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CHAP. XVI. NAISSANCE DES ANIMAUX, ETC

racine. La manière dont la plantule sort du fruit et rompt ses enveloppes , varie extrêmement selon le genre de graine : il faut même avouer que cela est souvent fort irrégulier, et peu susceptible d’être ramené à des formes ou des lois précises. On ne sait point encore , par exemple, comment ni par quelles forces s'ouvrent les noyaux ligneux dont beaucoup de semences sont entourées.

La durée de l’Incubation des œufs a Insectes n’est pas non plus la même pour toutes les espèces. Nous savons que c’est sous la forme de larves que les jeunes insectes sortent d’abord de leurs ovules, dont le volume accru de leur corps a rompu l'enveloppe. Ensuite, le jeune insecte prenant beaucoup de volume sous sa première forme de larve, mue à cause de cela à plusieurs reprises. Il est des insectes, surtout parmi les Scarabées, dont les larves ne se transforment qu’au bout de plusieurs années. Beaucoup de Mollusques éclosent au-dedans de l'animal femelle ou hermaphrodite, et plusieurs, dès en naissant, portent déjà des rudimens de coquilles. Les Crustacés , les Arachnides, sortent, sous la forme accomplie d’animaux , des œufs contenant leurs germes ; et c’est finalement par les mouvemens de leurs pattes et de leur tête qu'ils rompent les entraves qui les y retenaient. Les Poissons et les Reptiles en agissent de la même manière : c'est aux mouvemens de leur queue qu'ils doivent presque toujours leur expulsion de leurs ovules respectifs, dont ils brisent la coquille ou déchirent les membranes. Toutefois cette opération est assez difhcile en ceux de ces animaux dont les œufs ont une coquille dure, épaisse et calcaire. La chose

devenait encore plus difficultuceuse chez les poissons cartiiagineux , à raison de l'enveloppe coriace dont leurs œufs sont pourvus. Mais la nature a obvié à cet obstacle en séparant ‘tout prêt, du reste de la coquille, le segment formant l’une de ses extrémités ; et d’après cette disposition le petit poisson Chondroptérigien na plus à rompre, pour éclore , qu’une membrane simple et assez friable. La plupart des poissons naissent dix à vingt jours après la ponte des œufs. Une remarque assez vraie, c'est quil sort généralement des fœtus plus accrus, plus parfaits, des œufs fécondés hors du corps des femelles.

Mais la dur‘e de l'incubation est très-variable, surtout dans la nombreuse classe des oiseaux. La Poule couve ordinairement vingt-un jours; le Serin, quinze à dix-huit , selon la variété ; le Canard, vingt-cinq ;

les Cygnes, de quarante à quarante-cinq jours; le

Paon trente, le. Pigeon quatorze, et l’Oiseau-Mouche douze jours: On remarque que les jeunes oiseaux sont d'autant plus forts à l'époque de l’éclosion, qu'ils ont subi une incubation plus longue. Non -seulement le terme de l'incubation varie d’une espèce à l’autre ; mais il est même variable pour les individus de la même espèce, el qui plus est de la même couvée. Il est rare que tous les œufs incubés simultanément éclosent à la même heure ; les naissances sont ordinairement successives. On a vu des œufs de poules commencer

d'éclore même dès le treizième jour (M. d’Arcet),

et continuer par intervalles inégaux, mais de jour en jour et d'œuf en œuf, jusqu'au vingt-unième jour. Parini les causes qui accélèrent la naissance des oïseaux , il n’en est pas dont la puissance soit plus ma-

CHAP. XVI. NAISSANCE DES ANIMAUX, ETC. 441 nifeste que la chaleur du climat et l’abondance de l'électricité répandue dans l'air : il est sûr au moins que les progrès de l’incubation sont plus rapides dans les pays méridionaux et dans les temps d'orage , el cependant les œufs de toutes les espèces d'oiseaux éclosent à la même température ; et quelques degrés de chaleur de plus, dans les incubations artificielles , ne produisent pas toujours plus de célérité dans l'éclosion.

La manière dont le Poulet sort de sa prison est vraiment curieuse. D'abord, c'est-à-dire après les premiers jours, et toujours ensuite ; tant qu'il est renfermé dans sa coquille, le jeune animal est ramassé en boule, la tête placée sous l’aile droite , et la partie antérieure du corps tournée vers le gros bout de la coquille. C'est dans cette position, la tête placée sous l'aile , le bec dirigé du côté du dos et vers le côté droit, que le poulet prélude à l’ouverture et au brisement de sa coquille. Il frappe successivement de nombreux coups de bec de gauche à droite, et toujours en tournant, en pivotant sur lui-même ; de sorte qu'il finit par détacher , après lavoir circonscrit, un segment de couronne à la grosse extrémité de la coquille , et ce qui est fort singulier , c'est que cette pirouette du poulet s'effectue toujours de droite à gauche, la tête continuant toujours de rester sous l'aile droite. |

Cependant cette opération est quelquefois si lente, si languissamment accomplie , que le poulet peut suc- ‘comber dans de vains efforts, s’il n’est assez Lôtsecouru el-secondé. Alors que la couronne ou segment de coquille est détachée du reste , le poulet fait effort

pour le renverser , et il parvient à ce résultat en arcboutant ses pieds contre le bout opposé de cette coquille : dès-lorsil a üne issue libre pour son expulsion. C'est alors aussi, et pour la première fois, qu'il redresse le cou, et qu'il retire sa tête de dessous l’aile.! Quelquefois il arrive que l’air entre dans la coquille avant l’achèvement de son ouverture ; alors le vitellus épaissi peut agglutiner les plumes du jeune oiseau, et le retenir là invariablement collé : cette: adhérence a souvent lieu avant la cassure de la coquille , et alors elle met obstacle à la rotation du Jeune oiseau dans sa sphère.

Quant aux petits des Vivipares , leur expulsion de: la matrice s'effectue sans action de leur part, sans participation d'aucune sorte. Leur mise au jour paraît due principalement au retour sur lui-même de l'utérus loñg-temps et de plus en plus distendu, distendu par l'embryon toujours plus volumineux , en même temps que par les eaux de l’amnios qui l’environnent. L'évacuation de ces eaux précède la sortie du fœtus , et Je décollement da placenta ou des cotylédons , unis aux débris des membranes fœtales, ne vient qu'ensuite chez les vivipares : de même, dans la plupart des animaux, à l'exception peut-être des seuls Pucerons, c’est la tête qui sort la première. Ordinairement le bassin est assez large pour livrer passage au fœtus ; toutefois cette disposition n'est.pas générale : dans la Taupe, par exemple, cette cavité osseuse est si étroite, que la matrice s'ouvre et que l’accouchement s'effectue en dehors et par-devant le bassin. Nous avons dit que les Didelphes avortent naturellement et toujours.

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