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CHAPITRE P

La parole se compose de bruits, qui suffisent à en caractériser les divers . éléments, et de sons,, qui la: rendent perceptible au loin. Les bruits seuls existent dans la parole chu(;t<néel'

Le bruit et le son résultent, comme chacun sait, de mouvements vibratoires exécutés par des corps élastiques et transis à notre oreille par l'intermédiaire de Tair. Ils se distinguent d'après leur mode de composition ; mais l'un et l'autre oj;it pour élément primitif r(7;;(i^ sonore ou aérienne.

Supposons une impulsion mécanique quelconque (celle, par exemple, d'une pierre ou d'une feuille qui tombe) s'exerçant à la surface d'une eau tranquille : aussitôt les molécules comprimées s'infléchissent, soulevant les molécules voisines, et deux circonférences, l'une en creux, l'autre en relief^ apparaissent autour du point ébranlé. Bientôt le calme se rétablît au centre, et les deux cercles se propagent au loin. La surface, d'abord plane, offrirait alors la coupe suivante : ^

Fig. I.

0^ centre d'ébranlement ; a û, circonférence de compress sîon ; h by circonférence de soulèvement.

Cy ÉLÉMENTS ACOUSTIQ.UES DE LA PAROLI

Je viens de décrire une onde liquide.

Les ondes aériennes sont analogues. Sous l'impulsion d'an corps élastique, les molécules d'air se condensent, non plus seulement à la surface comme l'eau d'un bassin, mais. suivant une sphère qui s'étend dans tous les sens. C'est la première moitié de l'onde. Parvenu à la limite extrême de sa course, le corps élastique revient sur lui-même et dépasse en arrière son point de repos, d'une quantité égale à celle de son premier déplacement. Dans ce second mouvement, en sens inverse, il dilate les molécules de l'air, et une nouvelle sphère se forme, concentrique à la première : c'est la sphère de dilatation, répondant à la circonférence de dépression. Alors Tonde est complète.

'Si maintenant, au lieu d'une impulsion unique, nous supposons une série d'impulsions successives, il se produit à la surface du bassin une série analogue d'ondes concentriques qui rident la surface de l'eau et lui donnent la forme d'une ligne sinueuse.

Dans les deux cas que nous venons de considérer l'onde est simple. Mais elle devient complexe, si à l'impulsion principale se joignent des impulsions secondaires. Alors les sinuosités de la surface sont modifiées par les courbes des ondes accessoires.

Les choses ne se passent pas autrement dans l'air. Un diapason à branches épaisses, s'il est mis en mouvement, donne une série d'ondes sonores simples dont la figure est celle d'une sinusoïde.

Une onde qui se réfléchit sur une surface dans l'air libre, sur le fond d'un tube fermé ou sur la couche d*air qui enveloppe un tube ouvert ; une corde vibrante, qui dans son mouvement de totalité se subdivise en plusieurs parties aliquotes ; un corps élastique, qui ébranle par influence

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