CHAPITRE XV
Organes génitaux des femelles. Origine de l'œuf et de Fembryon des Mammifères.
Pour aller plus directement au but de ce chapitre, nous faisons abstraction pour le moment de la structure génitale du mâle , des propriétés de la semence et de son émission pendant le coit : nous reviendrons plus tard sur ces différentes choses. Nous.ne devons parler maintenant que des organes génitaux de la femelle, et des changemens qui s’y font remarquer à la suite d’un coit fécondant (1).
Les organes génitaux des femelles de mammifères se composent de deux Ovaires, de deux Trompes, canaux de communication entre les ovaires et la matrice ; de cette Matrice elle-même , laquelle est ordinairement bifurquée dans les animaux portant à-lafois plusieurs petits, et simple au contraire dans ceux n’engendrant d'habitude qu'un fœtus à-la-fois. Après la matrice vient le Vagin, dont l'ouverture extérieure, garnie de Nymphes , d’un Clitoris et d'un Méat urinaire , porte le nom de Vulve.
Comme la matrice ne communique au-dehors par le vagin qu'à l’aide d’une ouverture étroite et toujours fermée, qu’on nomme Orifice du col utérin, il est certain que rien ne $aurait s'en échapper hors de
(1) Voy. les ouvrages d’Aristote, d'Harvey, 1651; de Coiter (Volcher) 1575; de R. de Graaf, 1671; de Malpighi. de N. Sténon, de A. Nuck, de Vallisneri, de J. G. Duverney, de G. Hunter, de Buflon, de Haller, etc.
À re)
150 IAV. H. DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANS. l'accouchement, et que par conséquent on doit y retrouver , dès qu'il existe, le produit visible de la conception.
Dans l’état ordinaire , on trouve le col de la matrice fermé ; les parois solides de cette matrice accolées sans intervalle appréciable, et son intérieur n'offrant aux yeux que quelques mucosités filantes et les orifices plus ou moins apparens de quelques vaisseaux. Les trompes, qui s’altachent à ses côtés, ont uné cavité excessivement étroite, ne contenant rien non plus : elles ont une petite ouverture souvent invisible mais réelle dans la matrice ; et leur extrémité opposée, libre et flottante dans le ventre, s’épanouit en une espèce de pavillon, et se trouve placée dans le voisinage des ovaires. Ceux-ci n’ont pas d'autre voie de communication avec le dehors que le canal des trompes et la cavité de la matrice ; le prétendu conduit excréteur qu'on à cru y voir est tout-à-fait chimérique , chimérique aussi est la semence qu’on a dit s’y former. Enfin , si tant d’écrivains distingués ont cru voir dans les ovaires des femelles l’équivalent des testicules des mâles, si même ils sont allés jusqu’à leur donner ce nom de testicules, cela n’a pu provenir que d’un examen trop superficiel de ces organes, et peut-être aussi de ce qu’on s'était laissé prévenir par quelque hypothèse attrayante qui nécessitait des testicules et du sperme dans les femelles comme dans les mäles. C’est en particulier dans ce cas que nous semble s'être trouvé l’illustre Buffon. à
Cependant ce nom d'ovaires que portent aujourd’hui ces organes nous est une preuve que tout le
CHAP. XV. ORGANES GÉNITAUX DES FEMELLES. 191 monde n’a pas partagé l’idée que ce fussent des testicules ét qu'il s’y formât de fa semence, car il faut remarquer que le nom de chaque objet exprime souvent beaucoup moins sa vraie nature que l'opinion de celui qui l’a dénommé. Or ce fut Sténon qui leur donna ce nom d’ovaires, fondé sur ce qu’on y trouvait des espèces d'œufs dans les femelles de tous Îles animaux alors connus : c'est du reste à l'époque où Sténon vivait que l'étude plus cultivée de l'anatomie, et surtout les beaux travaux d'Harvey, faisaient naître l'idée que tout corps vivant provient d’un œuf; et ce fut une raison puissante pour mieux étudier ces organes. On les examina donc dans diverses circonstances et aux différens âges de la vie : chez le fœtus , dans l’adulte , après le coit, pendant la gestation. On vit qu'il ne paraissait aucun œuf, aucune vésicule dans les pre miers temps de la jeunesse ; mais qu'ensuite il s’en développait à mesure que l'animal approchait de la puberté. Ces espèces d'œufs, ces petites vésicules ne sont pas toutes de la mêine grosseur : il y en a de plus apparentes , il y en a de plus cachées. Ce volume varie selon l’âge, selon l'espèce de mammifère , selon la santé de l'individu ; il augmente surtout par le coït et la fécondation ; mais il n’est pas toujours en proportion avec la grosseur de l'animal + l'éléphant, par exemple , a ces vésicules fort petites.
