VOYELLES ISOLÉES
La figure 158 représente : A, la voyelle à agrandie 4 fois en diamètre; B, C, D et E, F, des agrandissements de certaines périodes, le 3 premiers de 1 1 fois, les 2 derniers de 23 fois.
La voyelle a été saisie simultanément au moyen d'une ampoule appliquée sur la langue au point d'articulation de l'a, et à l'aide de l'inscripteur de la parole (membrane de baudruche). L est le tracé organique; V, celui de la voix.
La voyelle a dû être découpée en trois tronçons, qui sont, placés les uns au-dessous des autres, et qu'il faut, par la pensée, remettre bout à bout.
Les lignes pointillées verticales indiquent le commencement et la fin de chaque période, et établissent le synchronisme entre le mouvement articulatoire et la voix. Les pointillées horizontales permettent de juger des variations du mouvement de fermeture.
Le mouvement organique correspond au déplacement de la membrane, qui a été amplifié 4 fois par le levier inscripteur (le grand bras étant de 3 2 ™™, et le petit de 13), et 4 fois par la photographie. Si Ton avait désiré connaître les valeurs absolues qui sont représentées par le tracé, des expériences supplémentaires auraient été nécessaires pour les établir (voir page 153); mais, comme ici les rapports seuls entre les diverses phases d'un même mouvement nous intéressent, il a paru inutile d'aller plus loin.
La durée nous est fournie d'une £içon absolue par les
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vibrations du diapason (fig. 159) qui ont été également agiandies 4 fois. Nous avons ainsi une moyenne de j^mm 25 pour I centième de seconde, soit 1425 "" pour l'unité de temps.
Fig. 159.
Diapason.
Chaque vibration complète = -^ de seconde. Il y en a 12 sur une longueur
de 85~" 5, soit i4*" 25 pour ^ de seconde.
On remarquera que U vibration principale est chargée d'une vibration secondaire qai se trouve 7 fois dans la grande période. Cela tient à ce que les brandies du diapason ont été très fortement ébranlées.
Après ces préliminaires, indispensables pour Tintelligence de la figure, abordons l'étude de la voyelle.
Au moment qui a précédé tout travail organique, la bouclie était fermée. Alors l'ampoule, comprimée entre la langue et le palais, repoussait la membrane du tambour et rejetait la plume sur la droite. La ligne de la voix (V) s'inscrivait à vide. La bouche s'ouvre : l'ampoule se dilate, la plume revient à gauche, et la ligne qu'elle trace (L) prend sur le papier une direction descendante. L'ouverture est complète en a. A partir de ce point, la ligne organique remonte : il se fait un mouvement progressif de fermeture qui atteint son maximum en P, à 95"" 5 de là, c'est-à-dire après une durée de presque 7 centièmes de seconde. Ce mouvement est représenté par un écart de 5 "'", correspondant à un déplacement de la membrane égal à 0 ""^ 3 1 . Nous sommes arrivées au point de la plus forte tension articulatoire. A partir de P, le relâchement organique commence : la bouche s'ouvre de nouveau ; en
VOYELLE a 357
Y, à une distance de 95""* (= 6 centièmes 1/2 de seconde) elle est revenue à la position qu'elle occupait en a. Ensuite elle continue à s'ouvrir, car c'est vers une ouverture complète qu'elle tend, et à la fin de la voyelle, en 8, la plume s'est abaissée de 3 "°* au-dessous du zéro (o"" 18 dans la réalité). Je n'ai pas distingué dans ce mouvement ce qui revient à la langue de ce qui peut être attribué aux mâchoires. Mais étant donnée la direction du mouvement, il est clair que les mâchoires se sont séparées peu à peu d'une feiçon continue et que le mouvement de fermeture est dû seul à l'élévation de la langue.
La ligne organique est couverte de sinuosités régulières qui correspondent à celles de la voix et qui paraissent être produites par les vibrations de la langue. La période n'est pas complètement simple; mais c'est le son fondamental qui domine.
La voyelle commence à se montrer sur la ligne de la voix (V), à 36"" en avant du point a, alors que l'ouverture est encore figurée par un écart de 2 "*" au-dessus du :^o. Mais comme ces premiers débuts sont assez peu clairs, et que la période prise un peu plus loin présente une image plus facilement reconnaissable, nous négligeons les 6 premiers millimètres et nous prendrons pour origine de la courbe les vibrations amples, qui sont caractéristiques de Va. Nous avons d'abord 2 périodes de 12 à 13 "*°* chacune. La I'* est à peine indiquée ; mais la 2^ a déjà de la précision. Elles appartiennent toutes les deux à la tension. Vient ensuite une y période où l'on reconnaît la forme de la voyelle, et, bien qu'elle n'ait pas encore acquis son amplitude normale, elle est suffisamment nette pour qu'on se croie autorisé à faire commencer avec elle la tenue. Celle-ci arrive à son point culminant avec la 21^ ou la 22*^
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période, se maintient avec soute sa force autour du point P et se prolonge jusqu'en y- Alors la détente déjà commencée, en un sens, depuis le relâchement qui fait suite au maximum de la tenue, se précipite rapidement et se trouve complète après 6 ou 7 périodes qui perdent peu à peu de leur netteté et se réduisent à une vague et nue ondulation. La hauteur musicale suit les variations du travail organique. Il est feicile de l'apprécier en gros, surtout sur les agrandissements B C D. Comparez la longueur des périodes 2 et 3, 21 et 35, 22 et 36, etc. Mais on l'obtient aisément, comme l'on sait, d'une façon absolue, en divisant l'unité de temps (= 1425 """) par la longueur de chaque période: le quotient indique le nombre total de vibrations que l'on aurait si le son s'était prolongé sans changement pendant une seconde. D'après des mesures prises à la loupe sur le tracé original agrandi 4 fois, nous pouvons dresser le tableau suivant :
Ordre des périodes.
Longueur
Nombre des
Kotes
en millimètres.
\ibr. à. 1« seconde.
correspondantes
la«,
+ utJt
-+-utt{j
-ré.
-f-utjf.
-ré.
-f-utit.
-ré.
-f-ut$.
+ ut$.
ut.
Ainsi la tension (i — 2) et la détente (35 — 41) sont plus graves que la tenue. Cela est naturel, l'organe ne pas-