‹ Principes de physiologie comparéeChapitre 3 sur 141 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

reux et longs loisirs, ou un désintéressement qu: devient de plus en plus rare; c’est qu'outre cela, il faut des musées, de riches collections, où l’on puisse consulter sans cesse des matériaux indispensables à quiconque veut éviter l'erreur. Aussi ne doit-on pas s’étonner si l’on est obligé de remonter jusqu’à Aristote pour trouver une esquisse un peu supportable de la physiologie comparée : encore faut-il attribuer la généralité philosophique de l'ouvrage d’Aristote, à l'enfance, à l’imperfection de lascience, alors qu’Aristote s’en occupait.

Un pareil livre, convenons-en sans dissimulation et sans flatterie , gagnerait beaucoup à être fait par M. Cuvier. Mais cet homme illustre, sérieusement Gccupé maintenant de la réimpression et de l'achèvement des ouvrages de sa jeunesse, ne fera jamais pour la physiologie, nous avons de trop grands motifs de le craindre, ce qu’il a exécuté avec tant de bonheur et de succès pour l'anatomie. C'est ici d’ailleurs un de ces ouvrages qu’il ne convient d’entreprendre que dans la deuxième partie de la vie, à cetàge d'illusions et d'espoir, où l’existence a tant de plénitude, que c’est à peine si l'on songe à en prévoir le terme, à en régler l'emploi et ménager le cours : sans compter que l'esprit même le plus vaste a ses limites, ou plus restreihtes, ou moins bornées, mais prescrites à tous et toujours infranchissables.

Si du moins M. Cuvier pouvait encore abandonner, comme jadis, sans repentir, Sans im prudence , à la foule de ceux qu'il instruit et qui l'admirent, les précieux matériaux que ses collec-

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