaJttc moinl ïiw poor tl que pour l. '°Ui"iflïr^«'i""'Pi!.î^,' ji'jnrt.!'d''iixlÏM'ÎI* »ni uu'iknbki " "™'

La longueur du silence qui sépare la tension de la détente permet à l'oreille de reconnaître les deux bruits caractéristiques qui accompagnent, d'une part, la fermeture, et, d'autre part, l'ouverture du tube vocal.

Dans les sourdes continues, l'affaiblissement du bruit pendant la tenue produit le même effet (fig. rji).

Enfin pour les consonnes dont la tenue est remplie par les vibrations du larynx, la différence n'est pas moins sensible : le bruissement laryngien n'est pas suffisant pour conserver l'impression acoustisque, même il s'affaiblit (fig, 152, 153) et peut arriver jusqu'à s'effacer (fig. 154).

EFFET ACOUSTIQUE DE L ARTICULATION ^^ï

a — b—a a b —ha (R)

Mïme ilispiHiiioii qui; pour la ligure i;i.

lisposition que pour la figur

Les tracés de apa appa, ata atta, asa assa, aea aeea, aga dgga, a^a a^îa, aja ajja, que je ne Jontic pas pour ménager la place, sont analogues.

Les expériences simultanées sont nécessaires pour faire comprendre le mécmisme «les sons redoublés. Mais, quand on est renseigné, on peut les remplacer dans les recherches

ANALYSE PHYSIOLOGiaUE DE LA PAROLE

spéciales par l'exploration du seul courant d'air, qui suffît alors pour révéler ce qui s'est passé dans l'organisme. Comparez :

A. / — T r t s p on s a b l e

Fig. 155-

Courant d'air recueilli au sortir de la bouche (Oreille inscriptrice,

caoutchouc dilaté).

Le mot irrespoHsabk a été prononcé la i'«fois (A) nornulement, la 2* fois(B)*avec ane aenler.

Fig. 156.

Même appareil que pour la figure précédente, et même disposition de rexpérience.

A. i mm é m\orial\ i

Fig. IS7.

Courant d'air recueilli dans le nez.

Même disposition de Texpérience que pour les deux tracés précédents.

i<* Immémotial. — La fin n'a pu être prise dans rinscription puisqu'elle ne contient pas ëe

nasales.

La première ondulation de la ligue A représente mm, celle de B, m ; la seconde ondulation

de A et de B, m seulement.

2* Inné. — Le groupe des grandes vibration:» de A représente nn ; celui de B, n .

On reconnaît aisément dans ces exemples les deux r, les deux /, les deux n et les deux m, par comparaison avec les mêmes mots dont la consonne aurait été simplifiée.

COMPARAISON MICROSCOPIQUE DES TEMPS DE L'ACTE ARTICULATOIRB ET DE LA VOIX

Pénétrons plus avant dans notre étude en comparant chacun des temps de l'articulation avec la voix.

Cette comparaison exige l'inscription simultanée de la parole et du travail organique.

Dans les tracés qui vont être étudiés successivement, la parole a été recueillie à l'aide de l'un des inscripteurs dont il sera parlé dans l'Appendice, et le travail organique a été inscrit directement au moyen d'ampoules appliquées sur l'organe articulateur, ou seulement indiqué par le tracé

du soufHe.

lorsque la parole et le souffle ont été pris simultanément, j'ai toujours fait usage d'un tube en Y qui conduisait la colonne d'air parlante d'un côté à l'inscripteur de la parole, de l'autre à un tambour à levier. De cette façon, le souffle, recueilli dans une simple embouchure, et sans aucun embarras pour le sujet en expérience, s'inscrit a la fois comme mouvement vibratoire et comme masse qui se déplace.

Il est facile de recueillir à la fois la parole, le courant d'air et le mouvement articulatoire. Mais, comme on peut craindre que les appareils explorateurs du mouvement ne gênent la sortie du souffle, chacune des deux expériences a été faite séparément.

Le mécanisme articulatoire étant essentiellement le

RoottXLOT. — Pbomt'tiqiu txpêrimtniaU. a 3

354 ANALYSE PHYSlOLOGiaUE DE LA PAROLE

même pour toutes les voyelles, il suffira d'étudier attentivement quelques exemples.

Page 1