PRÉFACE
Chaque science a son époque de gloire, son temps de progrès et de maturité; chacune devient successivement populaire. Tout siècle a sa science préférée, et la Physiologie est celle de nos jours.
Nous possédons déjà beaucoup de livres sur cette
branche importante de nos connaissances ; par mal- “heur la plupart de ces traités n’envisagent que l’espèce humaine. Il en est quelques-uns consacrés aussi à l’histoire des fonctions des plantes; mais aucun d'eux n’embrasse l’ensemble des corps vivans. À la vérité c’est un sujet d’une extrême difficulté, et d’une étendue immense.
M. Cuvier, avant lui Perrault, Monro, Hunter, Blumenbach et Vicq-d’Azir, et après lui, MM. Everard Home, Geoffroy St.-Hilaire, Blainville, Duméril et Meckel, sont les principaux savans qui se soient occupés un peu généralement de l’anatomie des animaux. Mais ces auteurs si estimables se sont presque toujours bornés à décrire les instrumens, les organes : ils ont exposé, avec une exactitude tantôt philosophique et tantôt minutieuse, la composition , la structure des machines vivantes, sans presque jamais en dire le mécanisme, sans en montrer l’admirable jeu , lharmonie.
Si l'étude dont nous traitons a été jusqu'alors si généralement négligée, c’est qu'elle exige, ou d’heu-