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Ibid., IV (1889), p

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mentsdont il s'est servi pour son mémoire sur le français ^ Il faisait prendre par un dentiste le moulage des palais de ses sujets d'étude et confiait ces moulages à une maison de galvanoplastie pour y faire déposer une légère couche de métal. Il supprimait toute la partie qui entourait les dents et noircissait le palais artificiel, ainsi obtenu, avec du vernis du Japon (vernis noir à l'alcool), qui sèche rapidement. Pour chaque expérience, il le blanchissait avec du pastel mou, et, l'empreinte obtenue, il le faisait photographier.

Le moyen employé par M. Hagelin a deux inconvénients : il est onéreux et il met l'expérimentateur dans la dépendance de trop de personnes. Si l'on ne craint pas la dépense, il est plus simple de demander le palais artificiel au dentiste, qui fera un estampage excellent, bien supérieur à la pièce obtenue par la galvanoplastie. Mais le phonéticien expérimentateur ne doit recourir qu'à lui-même pour ces sortes de travaux. Passe encore qu'il s'adresse aux autres quand il a du temps devant lui pour ses expériences. Mais, à compter sur autrui, il s'expose à perdre de bonnes occcasions.

Pour moi, je ne suis arrivé à tirer un bon parti des palais artificiels que depuis que je me suis mis à les fabriquer.

Rien n'est plus facile que de prendre le moulage. Il suffit de se procurer soit du pL^tre à mouler, soit du godiva, et des formes pour le moulage de la bouche.

Si l'on veut prendre le moulage avec du plâtre, on commence par fermer, avec de la cire, l'extrémité postérieure de la forme ; puis on gâche son plâtre avec de l'eau tiède dans laquelle on a fait fondre du sulfate de potasse granulé (30 grammes pour un litre). Quand le plâtre forme une

I. Stomatoskopiska undersôkningar af franska sprâkljud, Stockholm, 1889.

pâte épaisse, on en remplît la forme et on l'applique très exactement sous le palais, en l'y maintenant quelques minutes. Lorsque le plâtre est pris, on casse les rebords qui dépassent et l'on retire le moule. Si Ton veut donner à la pièce un grande dureté, il suffit de la plonger dans de l'huile bouillante.

Je conseillerais plutôt le godiva, substance qui a la propriété de se ramollir à la chaleur et de se durcir rapidement à la température ordinaire. L'emploi en est à la fois plus simple, plus agréable pour le patient et plus rapide. On tient pendant quelque temps le godiva plongé dans de l'eau bouillante, et on le rend malléable dans toutes ses parties; puis on le dispose sur la forme et l'on opère vivement.

Il importe, quand on prend le moulage, de veiller à ce que les dents soient tout près du bord de l'appareil : autrement, on perdrait une partie importante du palais. Pendant les quelques minutes nécessaires pour que la matière se durcisse, il faut conseiller à son sujet de garder la bouche ouverte, tout en maintenant la forme : c'est un petit soulagement dont il est raisonnable de ne pas le priver.

Avec le godiva, la forme même n'est pas nécessaire. Il suffit de mettre celui-ci en boule, quand il est ramolli, de le placer sur un petit carton ou sur le bout d'une règle plate et de l'introduire ainsi dans la bouche. On obtient même de la sorte un moulage plus complet du palais. Quand le godiva est retiré, on le plonge dans de Teau froide, si on veut lui faire reprendre sur-le-champ sa dureté naturelle.

On choisit alors un des nombreux procédés suivant lesquels on peut construire le palais artificiel.

Si Ton veut obtenir un dépôt galvanique, on prend un contre-moule en plâtre. Pour cela, on mouille la pièce avec de l'eau de savon, puis on l'entoure de terre glaise ou de

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cire, ou simplement d'une bande de papier en bouchant bien toutes les issuetavec de la cire et l'on verse dessus du plâtre liquide. Quand le contre-moule est bien sec on le détache, puis on le plonge dnns un bain de stéarine, et, qiiand il est bien saturé et refroidi, on l'enduit de plombagine en poudre sur la face qui doit recevoir le dépôt métallique. On le leste avec un plomb que l'on fixe à la cire, et l'on attaque avec un fil de cuivre. Sur ce fil on a enroulé un autre fil de cuivre fin, dont b pointe vient s'appuyer eu faisant ressort sur le centre de la surface à recouvrir; mais on prend bien garde de ne pas enlever la plombagine.

