CHAP. XIV. OŒUFS DES MAMMIFÈRES
partie de cet œuf lui est d’une aussigrande importance que les organes mèmes qui composent la trame de son propre corps ; l’allantoïde, s'il est sans branchies, lui sert de poumons; et le vitellus verse dans ses intestins les matériaux de son accroissement.
Mais les choses ne sont plus entièrement les mêmes dans les mammifères : l'embryon de ces animaux a bien à-peu-près les mêmes enveloppes; on le trouve entouré , dans la plupart de ces animaux, d’un chorion, d'une allantoide, d’un amnios et d'une vésicule ombilicalez; ce qui forme en tout quatre membranes et trois humeurs. Ces parties équivalentes à ce qu'on voit dans l'œuf des oiseaux, n'ont plus ici ni la même importance, ni les mêmes fonctions : aussi les voit-on varier d'un quadrupède à l’autre; il y a même de ces membranes qui manquent absolument dans certains genres. Mais ce qui caractérise essentiellement les ovules des quadrupèdes et de tous les animaux mammifères, c’est le placenta simple ou multiple dont l'extérieur du chorion est nanti. Cette masse sanguine el charnue retient le nom de placenta , lorsqu'elle est unique’ et concentrée comme dans l’homme ; et on l’appelle cotylédon, lorsqu'elle est multiple et par petits fragmens isolés les uns des autres, comme dans le cochon et la brebis. C'est dans ce placenta que viennent finalement se ramifier les vaisseaux ombilicaux ; il sert d’intermédiaire entre les vaisseaux de l'embryon et ceux de la mère: sa surface est hérissée de petites éminences qui sont reçues dans des sinus correspondans de la matrice , et c’est par ces points de contact intime que les vaisseaux des deux êtres s’abouchent ensemble,
Ce n’est point assurément par le placenta que le sang du fœtus est aéré et renouvelé; mais cette espèce d'organe est le moyen de transition du sang d’un de ces êtres à l’autre. Nous avons dit que les vaisseaux ombilicaux indiquent des poumons et une respiration empruntée dans l'embryon pourvu de ces vaisseaux; nous disons maintenant qu’un placenta est l'indice que Fembryon ne respire ni par lui-même , comme les fœtus des poissons et @es grenouilles, ni par ses enveloppes, comme les fœtus des oiseaux. Il forme par conséquent un des traits distinctifs des vrais vivipares : lui et les glandes mammaires s’entre-supposent toujours. Voici, au reste, quelle est la disposition de l’ovule des mammifères :
Il est composé, avons-nous dit, de quatre membranes dans la plupart des animaux de cette classe. 1°. Le chorion est la plus extérieure de ces membranes : un placenta, simple ou multiple, lunit au tissu de la matrice. La partie externe de cette première enveloppe est ordinairement recouverte d’une pellicule que G. Hunter a nommée membrane caduque : c'est un enduit apparemment inorganique, et qui ,‘à cause de cela, finit par s’exfolier à mesure que le produit de la conception prend de l’aceroissement. Le chorion est en quelque sorte l’équivalent de la membrane commune de l’œuf des oiseaux, dont la caduque représente assez bien la coquille.
2°. L'amnios enveloppe immédiatement le fœtus jusqu’à l’ombilic; mais, en ce lieu, elle se réfléchit sur le cordon ombilical : c’est la mème membrane que nous avons indiquée dans les œufs des autres animaux comme entourant toujours les fœtus.
CHAP. XIV. OEUFS DES MAMMIFÈRES, 199 3%. L'allantoide est un prolongement de la vessie, et elle s’unit à cette vessie jusqu’à la dernière heure de la gestation par l'ouraque. Elle forme ordinairement une double voûte entre le chorion et l’amnios; etson union avec ces membranes est formée par un lacis de vaisseaux dont quelques personnes voudraient faire une membrane à part, sous le nom d’arachnoïde fœtale. Cette membrane allantoïde est l’analogue de celle des oiseaux portant le même nom; mais elle en diffère en ce que son développement est en tout semblable à celui des autres enveloppes de l'œuf : à l'inverse de celle des oiseaux, son étendue relative diminue plutôt que d'augmenter à mesure que l'embryon s'accroît; et elle a, dès les premiers momens, les connexions qu'elle conserve durant Ja gestation ; d’ailleurs, elle ne paraît point servir à la respiration comme dans ces derniers. Enfin, l’homme est le seul des mammifères qui n'ait point d’allantoide, encore qu'il ait un ouraque, * 4. La vesicule ombilicale est la quatrième membrane de l’ovule des mammifères; elle tient ordinairement au chorion par des ligamens ou chalazes, et ne communique avec l'embryon que parles vaisseaux qu'elle reçoit des-mésentériques à la hauteur du pancréas. Toutefois, on l’a vue adhérer par un mince pédicule avec l'intestin grêle ; mais cette disposition est rare. Cette poche est l’équivalent du vitellus des oiseaux, avec cette différence qu’elle ne paraît pas communiquer avec la cavité intestinale du fœtus, qu'elle diminue beaucoup aux approches de la naissance du nouvel être ; qu’elle ne rentre jamais , comme le vitellus, dans l’abdomen.de l’embryon,
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et que, si elle sert à sa nourriture, cela ne peut avoir lieu que par une absorption opérée par les SEUIS vais< seaux mésentériques.
De ces quatre membranes, le chorion ne fournit aucun fluide ; mais les trois autres ‘en contiennent un, dont la nature diffère pour chacune. Ces diverses enveloppes, mais surtout l'allantoïde et la vésicule ombilicale, varient beaucoup dans les différentes classes de quadrupèdes. Ainsi la vésicule ombilicale, si petite et si vite disparue dans le fœtus de l’homme et dans ceux des animaux, a-au contraire un grand volume dans les carnassiers et dans les rongeurs. Elle l'emporte même de beaucoup sur l’allantoïide , dans ces derniers animaux. 11 y a dans ce genre d'êtres une véritable inversion entre ces deux membranes, inversion pour la situation et pour le volume; ce quia causé et qui cause encore , au moment où nous ÉcCri= vons ces lignes, beaucoup de démêlés et de contestations. Toutefois il faut vouloir l'erreur pour confondre ensemble la vésicule ombilicale et l’allantoide : on reconnaîtra toujours celle-ci à l’aide de sa communication avec l'ouraque , et à l’aide des vaisseaux ombilicaux qu’elle reçoit sans mélange d’autres vaisseaux ; tandis qu'on peut toujours distinguer la vésicule ombilicale , en ce qu’elle recoit uniquement les vaisseaux omphalo- sr qu'elle les reçoit tous à elle seule, et qu’elle n’a pas d’autres moyens de communication avec le fœtus. Le liquide des deux membranes est de même dissemblable ; mais il varie tellement d’une classe à l'autre, qu'il serait ns sûr de fonder la distinction de ces Hénin d’après les caractères dece liquide.