APPAREIL DE H£RMANK — TÉLÉPHONE ÉCRIVANT
mouvements propres. La figure 56 représente les tracés
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Fig. 56.
Voyelle 0 (plaqae de verre).
qu'il donne de la voyelle o inscrite au moyen d'une plaque de verre.
Téliphom écrivant. — Le D*" Boudet de Paris essaya d'utiliser les deux parties du téléphone pour l'inscription de la parole. Il construisit des microphones spéciaux et arma le récepteur, à la place d'une membrane, d'un long levier inscripteur. Un fort ressort d'acier attaché sur le rebord de Tappareil tendait à rapprocher le fer doux de la barre aimantée, pendant qu'un autre ressort, fixé à une petite colonne avec treuil de réglage, agissait en sens contraire. Le fer doux portait une longue tige d'aluminium terminée par une plume'.
I. Comptes rendus de V Académie des Sciences (1879), t. LXXXVm, p. 847-849.
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Je ne crois pas que l'appareil ait servi à quoi que ce soit. Je l'ai trouvé tout construit chez M. Verdin, et je l'ai essayé dans mes premières expériences. Est-ce imperfection de réglage? est-ce vice de l'appareil? je n'ai obtenu que des tracés où les mouvements propres du levier se mêlent aux attractions électro-magnétiques.
A ma demande, M. Verdin le modifia sur-le-champ. Il allégea dans des proportions considérables le fer doux et le ressort d'acier, et il ajouta un second ressort antagoniste opposé au premier, qui attirait le style vers la barre aimantée, faisant ainsi équilibre au ressort d'acier. L'armature se trouvait de la sorte suspendue élastiquement en £ice de la force électro-motrice, en état d'en ressentir toutes les influences. La disposition était bonne : je le vois aujourd'hui en maniant après dix ans l'appareil pour le décrire. Les tracés obtenus ne répondirent pas à mon attente. Cependant je viens d'en découvrir à la loupe plusieurs qui sont excellents. Je ne les vis pas alors, perdus qu'ils étaient parmi des tracés informes, et je cherchai d'un autre côté.
Une plaque téléphonique munie d'une pointe centrale ne m'ayant donné aucun bon effet, je songeai au signal électrique de M. Deprez. Les résultats aussi ne purent me contenter. Le levier, limité dans son cours, ne suivait pas toutes les impressions de la parole. Mais là, je vis clairement les conditions à réaHser : il fallait que l'armature fût suspendue librement dans le champ d'influence de l'électroaimant.
Comme dans le même temps je cherchais à faire parler des membranes élastiques, l'idée d'utiliser les membranes se rencontra dans mon esprit avec celle de profiter du pouvoir amplificateur des microphones, et j'arrivai sans peine à l'inscripteur électrique de la parole.
IKSCRIPTEUR ÉLECTRiaDE
Inscripteur électrique dt- la parole (fig. 57). — Après avoir essayé plusieurs sortes de microphones, je m'arrêtai ;\ celui de M. Verdin, Cet appareil est formé d'une chaîne de trois
;tipteur électrique Jt li pirole.
charbons horizontaux : le premier, fixé au centre de U membrane métalUtiue; le second, suspendu par une tige mobile;
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le troisième, attaché à un ressort d'acier, qui obéit à une vis de réglage. Une embouchure conduisait la voix sur le centre de la membrane. Avec le temps, plusieurs modifications furent apportées à l'instrument primitif : une ouverture fut pratiquée dans les flancs de la boîte, pour aider dans l'opération délicate du réglage et dans le contrôle des pièces, qui exigeait auparavant un démontage complet; les charbons furent réduits de beaucoup, les premiers ne répondant pas pour les sons très aigus; enfin un cône de cuivre fut placé devant la membrane. Cette disposition, que j'empruntai au graphophone de 1889, m'a paru augmenter de beaucoup la sensibilité de la plaque vibrante.