On a préparé à l'avance, dans une petite cuve en verre ou en grès (fig. 16), une solution saturée de sultite de cuivre additionnée d'un dixième d'acide sulfurique, et on y a placé

un vase poreux contenant une plaque de zinc et de l'eau pure. On suspend alors le moule dans, le bain en face du vase poreux et on le relie au moyen du fil de cuivre à la plaque de zinc. Quand le dépôt a commencé à se faire, on ajoute quelques gouttes d'acide dans le vase poreux. L'opération peut bien demander une douzaine d'heures. Il n'y a aucun inconvénient à retirer le moule du bain pour se rendre compte de l'épaisseur du dépôt.

Quand la couche est suffisante, on détache la pièce du moule, on enlève avec des ciseaux ou on laisse, à son choix, la place des dents; ,puis, après l'avoir décapée dans de l'eau acidulée, on la fiait bouillir, pour la noircir, dans une solution de' sulfure de sodium ou dans du sulfhydrate d'ammoniaque portés à Tébullition, à moins qu'on ne préfère l'enduire d'une couche de vernis*

Le palais artificiel ainsi construit a coûté du temps et du travail, mais il aura l'avantage de pouvoir servir indéfiniment. Quand on ne réclame de lui qu'un service momentané, il vaut mieux recourir à des procédés plus simples et plus rapides. J'en indiquerai deux, que j'emploie journellement.

Le premier consiste à faire le palais avec un mélange de papier filtre fin et résistant, de craie en poudre et d'une colle forte liquide sans mauvais goût, par exemple la seccotine ou le liquid glue. Voici comment on procède. On verse une gouue d'huile sur le moule, dont on casse les rebords, qui gêneraient inutilement l'estampage; puis on étend dessus une feuille de papier filtre trempée dans de l'eau, en l'appliquant avec soin. Il vaut mieux la déchirer, pour lui donner la forme voulue, que la plier. Puis on feit un mastic avec la poudre et la colle, et l'on en met une couche mince sur le papier. Enfin on applique une nouvelle feuille de papier (sèche, si l'on est pressé, — mouillée, si l'on a le temps), et on l'estampe bien avec les doigts et avec une petite pointe mousse en bois (un bout d'allumette ou de crayon, par exemple). On laisse . sécher. Quand la pièce est à moitié sèche, il n'est pas mauvais de l'estamper de nouveau, afin de mieux faire ressortir toutes les rugosités du palais; mais ceb n'est pas nécessaire.

On le voit, l'opération n'est pas longue et elle se fait

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très bien sur le godiva. Une nuit, une demi-journée, est suffisante pour le séchage. Avec des ciseaux on suit exactement le contour des dents, et Ton vernit.

Quand les palais artificiels en papier sont un peu humectés, ils s'appliquent très bien ; mais ils ne sauraient fournir un long usage sans être séchés de temps en temps, soit au feu, soit à la flamme d'une lampe.

Le moyen le plus expéditif de beaucoup, et le seul possible souvent en voyage, c'est l'estampage d'une feuille

d'étain de — *"" d'épaisseur (on en trouve dans le commerce) ou de deux feuilles minces collées ensemble avec un vernis souple, comme en emploient les vélocipédistes, le Ripolin, par exemple. Si l'on a eu soin de recouvrir d'avance un côté avec ce vernis, on n'a plus, au moment de l'expérience, qu'à estamper en mettant la face vernie sur le godiva. On presse bien avec le pouce, au besoin avec uti petit morceau de bois mou pointu ; on enlève la placç des dents, et la pièce est finie. Quelques minutes ont suffi pour la préparer. L'inconvénient du palais artificiel en étain, , c'est qu'il est trop malléable. Une personne maladroite, au lieu de le faire adhérer doucement au moyen d'une pression légère du pouce, le placera mal et le comprimera jusqu'à le déformer. Naturellement, il ne pourra tenir, et l'opération sera à recommencer. Dans ce cas, on le remet sur le moule pour lui rendre sa forme normale. Mais il y a un moyen de venir en aide à l'expérimentateur : c'est de mettre, sur la face qui doit adhérer au palais, une légère couche de colle forte. Le succès, dans ce cas, ne se fait pas attendre.

