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tions renferment! sil maintenaït toujours accessibles, sans restriction, sans réserve, les documens dont plusieurs ont besoin ! Mais la générosité et la complaisance ont aussi leurs Ltée : et s’il est une chose qui doive profondément attrister, c’estque ce soit l'ingratitude des hommes, l'injustice de ses contemporains, qui ait ainsi forcé M. Cuvier à se réserver pour lui seul des trésors où, de son noble consentement, le monde entier puisait à loisir et sans limites il y a peu d'années.
Heureusement nous avions consulté autrefois tout ce que le Musée du Jardin du Roi, tout ce que les cabinets de M. Cuvier offrent de plus important. Ces matériaux nous sont d’un grand secours aujourd’hui. Nommé de l’école des naturalistes du gouvernement, fondée en 1819 par M. Decazes, à l instigation de M. de Mirbel et des professeurs du Musée d'histoire naturelle de Paris, j'eus le bonheur alors d’être attaché à M. Cuvier en qualité de disciple particulier, d’être personnellement choisi par lui après concours.
Ce fut alors que j'étudiai et l’histoire naturelle, et l'anatomie comparée, sous les maîtres les plus habiles et dans les circonstances les plus propices qui se puissent jamais rencontrer. Mais il faut bien le dire aussi : ce n’était point là que je pouvais apprendre la physiologie comparée; la vie ne peut être étudiée que sur des corps vivans, et tout est mort, tout est inanimé dans les musées d'histoire naturelle. Je dus donc recourir à l'étude des corps réellement vivans. J’observai les animaux et les plantes, je lus les observateurs, je fis des expé-
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riences; et comme j'avais avant tout, et plus attentivement que tout autre être, étudié l’homme luimême, mes premiers travaux et mémoires, et mon premier ouvrage, eurent l'homme pour unique objet.
Sans donc perdre de vue mon projet de tracer l’histoire de la vie dans tous les êtres, je publiai d’abord une physiologie de l’homme, cette Physiologie médicale, à l’occasion de laquelle les médecins les plus distingués de Paris ont déjà publié, dans le seul but de la critiquer, plus de pages que ce livre luimême n’en contient ; cet ouvrage qui a soulevé tant de passions, et qu’on a traité, pour tout dire en un mot, comme on traite ordinairement une découverte. Je veux dire qu'on a commencé par soutenir avec vivacité qu'il contient des erreurs, quelques contradictions, quelques paradoxes (ce qui peut bien être vrai), et l’on a fini par assurer qu’il n’était pas nouveau, dernier reproche assurément beaucoup plus endurable que les autres , la lumière du jour et l’impartialité du siècle étant là pour me défendre , et devant suflire pour m'en justifier. |
Toutefois ce livre si vivement critiqué, contient tous les grands principes de la physiologie, la science de l’homme, mes opinions et mes croyances personnelles, et par anticipation aussi, les corollaires du livre que je publie aujourd’hui. Je me hâte d'ajouter qu’à son tour, la Physiologie comparée renferme la plupart des faits particuliers que l’on espérait peut-être rencontrer dans le premier ouvrage. Je souhaite qu’on veuille se donner la peine de
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lire entièrement eette première partie, avant d’exprimer aucune opinion au sujet de ce nouvel ouvrage. Mais je crains bien que l’on ne le feuillette d'abord, encore animé de cette vive colère que la Physiologie médicale a excitée. À la vérité, j'en suis sûr, et cela du moins me tranquillise, on finira par y mettre plus de calme, et aussi plus d’impartialité; je n’ose encore compter sur beaucoup d’indulgence, et pourtant j'en aurais besoin.
Je ne publie maintenant que la première partie de la Physiologie comparée : quatre livres composent ce volume. Le premier traite de la Vie, de ses lois générales, de ses diverses manifestations , et des corps qui en sont daués. Le deuxième Livre contient l’histoire de la Génération ou de la Reproduction dans les animaux des différentes classes et dans les plantes. Le troisième renferme tout ce qui concerne les progrès et les lois de l’Accroissement des corps vivans, ainsi que beaucoup de chapitres qui, bien qu'imprimés depuis long-temps, ont trait à la grande question des analogues qui a été tout récemment débattue entre deux célèbres naturalistes, devant l’Académie des sciences de Paris. Le quatrième Livre traite de la Nutrition des corps vivans.
Dans la deuxième partie, qui suivra d’assez près celle-ci, il me restera à faire l'histoire de la respiration des corps vivans , de leur chaleur propre, et des causes productives de cette chaleur ; des fluides, humeurs et émanations des corps vivans, de leur sécrétion , de leurs sources , et de la circulation de plusieurs ; des sensations des animaux, de leurs divers instincts, de leurs mouvemens , dispersions et
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voyages, et aussi de leurs langages ; enfin des causes qui, modifiant leur nature, produisent leurs nombreuses variétés, et des principales influences qui en déterminent la multiplication et la distribution sur le globe.
Je termine en appelant de tous mes vœux la critique et les avis de mes émules : qu'ils soient vrais | qu'ils soient impartiaux et judicieux , et ils verront combien je serai docile et reconnaissant !