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CHAP. X. LOI DE SUBORDINAT. ET DE COEXIST

été impossible de prévoir avant de les avoir une première fois constatés. Voici, par exemple, des coexistences que la réflexion seule n'aurait pu nous faire deviner.

On a vu que toutes les plantes dont l'embryon est pourvu d’un ou de plusieurs cotylédons ; ou espèces de feuilles séminales, étaient composées de tissu cellulaire et de vaisseaux ; tandis que les plantes dont l'embryon n’a pas de cotylédons sont composées seulement de tissu cellulaire sans vaisseaux appréciables. On s’est en outre assuré (et ceci est une des plusjolies découvertes modernes } que les végétaux dont l’embryon a plusieurs cotylédons opposés l'un à l’autre ont les vaisseäux disposés par couches excentriques, et que les plus jeunes et les plus molles de ces couches sont placées à l'extérieur. On a ensuite examiné celles des plantes dont l'embryon est pourvu ou d’un seul éotylédon, ou de plusieurs cotylédons alternes et non pas opposés, et l’on a vu que leur organisation était absolument inverse de ce qu'on voit dans les autres ; je veux dire que leurs vaisseaux, au lieu d’être disposés par couches, le sont par faisceaux, et que les derniers formés de ces faisceaux sont dirigés vers le centre de la plante, au lieu de l'être vers sa surface; comme dans les précédentes. Or, comme ces rapports sont d’une grande constance et qu'ils ont trait à des parties essentieiles , on conçoit qu’il sufht de connaître un seul des caractères dont nous venons de parler pour deviner ceux qui lui sont toujours co-existans. Voilà même pourquoi la présence et l’arrangement des cotylédons sont devenus la base d’une classi-

fication des plantes qu'on s'est eflorcé de rendre natu- É. D

54 : LIV. I. DES CORPS VIVANS EN GÉNÉRAL relle en l'établissant d’après la considération des organes les plus importans, et toujours selon les lois des coexistences organiques. On a fondé les divisions secondaires d’après la disposition des fleurs, et l’on s’est appliqué à mesurer l'importance comparée des organes qui les constituent , leur constance ou leurs variations, et leurs rapports entre elles ou avec d’autres parties des végétaux qui les produisent. On s’est d’abord assuré que certaines plantes sont Cryptogames, c'est-à-dire sans fructification connue, et la plupart de ces plantes sans fleurs visibles sont celles dont nous avons vu l'embryon manquer de cotylédons : de sorte : que cryptogames et acotylédones sont deux mots presque synonymes. On a ensuite découvert que lenombre des étamines répondait presque toujours aux divisions du ealice ou de la corolle ; qu'il était en général, ou exactement semblable , ou multiple de Patio et que le nombre des divisions des stygmates était so blable aux compartimens de l'ovaire, etc. On a aussi découvert des rapports entre la forme de la fleur et la configuration d’autres parties des plantes : on a vu, par exemple , que des fleurs configurées en papillon répondaient à des fruits en gousses ; que des fleurs labiées étaient supportées par des tiges ordinairement quadrangulaires et dont les feuilles étaient opposées ; que la plupart des fleurs en rose avaient des fruits charnus; que les fleurs en épis écailleux avaient des tiges noueuses et engaînées , etc.

Parmi les animaux , on a constaté que les uns avaient des vertèbres, et que d’autres en étaient dépourvus ; voilà un premier fait. On a vu ensuite Estate: qui sont Vertébrés ont tous une moelle épinière et un

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