‹ Principes de physiologie comparéeChapitre 24 sur 141 · CHAP. X. LOI DE SUBORDINAT. ET DE GOEXIST · texte numérisé non relu

CHAP. X. LOI DE SUBORDINAT. ET DE GOEXIST

cerveau compliqué ; tous, quatre organes des sens plus ou moins parfaits à la tête, et des mâchoires horizontales ; jamais plus de quatre membres, quand ils en ont, et toujours du sang rouge. On a examiné par comparaison les Animaux sans Vertèbres , et l’on s'est assuré qu'aucun n’a niun cerveau , ni une moelle épinière , ni des sens aussi manifestes; qu'aucun n'a de sang d'un rouge aussi vif; et que tous ont plus de quatre membres quand ils en ont. D

En examinant comment les vertébrés se reproduisent, on a vu que la plupart d'entre eux sont ovipares, tandis que d’autres font des petits vivans. On s’est ensuite assuré que ces derniers ont seuls des mamelles pour allaiter leurs petits, et on les a nommés Mammifères. On a aussi observé que les organes génitaux des mammifères ont un orifice are de l'issue des intestins, tandis que les ovipares ont un cloaque, ou issue commune pour l'intestin et pour les organes génitaux.

On conçoit comment ces premières coexistences ont fourni les bases d’une classification des animaux. 11 a suffi de voir un animal pourvu d’une colonne de vertèbres osseuses , pour être assuré: que cet animal appartenait ou aux Mammifères, ou à l’une des trois classes d’Ovipares ; et voilà ensuile comment on a distingué les trois classes d’ovipares entre elles : on a nommé Oiseau, tout animal vertébré' et ovipare ayant des plumes et des poumons ; Reptile, tout vertébré ovipare pourvu de poumons, mais sans plumes; et Poisson, tout vertébré ovipare pourvu de branchies, sans véritables poumons. Et comme en serutant plus avant dans la structure, on a trouvé d’autrés diffé-

Th JY

rences constamment coexistantes avec les différences essentielles , il en est résulté qu'on a pu assigner précisément le rang d'un animal d’après la plus simple parcelle de quelques-uns de ses organes ; on a même été jusqu’à découvrir des rapports entre ces diver= sités de structure des animaux et leurs principales habitudes ou leurs instincts. On a vu que les animaux carnassiers , par exemple, avaient le canal digestif plus simple, plus court, moins puissant, et conséquemment le corps plus grêle ; qu’au contraire, ils avaient les mâchoires, ou les parties analogues aux mâchoires , plus fortes, mieux armées, mues par des muscles plus énergiques. Les oiseaux de proie ont les ongles des pattes plus déchirans , le béc plus fort et plus crochu. Les lions et tous les chats ont pareillement des griffes redoutables et rétractiles, des dents tranchantes et alternatives , une mâchoire solidement articulée et mue par des muscles puissans. Ces premiers changemens rejaillissent ensuite sur toute la structure; de sorte qu’on peut, d’après la saillie d’une dent de mammifère carnassier, ou d'après le condyle de sa mâchoire, décrire tout le reste de sa charpente et faire l'histoire de ses habitudes: Pareillement, on peut juger de la force du vol d'un oiseau par la configuration du sternum, auquel se fixent les muscles de ses aîles. On peut affirmer que l'animal au bassin duquel on trouve deux petits os dits marsupiaux, on peut assurer, dis-je, que cet animal a une matrice dépourvue de col, que sa glotte est imparfaite , que ses petits avortent, qu'une poche placée sous le ventre de la femelle les reçoit et les proiègeé. Enfin on sait que les animaux ruminans ont

RE

Page 1