CHAPITRE PREMIER
Idée générale.
übi desinit pbysicus, ibl ïncipit pbysiologiom.
Nous ne traiterons clans ce livre que des mou» vemens de la vie en eux-mêmes.
Nous avons dit en parlant des nerfs, comment ils influent sur les mouvemens musculaires ; nous ne nous en occuperons ici que pour renvoyer à ce que nous en avons déjà dit, ou pour le rappeler rapidement.
Il est une chose cpie nous passerons entièrement 3üus silence ; je veux parler du principe même de ,a crm h a cii o n musculaire. Nous prendrons cette contraction pour un fait primitif, sans nous violenter l’esprit pour Fexpliquer. Jusqu’à ce qu’on en ait démontre' la cause, nous la traiterons de chimère. Nous ne pourrions qu’ajouter de nouvelles hypothèses à celles dont la science de l’homme est infectée; et nous ne faisons aucun cas des hypothèses. /
La physiologie a été pendant des siècles le re-
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fuge central cle toutes les erreurs*, il est temps enfin qu’elle devienne positive et raisonnable, à l’exemple de la physique On la dédaigna longtemps dans le monde et dans les académies comme le roman de la vie*, mais plus riclie de faits certains, plus réservée dans ses procédés, plus patiente et plus résignée dans ses progrès*, aimant mieux devenir exacte que briller d’un faux éclat, la physiologie de nos jours aspire à devenir Y histoire de la vie comme elle aurait toujours du l’être. Elle possède encore peu de vérités incontestables, elle le sait bien *, mais elle les médite pour les rendre fécondes. Elle sait maintenant quelles voies conduisent au vrai ; et elle y reste attachée. Les voies de l’erreur sont plus courtes et plus attrayantes*, mais elle les dédaigne : sachant bien qu’une fois fourvoyé, on recule toujours à mesure qu’on avance davantage. Les sens dirigent tous ses pas , la raison enfin les éclaire *, elle observe avec persévérance, elle expérimente sans préventions. Non contente d’écouter la nature, elle ose parfois l’interroger : mais au lieu de s’attacher vainement à deviner ses mystères, elle traduit son langage. Elle se persuade que si la vérité est dans ce que découvrent les sens, d’ordinaire l’erreur est dans ce qu’y ajoute l’esprit. Enfin , avant d’augmenter ses richesses , elle les
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réalise et les recense. Elles sont peu considérables, car elle les veut pures de tout alliage.
Fidèle à ce plan dès longtemps arreté , nous n’envisagerons les mouvemens de la vie qu’en physiologiste. Nous en étudierons les variétés , lesdifférens modes , le degré d’énergie, les conditions compliquées et les résultats ; mais sans y appliquer jamais le calcul ni les lois précises de la mécanique : nous défiant toujours des termes et des instrumens empruntés.
Ce n’est pas que plusieurs des mouvemens de l’homme ne nous semblent jusqu’à un certain point calculables : mais ceci est en dehors de notre étude. Certainement il y a dans les corps vivans quelques actes physiques et chimiques. Nous sommes loin de le nier } mais nous pensons que c’est à la chimie et à la physique à s’en emparer comme d’un bien propre. Le physiologiste doit, il est vrai, connaître ces faits, mais non pas en faire la base de ses études. Autre chose est la physiologie, autre chose est la chimie et la physique animales. Que la physiologie s’applique àimiter ces dernières sciences par la sévérité de sa marche et l’exactitude de ses procédés, mais quelle n empiète jamais sur leur domaine. Quelle tache de se tenir toujours à égalé distance et du naturaliste, qui examine les surfaces et les changemens visibles de l’ensemble de chaque corps, et du
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chimiste, qui en analyse jusqu’aux élémens et qui epie les combinaisons des dernières moleeules; et enfin du physicien , qui étudié les agcns universels ainsi que les actes de la nature que leur constance rend dociles au calcul. Sans doute il faut que les sciences ainsi que les hommes s entre aident et s’entre éclairent. Mais tout en se secourant, elles ne doivent pas se confondre. On doute encore que nous ayons une science à nous : nous avons un moyen de prouver qu elle existe en sachant nous y renfermer.
Le silence des physiciens au sujet des mouvemens des animaux est un utile avertissement pour les physiologistes de ne s’en occuper que comme physiologistes. Si ces mouvemens étaient réellement calculables, à l’heure qu’il est nous les trouverions décrits et calculés dans les ouvrages de physique.
Bornons-nous donc à notre objet : il est assez vaste pour suffire à tous nos instans, assez utile pour nous fixer, assez intéressant pour nous plaire.
Nota. Nous devons avertir que l’on trouvera dans la suite de cet ouvrage , sous le titre de simples chapitres , des objets importa ns dont nous nous étions d’abord proposé de faire la matière d’autant de livres ou divisions principales. Le parti que nous prenons nous a paru propre à éviter les redites et les longueu rs*
CHAP. II, TOUT N’EST QUE MOUVEMENT. /j~ l