ll n’y a rien de constant pour leur nombre : Haller, il est vrai, n’en a Jamais compté plus de quinze dans un ovaire de femme ; mais d’autres auteurs y en ont trouvé jusqu’à cinquante, D’autres fois il n’y en a que six, ou même que deux. La mème inconstance existe pour le reste des mammifères. On remarque que le
192 LIV. II. DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANS. nombre de ces petits corps diminue souvent dans les femelles qui ont fait des petits, non-seulement parce que plusieurs de ces œufs ont été employés aux fécondations précédentes, mais aussi parce que les autres se rapetissent et s'effacent même jusqu’à disparaître entièrement. Il paraît certain qu’il ne se forme jamais de nouvelles vésicules dans les animaux dont nous parlons.. Lorsqu'on examine les ‘ovaires des vieilles femélles , on n'y trouve plus que des grains miliaires solides, sans fluide intérieur, souvent même tout-àfait endurcis et comme cartilagineux.
Jamais ces pelits œufs n’ont de pédicule; le péritoine leur forme à tous une enveloppe commune ; mais en-dessous de cette membrane séreuse sans vaisseaux visibles, chaque vésicule a sa membrane particulière, et cette tunique propre a des vaisseaux. Le fluide renfermé dans ces petils corps est homogène ; il n’est pas composé de deux parties comme les œufs des oïseaux. Celie humeur est ordinairement trans- parente ; souvent jaunâtre ; le feu et l'alcool la coaeulent. Il paraîtrait que ce liquide est analogue au blanc d'œuf. Vésale, Fallope, Albert le Grand, Riolan, et tous les anatomistes jusqu’à Sténon, avons-nous dit, donnèrent à ces petits Corps le simple nom de Vésicules; Harvey lui-même fit taire sa propre conviction pour céder à l’ascendant des vieilles traditions et de la routine; mais Sténon , restant plus conséquent et avec la théorie de ce grand homme et avec les faits eux-mêmes , fut le premier qui osa donner le nom d'Ofufs à ces granulations des ovaires.
On prétendit ensuite non-seulement que ce n'étient point de véritables œufs, mais que l'existence
CHAP. XV. ORGANES GÉNITAUX DES FEMELLES. 109 de ces corps n’était pas naturelle et résultait d'un état maladif ; qu'enfin ce n'étaient là que des Hydatides. Il est bien vrai qu’il se forme quelquefois des hydatides à la surface des ovaires ; mais leur groupement n’est pas semblable, leur situation est toujours limitée, et ordinairement ces espèces de kystes sont pédiculés et deviennent très-gros. D'ailleurs , l'existence deshydatides est assez rare, tandis que celle des petits Œufs est constante dans les ovaires de tout mammifère femelle encore jeune. Il se forme encore d’autres espèces de kystes ou de loupes dans les ovaires , mais toujours fort diflérens des œufs dont nous faisons l’histoire.