En un quart d'heure, ainsi, une expérience peut être faite, et une difficulté résolue.

Pour blanchir la face inférieure du palais artificiel, la

simple craie suffit. Le point essentiel est que la couche soit légère et peu adhérente, par conséquent bien séchée avant chaque expérience. Pour ne pas enlever le blanc en mettant en place le palais artificiel, on se frotte le bout des doigts avec la craie. Naturellement, il faut s'abstenir de toucher le palais avec la langue, avant et après l'articulation explorée, tant que le palais artificiel n'aura pas été retiré. On ne laissera pas non plus de salive dans la bouche, car autrement le tracé perdrait sa netteté et sa précision.

Les points touchés par la langue se distinguent en noir, la cfaie ayant été enlevée. Pour transporter ces points sur le papier, on prépare un patron en carton léger (une carte de visite). En maintenant le palais sur le carton, sans appuyer pour ne pas le déformer, on fait le tour avec un crayon et Ton coupe de façon à enlever le trait. On place le patron, la partie des dents en avant, de manière à avoir le côté droit du palais à sa gauche,, et l'on trace les figures destinées à encadrer les résultats obtenus. Le palais est ainsi représenté comme s'il était renversé sur la table, la partie postérieure placée du côté de l'observateur. Ce renversement de la figure facilite le . report du^ dessin, car il n'y a qu'à dessiner les lignes comme on les voit, en s'aidant des échancrures des bords et, au besoin, du compas.

Il n'y a aucune utilité à photographier les tracés. Comme on le verra, les tracés n'ont pas la rigueur mathématique qui justifierait une méthode si précise, si dispendieuse et si lente; et, dans les cas où une comparaison rigoureuse s'impose, les mesures prises au compas et les traits faits à la pointe sur le palais lui-même donnent de meilleurs résultats que des photographies dont les contours manquent souvent de netteté.

D faut d'ordinaire procéder à ce report avec une certaine

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rapidité, car les parties à peine touchées par la langue sèchent rapidement et perdent la trace du contact. Cette remarque peut être utilisée pour juger le degré de la pression exercée par la langue sur le palais. Si l'on considère attentivement le palais artificiel après l'expérience, on voit le blanc de la craie reparaître successivement et d'autant plus vite que la pression a été moindre.

Le palais artificiel est un moyen d'observation fort commode. Mais il faut reconnaître qu'il modifie la condition dans laquelle les articulations sont produites. Souvent, en effet, il provoque un petit zézaiement. Mais, comme l'épaisseur du métal s'ajoute à chaque articulation, on peut supposer qu'elle n'en change pas le rapport, et c'est la seule chose qui nous intéresse.

Il y a plus, le palais artificiel, quand il modifie le son, nous fournit de très utiles renseignements. Par exemple, j'ai remarqué chez une Parisienne que le k devant é est ordinairement mouillé. Or, lorsqu'elle place l'appareil dans sa bouche, ce même k s'entend presque toujours dur. Qu'en conclure ? Sinon que la langue ne fait que commencer à

s'écarter du palais, puisqu'une épaisseur de moins de — de

millimètre, à laquelle j'ai réduit le palais pour la circonstance, suffit pour faire disparaître toute trace de mouillure.

Le palais artificiel, comme il sera dit plus loin, permet l'étude des articulations, non seulement quand elles sont isolées, mais encore quand elles sont convenablement placées dans des membres de phrase.

On entrevoit d'ici les résultats qu'on peut espérer de cette méthode si simple, qui est à la portée de tous.

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