‹ Principes de phonétique expérimentaleChapitre 9 sur 213 · TIMBRE · texte numérisé non relu

TIMBRE

munis d'harmoniques élevés, tandis que lès flûtes et les jeux de flûtes, avec peu de vent, se rapprochent des sons simples.

3° Quand les sons partiels impairs existent seuls, comme dans les petits tuyaux bouchés de l'orgue, les cordes du piano pincées au milieu et la clarinette, le son prend un caractère creux et même nasillard, pour un grand nombre d'harmoniques.

4" Si le son fondamental domine, le timbre est plein; il est vide, au contraire, si l'intensité du son fondamental ne l'emporte pas suffisamment sur celles des harmoniques. Ainsi le son de grands tuyaux ouverts de l'orgue est plus plein que celui des petits tuyaux de même nature; le son des cordes est plus plein lorsqu'elles sont ébranlées par les marteaux du piano que lorsqu'elles sont frappées avec un morceau de bois ou pincées par les doigts ; le son des tuyaux associés à des appareils résonnants appropriés est plus plein que celui des mêmes tuyaux sans caisses résonnantes.

5" Quand les harmoniques supérieurs, à partir' du sixième ou du septième, sont très-nets, le son devient aigre et dur. Nous en trouverons l'explication dans les dissonances que forment entre eux ces harmoniques supé-rieurs. Le degré de mordant peut varier; avec une faible intensité, les harmoniques supérieurs ne diminuent pas essentiellement la possibilité de l'emploi musical du son; ils augmentent, au contraire, le caractère et la puissance d'expression de la musique. Dans cette catégorie figurent, avec une importance particulière, les sons des instruments à ar<;het, puis la plupart des instruments à anche, le hautbois, le basson, l'harmonium, la voix humaine. Les sons durs et éclatants des instruments de cuivre sont extraordinairement pénétrants, et, par suite, donnent l'impression d'une grande puissance à un plus haut degré

que les sons de même hauteur mais d'un timbre doux... » » On a vu plus haut que la position relative des ondes partielles, ou différence de phase, modifie la composition de l'onde résultante. Il est naturel de se demander si elle a une influence sur le timbre. Helmholtz s'est posé la question et en a cherché la solution au moyen d'une série harmonique de diapasons. Il a produit un grand nombre de combinaisons de sons en faisant varier la différence de phase, et il n'a « jamais vu la plus petite modification se produire dans le timbre* ».

Plusieurs physiciens ont résolu la question comme Helmholtz. De son côté, M. Kœnig, dont il faut lire les « remarques sur le timbre^ », après avoir fait des expériences sur lesquelles nous aurons à revenir, ne pense pas que l'influence de la différence de phase des harmoniques sur le timbre soit à négliger. Mais, comme je me borne ici à indiquer les principes généraux admis de tous, je renvoie au chapitre IV pour les théories qui s'en écartent un peu ^.

1. Helmholtz, Théorie physiologique de la musique ^traduc" tion Guéroult (Masson, 1874), P* IS^'^S^-

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