Nous voyons donc que la matrice communique avec lé vagin par un col saillant, dont l'ouverture étroite est toujours fermée hors le temps du coit, hors le temps des règles et de l'accouchement ; nous savons que cette matrice est percée vers les côtés de son sommet par les deux conduits très-étroits des trompes de Fallope ; que ces trompes, composées d’un tissu dilatableet contractile comme la matrice, se terminent en s’épanouissant par une sorte de pavillon au-delà mais tout près des ovaires ; et que ces derniers sont composés de petites vésicules ou d'œufs, n’ayant ni con- : duits excréteurs ni aucune voié de communication avecla matrice autres que les trompes de Fallope. Maintenant il s'agit d'examiner. quels changeméns, surwiennent.dans,ces différentes parties à la suite-ducoit et lorsque la conception est opérée : nous devons suriout nous-aliacher à montrer l'œuf et l'embryon,des mammifères dans ses premiers commencemens.
Si l’on examine la matrice et les trompes peu après
Ja conception, on trouve ces organes plus colorés, plus imprégnés de liquides ; les trompes contiennent même quelquefois des mucosités sanguinolentes. Il paraît certain également que les trompes s’érigent, et que leur extrémité évasée se recourbe vers les ovaires en s’adaptant à l’une de leurs vésicules : Haller ayant ouvert une Japine six jours après l’approche du mâle , trouva la trompe collée à l'ovaire par son pavillon, ainsi que nous venons de le dire; il vit aussi qu'un des œufs s'était séparé de l'ovaire , et il trouva cet œuf dans le canal déjà un peu élargi de la trompe. Nuck, avant Haller, avait cité une observation encore plus décisive : cet anatomiste lia vers le milieu de sa longueur la trompe d’une chienne trois jours après l'approche du mâle ; au bout de quatre autres jours il trouva deux fœtus entre l’orifice libre de la trompe et la ligature qui en étreignait le canal. Santorini, Riolan , Duverney ont vu des fœtus dans les trompes. Les dénégations les plus formelles des auteurs ne sauraient infirmer un fait positivement articulé par un homme comme Haller , surtout lorsque tant d’autres observateurs l’attestent; aussi regardons-nous ce fait comme avéré. D'ailleurs, que trouve-t-on de douteux ou d'incroyable dans cette observation? est-ce la route suivié par l’ovule? Mais ne sait-on pas que la trompe a son ouverture libre près de l'ovaire, et qu’elle est percée d'un canal ayant issue dans la matrice? n'a-t-on pas vu des fœtus s’accroître plus ou moins complètement dans les trompes? Ces canaux sont à la vérité fort étroits ; mais les parois n’en sontalles pas dilatables ? On ne comprend pas comment la trompe peut détacher l'œuf; mais est-ce une raison
CHAP. XV. ORGANES GÉNITAUX DES FEMELLES. 190 pour nier la chose? Ou ne voit pas de rapport entre cet œuf et l'embryon ; mais en voit-on davantage entre l'œuf de la poule et le poulet? Onne conçoit pas enfin de conception possible sans le concours: du sperme (en cela on à raison }; ei l'on demiande comment le sperme lancé dans le. vagin peut :parvenir jusqu'à l'ovaire. , Mais sait + on mieux la voie du sperme dans les ovipares ,, où l'espace ,: sans être. aussi tortueux, est au moins aussi long? D’ailleurs , trouve-t-on, le sperme qnelque part, une fois -qu'il a été introduit dans les parties génitales; et si l'on ne peut le trouver , même dans la matrice ; comment espère-t-on suivre ses traces ou s'assurer de soh absence dans les trompes? Mais , ajoute-t-on ; Fœuf s'introduisit-il dans les trompes pour'aller jusqu’à ki matrice, il est sûr au moins qu'il est trop petit pour être visible dans le canal où l’on dit l'avoir trouvé peu de jours après le coit; plusieurs bons observateurs. ly ont vainement cherché : Haller et de Graaf, conclut-on, se sont mépris.
. Il faut avouer que cette dernière objection n’est pas sans quelque force; car effectivement les œufs de l'ovaire sont fort petits, et beaucoup d’anatomistes n’ont pu les trouver dans les trompes, nonôbstart l'attention extrème qu'ils ont apportée dans leurs recherches. Mais. voici d’autres faits qui vienhent à l'appui de l’observation que nous avons citée: On à ouvert des brebis et d’autres animaux, moins d’une: heure après l’accouplement et l'émission séminale : alors on a presque toujours trouvé une ou plusieurs vésicules de l'ovaire gonflées, quelquefois tachées de. sang, “et souvent si élevées au-dessus des autres.