Pour obtenir un réglage parfait, il est bon de séparer complètement les charbons; puis on les rapproche petit à petit avec la vis (W), en tenant l'appareil incliné vers la bouche, de façon que le charbon du milieu s'appuie sur celui de la membrane, et pendant ce temps on fait entendre une voyelle, a, par exemple. Tant que le contact n'est pas établi, on sent un petit tressautement, qui est occasionné par la retombée du second charbon sur le premier. Mais dès que le contact est suffisant, on est averti par un firémissement régulier qui répond à la voyelle. Si l'on avait dépassé le point, on sentirait une certaine dureté dans la communication, et les sons d'une très faible intensité ne produiraient aucun effet. Aussitôt que les charbons sont amenés à un contact doux, on fait bien de s'arrêter et de remettre, pour le moment où l'appareil entier sera monté, le soin de terminer le réglage.
L'appareil inscripteur se compose d'un électro-aimant, que j'ai voulu fort, afin de contre-balancer autant que possible la résistance des pièces nécessaires pour l'inscription, armature, style et levier. L'armature, en forme de disque.
inscripteUr électrique 129
est fixée sur une membrane (M) de parchemin verni, qui est portée sur un cadre circulaire. Le style implanté dans le disque communique ses mouvements à un levier inscripteur. Un bouton permet de rapprocher ou d'éloigner le cadre de l'électro-aimant; une coulisse, d'allonger ou de raccourcir le petit bras du levier. Enfin, deux vis (V et B) servent à régler la pointe du levier sur le tambour enregistreur : Tune (B) fait mouvoir l'appareil d'avant en arrière, l'autre (V) de haut en bas.
La force motrice peut être empruntée à un accumulateur ou à une pile. Je me sers de deux piles au bichromate, d'un litre chacune. Une seule suffirait. Mais, avec deux, le réglage est beaucoup plus facile. Pendant que l'on descend le zinc, on a l'œil sur l'appareil inscripteur; dès que le levier est déplacé et attiré par l'électro-aimant, on arrête l'immersion et l'on fixe le zinc.
Comme l'appareil exige une certaine force motrice, il Êiut des fils un peu gros.
Mes expériences du début ont été longtemps entravées par ce feit, que j'employais, à mon insu, des fils trop petits ou une pile insuffisante.
Quand l'appareil fonctionne et que la parole se transmet aisément, il peut y avoir lieu de modérer la marche. En effet, des mouvements d'une trop grande amplitude s'inscrivent mal : la plume saute et ne trace que des lignes interrompues. Il faut alors ou diminuer la surface du zinc immergé (ce qui est le plus commode), ou écarter légèrement la membrane des bobines, ou faire appuyer un peu plus la pointe du levier sur le tambour, ou parler d'un peu plus loin. C'est par des essais répétés qu'on arrive à un réglage tel que les tracés présentent avec beaucoup de clarté un grand nombre de détails. Parfois on entend la mem-
Roonaor. — Pkmàifm npàrimmulu 9
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brane redire les paroles qu'on lui demande d'inscrire : on peut Être sûr alors que l'inscription est mauvaise; en l'écartant un peu, elle parlera moins bien, mais elle écrira mieux. Quand on parle dans l'embouchure (plus ou moins près, suivant la force électro-motrice dont on dispose), la plaque microphonique, se mettant à vibrer, modifie en raison de ses dépkcements successifs le contact des charbons et, par suite, l'intensité du courant qui les traverse. Ces modifications se traduisent dans l'électro-ainiant par des variations analogues de torce, et dans la membrane inscriptrice par des
Voyelle o.
mouvements semblables à ceux de la plaque du microphone, mais d'une amplitude beaucoup plus grande. Cet agrandissement est dû Ji l'intensité du courant, à l'action considérable que peut exercer sur lui une cause légère
TAUBOUR INSCRIPTEUR DE LA PAROLE IJI
et à l'élasticité de la membrane écrivante. Ainsi se trouve réalisé un véritable microscope de la parole. — Je reproduis ici, d'après un agrandissement tait à la chambre claire et réduit ensuite par la photographie, tes voyelles à (400 v. d.) de or (fig. 38) et a (320 v.d.) de patte (6g. s?)-
Tambour à levier. — Le tambour à levier nous fournit le meilleur moyen d'apprécier les changements de volume et de vitesse de la colonne d'air, et, d'une manière suffisante, dans bien des cas, ses vibrations ; mais le mode d'expérience doit changer avec le but que l'on se propose.
