EXPRESSION NUMÉRIQUE DES TRACÉS
Au point de vue numérique, on peut considérer dans les tracés deux quantités : la longueur et la hauteur (dans les phonogrammes, la profondeur). La première correspond
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à la durée, la seconde à la force vive du phénomène. La longueur est d'une interprétation facile. Elle se traduit en secondes et fractions de seconde d'après une échelle graduée sur la vitesse du plan enregistreur. Étant donné que le cylindre déroule tant de centimètres en une seconde, on prend cette longueur et on la divise en dix parties; puis, pour plus de commodité, on ajoute une onzième partie que l'on divise également en dix. Ce sont ces divisions additionnelles qui donneront les fractions de dixième de seconde, ou les centièmes. Soit à chercher la durée, en centièmes de seconde, du tracé (fig. 71). Je vois du premier
Fig. 71.
coup d'œil qu'il contient un peu plus de 3 dixièmes. J'applique donc la division 3 sur le commencement du tracé, et je trouve 3 dixièmes -|- 6 centièmes, ou 36 centièmes.
Pour les mesures précises, on inscrit en même temps que le phénomène les vibrations d'un diapason. Il suffit alors, pour obtenir des chiffres, d'embrasser par des perpendiculaires la ligne du diapason avec le tracé tout entier. Le nombre des vibrations donnera la quantité cherchée.
L'interprétation de la hauteur des tracés est plus complexe. Elle dépend de la pression exercée sur la membrane, et cette pression est due, soit à une poussée organique, soit à un déplacement d'air qui peut agir en raison de son volume ou de sa vitesse. La question s'est posée à moi quand j'ai voulu comparer les tracés de l'air expiré, obtenus
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au moyen d'un tambour, avec les chiffres que me donnait un compteur à air ', et me rendre compte des déplacements du levier provoqués par la colonne d'air parlante.
J'ai pris un compte-gouttes que j'ai mis en communication avec le tambour inscripteur, puis, à l'aide de pressions faites avec des pinces de diverses tailles, j'ai envoyé dans le tambour des quantités d'air correspondant à la sur&ce comprimée. Puis, remplissant d'eau le compte-gouttes, j'ai renouvelé les mêmes pressions, recevant dans un tube le liquide expulsé à chaque fois, et j'ai pu savoir à combien de centimètres cubes d'eau correspondait la force qui avait amené les déplacements successifs du levier inscripteur. Dans cette expérience, une amplitude de 9 "" répondait à 622""% une de 8*"" à 502"™', une de 5"" à 340"°^', une de 3 ""» à 250""*'*, une de 2"*°* 3 à 140 "*"''. Le cubage exact de ces petites quantités est gêné par le ménisque de la surface; il aurait été plus sûr de procéder par pesées.
J'ai de même, ayant pratiqué une issue dans le conduit, jugé à l'aide d'une pompe les effets de la vitesse de la colonne d'air sur l'amplitude du tracé.
Depuis, je me suis servi de poids ou plutôt de pièces de monnaie que j'empilais sur la membrane du tambour explorateur avant l'expérience, et je notais les déplacements successifs de la plume sur le cylindre. Pour cette opération, il faut imiter avec soin le mode d'action de la force que l'on veut explorer. Une pile composée de pièces de 50 cent., I fr., 2 fr., 5 fr., n'agira pas de la même manière si elle appuie sur la membrane par sa petite base ou par sa grande.