156 EIV. El. DE EA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANS.
œufs, qu'elles semblaient tout près de se rompre. En les examinant plus soigneusement, une heure ou deux après le coïit, on s’est assuré qu’il y avait des vaisseaux sanguins à leur intérieur, et qu’ordinairement elles paraissaient fendues par le milieu. On à vu que ces vésicules se vident au bout de quatre à cinq heures, qu'après cela les membranes s’en épaississent, que des vaisseaux s’y développent : vers la vingt-deuxième heure, la vésicule rompue est remplie d’un corps jaune que Hailler a rendu célèbre. Ce corps ensuite s'accroît beaucoup , est entouré d’un lacis de vaisseaux, et ressemble finalement, dit Haller, au mamelon rosé d'une jeune fille. Au bout de quelques jours. la fente médiane n’est plus visible. Quel que soit l’u-sage du corps jaune, et quoi qu’ait pu dire Buffon pour en nier l'importance, assurant, par exemple, qu’on le trouvait dans les animaux vierges comme dans les autres , le témoignage et les recherches de de Graaf, de Morgagni et de Haller établissent comme un fait très-certain qu'il n'existe que dans des femelles qui ont déjà concu ou qui viennent de concevoir. Ge corps Jaune finit par prendre l'aspect d’une petite glande; il commence, après quelques jours de fécondation , par occuper une grande partie de l'ovaire; il diminue ensuite à mesure que la gestation avance vers son terme; mais il en reste presque toujours des traces , même après l'accouchement. Il persévère long-temps, principalement chez les femmes ; longtemps aussi on y remarque les indices de la fente primitive de la vésicule rompue. On a cru remarquer que les ovaires contenaient autant de corps jaunes qu'il y avait eu de fœtus : Haller n’en a trouvé qu'ua
CHAP. XV. ORGANES GÉNIFTAUX DES FEMELLES. 197 après le premier accouchement de la femme, et dixhuit dans les ovaires d’une truie qui avait mis bas dixhuit petits d’une premièré gésine. Il faut d’ailleurs remarquer que dans les femelles où l’on trouve des corps jaunes, la matrice offre en même temps les empreintes plus ou moins conservées des cotylédons ou placentas. On trouve, en outre, dans plusieurs femelles, une cicatrice au col utérin , des éraillures à la peau du ventre, et sensiblement plus de volume aux mamelons. Ce sont là autant de signes de la maternité, ces derniers principalement chez la femme. Buïlon assure que le corps Jaune est tout formé dars l'ovaire au moment de la conception ; mais c’est une conjecture que détruit l'observation impartiale des faits.
Si nous réfléchissons un peu sur les détails précédens , nous verrons que cette vésicule trouvée distendue après la conception, que la fente ou cicatrice de son sommet, que le corps jaune qui lui succède et qui persévère souvent toute la vie; tous ces faits, dis-je, porteront à penser qu'il s'échappe quelque chose de l'ovaire au moment de la fécondation.
Outre ces premières preuves, tirées d’une vésicule quise gonfle après le coit, et des trompes, dont l’extrémité dilatée s'applique à l’ovaire, et d’unescicatrice qui succède à la fécondation, il y a d’autres observations qui démontrent que le prinçcipe du nouvel être provient de lovaire.
i. On voit quelquefois le fœtus se développer dans le ventre des femelles fécondées par leurs mâles, et dans ce cas encore on trouve une des vésicules de l'ovaire ouverte, déchirée ét désemplie : c’est qu'a-
lors probablement les trompes ont mal fait leur office ; elles sont cbstruées ou malades.
