CHAP. X, LOI DE SUBORDINAT. ET DE COEXIST
tous le pied fourchu., que tous ent quatre estomacs, qu'ils n’ont pas de dents incisives à la mâchoire supérieure, et que ceux d’entr'eux qui portent des bois. ou des cornes au front n'ont pas de dents canines à la mâchoire d'en haut. L'histoire. des corps. organisés offre beaucoup. d'autres faits analogues qui trouveront place dans d’autres endroits de cet ouvrage. Mais faut remarquer que tous les organes concordent dans. chaque être vivant :. jamais la nature ne réunit dans une espèce. les parties contraslantes de plusieurs (1) ; on.ne voit jamais: s'associer des dents et des mâchoires de carnassiers:avee des pieds d’herbivores. Voilà ce qu'ont ignoré les peintres, poètes et statuaires qui dans des temps antérieurs ont voulu représenter des êtres singuliers dont: leur imagination. ou leurs croyances leur suggéraient les trompeuses images. Tantôt ce. sont des aîles immenses qu'aucun muscle ne saurait mouvoir ;: tantôt les têtes unies de plusieurs animaux d'espèces différentes , associées à un corps et à des membres qui conviennent au plus à l'une d'eHes. Or la nature n'offre en aucune créature. les traits discordans des anges ou du cerbère de nos artistes et de nos poètes. Aucune pièce dans ses admirables machines n’est en désaccord. avec l’ensemble : l'harmonie est le caractère de toutes ses œuvres. Malheureusement l'importance-et la subordination. des organes n’est pas aussi bien connue pour les animaux inférieurs que pour les vertébrés ;: aussi les. divisions qu'on en a faites ne sont-elles ni très naturelles ni parfaitement stables. Sur quelque principe
(1) Voyez G. Cuvier : Ossemens fossiles.
qu'on se fonde , les quatre divisions des vertébrés
sont les mêmes pour tous les savans; mais la division des invertébrés diffère pour chaque zoologiste.