Si l'on recherche la masse toule de l'air émis pour une articulation donnée, il lâut recueillir le souffle sur les
lèvres au moyen d'une embouchure soit de caoutchouc (fig. fio) soit de métal (fig. 5 7), dans le nez avec deux petites
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olives (fig. 61), et le conduire à deux tambours flexibles, ou à un seul, en interposant, au besoin, dans le trajet, si
Fig. 61.
Olive nasale.
la pression était trop grande, un vase à double tubulure.
Quand on veut comparer plusieurs articulations entre elles, il devient nécessaire de ménager une voie d'écoulement, afin que l'air, après chacune d'elles, puisse reprendre dans l'appareil son équilibre normal.
Si les recherches ne portaient que sur les changements de volume et de vitesse, il suflîrait de ne pas envelopper entièrement la bouche et de recueillir l'air d'une seule narine.
Les vibrations s'obtiennent au moyen d'un tambour rigide, et encore l'inscription n'est-elle sûre que si le déplacement de la membrane n'a été ni considérable, ni rapide : autrement, les vibrations auraient fort bien pu échapper à l'appareil. Aussi, un petit trou pratiqué sur les bords du tambour favorise-t-il l'inscription, et une membrane montée depuis vingt ans, comme je viens d'en rencontrer une, est-elle excellente.
Un tambour de rigidité moyenne inscrit bien la pression et les vibrations. Mais si on veut les explorer ensemble dans les meilleures conditions possible, il est plus sûr de recourir à deux tambours, l'un flexible, l'autre rigide, mis en communication avec une même embouchure au moyen d'un tube en Y (fig. 60).
Il importe au bon succès de lexpérience que l'embouchure soit bien placée : on tient lembouchure de métal
SPRACHZEICHKER 1 3 3
appliquée sur l'un des côtés de la bouche, et rembouchure de caoutchouc sur la partie inférieure de la lèvre d'en bas, de façon qu'elle ne fasse qu'un, pour ainsi dire, avec cet organe. Lorsque d'autres explorations doivent être associées à celle de la colonne d'air, on emploie des embouchures spéciales. L'une est échancrée (fîg. 64), pour le passage des appareils ; une autre est très flexible, pour s'unir à l'explorateur des lèvres (fig. 33, T), et présente une voie de dégagement, pour que l'air, poussé dans le tambour, puisse s'écouler librement pendant la fermeture de la bouche.
L'idée de construire des appareils inscripteurs de la parole à l'imitation de l'oreille est venue à divers expérimentateurs, et d'une façon sans doute indépendante, puisque chacun d'eux a obéi à une inspiration particulière.
Qarence J. Blake songea surtout à la qualité de la membrane; M. Fick parait avoir été plus frappé par le mode d'attache du marteau, et M. Hensen par la courbure de la membrane tympanique. J. Blake se servit d'un tympan humain pour son appareil. Les tracés qu'il obtint sont très beaux, mais ils ne lui parurent pas rendre toutes les vibrations de la voix^ J. Fick se félicite aussi des résultats dus à la disposition imaginée par lui : la propriété de la membrane de vibrer pour tous les sons s'en serait trouvée fort accrue.
Sprachieichner (fig. 62, 19 et 20). — Après plusieurs essais, M. Hensen choisit une membrane de baudruche de 36"" de diamètre, et lui donna la forme conique en l'appliquant tout humide et en la laissant sécher sur un manchon de