2°, On a plusieurs fois trouvé dans un ovaire des débris de fœtus, chez des femelles qui avaient reçu les approches du mâle sans ‘engendrer : ces espèces de kystes contiennent ordinairement des os ; des cheveux, des dents, en un mot toutes les parties les moins destructibles d’un corps organisé. D'où toutes ces choses viendraient-elles, si ce n’est d’un embryon développé dans son premier berceau?
5°. On peut châtrer une femelle aussi bien qu’un mêle , l’extirpation des ovaires , comme celle des tesücules, produit toujours la stérilité : Ja chose est avérée pour les mammifères comme pour les animaux ovipares. Les ovaires servent donc à la génération : or, comment y concourent-ils, sinon par ces petits œufs, par ces vésicules qui le composent ; comment ensuite y serviraient-ils efficacement si les trompes ne les conduisaient pas dans la matrice. D'ailleurs, ces petits œufs ont été trouvés dans les trompes peu de temps après la copulation : de Graaf, il y a plus d’un siècle, et de nos jours MM. Cruikshanks, Prévost et Dumas ont observé ces petits corps dans ler canalmême des trompes. Ils s’y trouvaient libres d’adhérences , étaient d’une extrême petitesse, et composés d’une sorte de petite sphère de liquide transparent , revêtue d’une tunique excessivement ténue : c'est du moins ainsi que ces auteurs en parlent dans leurs ouvrages. Il faut ajouter que ces petits ovules ne sauraient être confondus avec des hydatides , puisque ces dernières sont constamment adhérentes aux parois des
CHAP. XV. ORGANES GÉNITAUX DES FEMELLES. 139 trompes, lorsque c’est dans leur cavité qu'on les trouve. On a même cru découvrir à leur surface, examinée au microscope , de petits prolongemens cotonneux analogues à ceux que présente plus tard et dans de grandes proportions la membrane caduque dont le chorion du fœtus est extérieurement revêtu : on a dit aussi qu'on apercevait à l’un de leurs pôles un point blanchâtre qu'on croyait être la cicatricule résultant apparemment de l’action du fluide séminal. On ajoute encore que ces ovules angmentent en grosseur mesure qu’ils approchent de la matrice, c’està-dire de l’orifice interne des trompes, et qu'on apu y découvrir les premières traces d'un fœtus dès le douzième jour de la conception.
Voilà sans doute as%ez de détails sur les œufs des mammifères ; peut-être même est-ce parler avec trop de précision de corps auxquels ceux qui assurent les avoir observés n’accordent pas une demi-ligne de diamètre. Mais quand même on admettrait que de pareilles observations ont peu de certitude et méritent peu de confiance, ce que nous avons dit des changemens visibles de l'ovaire et des trompes , ce que nous savons de l’organisation de ces parties, plusieurs phénomènes dont nous avons parlé, et surtout les grossesses extra-utérines sans rupture de la matrice, tous ces faits ne permettent pas de douter si c'est réellement de l'ovaire que proviennent les linéamens de l'embryon et de ses enveloppes.
On a dû remarquer , dans le cours de ce chapitre, à combien de conditions difficiles la génération des animaux vivipares est assujettie : la petitesse de leurs œufs , étroit canal qu'ils ont à traverser, la distance
où ils sont des approches possibles des organes génitaux du mâle, et surtout la circonstance que des corps si fragiles puissent parcourir, sans se briser mille fois, des conduits aussi solides que le sont les trompes ; j'avoue que tant d'obstacles à surmonter pour lachèvement d’un seul acte, me semblent ajouter à ce qu'il a de merveilleux. Ne nous étonnons donc plus si la fécondité est beaucoup moins grande qu'ailleurs dans les gros anñinaux qu'on nomme mammifères ! Outre que ces animaux ont un bien moins grand nombre d'œufs que les vrais ovipares, nous voyons defhoinbreuses occasions de stérilité dans les détails de leur structure; mais nous n’en voyons dans aucune espèce autant que chez l’homme, à cause de sa longue enfance et de l’immensité de $ès besoins ; à cause de l'excès de ses passions et des innombrables maladies. qu'engendrent ses vices.