VO[X CHUCHOTÉE
clairement dans les figures 2;;>238 et 239, où la courbe laryngienne garde la même forme, quel (]Ue soit le registre que l'on ait choisi pour chaque articulation. En outre, il est possible d'y saisir un mouvement vibratoire. Je ne veux pas parler des sinuosités que l'on remarque pour â (Bg. 235),
et dont l'origine est claire. Je parle de véritables vibrations qu'il serait possible de confondre avec celles de la voix haute, si elles n'exigeaient pas, pour être cnr^istrées, des soins spéciaux. Je lésai remarquées d'abord de loin en loin dans des morceaux d'une certaine étendue, puis je les ai recherchées méthodiquement dans les voyelles. Voici, entre autres, les résultats d'une expérience que j'ai faite avec M. Burguet : t* Grande capsule exploratrice 40"" de
diamètre, niaîntenue sur le cartilage thyroïde à l'aide d'une cravate de caoutchouc (p. 99) et tambour inscripteur à petite cuvette, petit bras du levier is™, grand bras 80"™ : aucun chuchotement n'est inscrit. — 2° Ampoule oblongue
i diamètre 40 "■"■; petit diamètre 28"""), même tambour, le grand bras du levier diminué de 20""" : chuchotement faible, rien ; chuchotement fort, toutes les voyelles, sauf 1, donnent des vibrations, mais la plupart peu distinctes. — î" Ampoule moyenne (32"™ de diamètre), môme tambour : u, o,œ donnent des vibrations à peine esquissées;
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a, /, u en ont de nettes; é, i, de très nettes. — Enfin 4° petite ampoule (28""" de diamètre), même umbour : toutes les voyelles ont des vibrations très nettes ; celles de é et I sont plus légèrement indiquées.
Comme contrôle, j'ai pris en même temps les bruits du souffle au moyen de l'inscripteur A membrane (parchemin :
QiBm Qj d'épaisseur, 16""° de diamètre — levier de paitte: 0"™ 23 de diamètre, attaché par un fil d'aluminium de o"" 2 d'épaisseur, inséré dans une paille de o""" 9 collée sur la membrane — petit bras du levier I4""",grand bras SS""")- Les tracés ainsi obtenus (fig. 239) nous permettent de faire les observations suivantes : 1° Les vibrations du cartilage laryngien et celles du souffle ne se correspondent pas; les premières sont bien pendubires, mais les secondes ne sont pas réunies en figures régulières revenant périodiquement. 2" Les vibrations laryngiennes ont eu à peu près la même durée pour toutes les voyelles chuchotées : l'écart est entre 147 et ISS v. d. à la seconde; elles correspondent donc à
VOIX RAuauE 477
ri^ ou ri*,. C'est le ton sur lequel M. Burguet chuchote le plus aisément. 3° ]>s tracés du souffle changent pour chaque voyelle; mais, aux endroits où ils sont les meilleurs, on remarque dans tous une petite sinuosité qui ne varie guère. Dans une expérience que je viens de faire sur mes voyelles chuchotées, je trouve des différences plus caractéristiques.
Mais cette question ne peut être séparée de celle des voyelles. Ce que je tiens à &ire remarquer ici, c'est la prédominance des sons aigus dans la voîx chuchotée.
Je n'ai pas recherché s'il est possible de saisir sur le cartilage laryngien des mouvements vibratoires pour les consonnes chuchotées. Mais je puis dire que les vibrations y sont du moins beaucoup plus faibles. En effet, dans le tracé de la syllabe ma chuchotée (fïg. 240 A), les vibrations sont très nettes pour la voyelle et font défaut pour la consonne.
La voix rauque résulte d'une déformation des cordes vocales. Un ulcère, un polype, une intervention maladroite, un arrondissement des rubans vocaux, la perte de l'équilibre entre les forces respiratoires et laryngiennes par excès
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de travail et défaut de nutrition, etc., sont autant de causes de la raucité. Je n'insisterai pas sur ce défaut qui n'a rien que de personnel.
Je me contenterai de rapporter deux expériences iâites, l'une sur moi un jour que j'avais la voix enrouée, l'autre sur un malade qui avait la corde vocale droite ulcérée, avec
perte de substance, et qui opérait la suppléance par la corde vocale gauche.
La figure 241 représente mon a enroué. En le comparant à ceux que j'ai déjà reproduits, on constate l'hésiution et l'irrégularité du mouvement périodique.
La figure 242 nous permet de constater que dans le larynx malade, les vibrations sont bien en retard pour la syllabe pa dans papa, et qu'elles manquent pendant l'occlusion du premier b dans baba.