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CHAPITRE LV

Synergie ou Coopération de tous les muscles du Corps avec ceux de la Poitrine. — Mécanisme des Efforts.

Pour se mouvoir avec énergie et avec efficacité, les membres ont besoin d’appui au tronc ; le tronc lui-meme , mobile en plusieurs pièces, ne peut

€HAt>. LV , MÉCANISME DES EFFORTS. ^53

servir d’appui qu’à la faveur de sa propre immobilité : il faut donc que les divers ségmens qui le composent ne forment plus qu’un ensemble parfaitetde toute part résistant. Winslow (i)avait remarqué que dans la simple action de remuer la tète sur l’oreiller , les muscles du ventre et même ceux de la cuisse ont besoin d’agir; et il donnait le précepte, en conséquence, de tenir les jambes fléchies et relevées, et la tête immobile sans effort, lorsqu’on veut donner aux muscles du ventre une laxité propice à l’examen des viscères.

Winslow connaissait donc à moitié le mécanisme des efforts, puisqu’il savait que tous les muscles du corps coopèrent à chacun de ses moindres mouvemens. Mais ce n’est pas tout. Le tronc est stable, mais d’où lui vient cette stabilité? et d abord, quels sont ses principaux mouvemens, et quels muscles les produisent ? Comme il a<nt surtoutpour se fléchir et pour s’étendre , les muscles du ventre donnent lieu au premier effet, et les muscles de l’épine du dos amènent l’autre effet. Or, nous 1 avons déjà vu, les muscles abdominaux sont principalement destinés à expulser l’air des poumons, pourvu que la glotte n’y mette aucun empêchement; il faut donc pour qu’ils

(0 Mémoires de l’Académie des Sciences.

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aient prise sur le tronc, il faut pour qu’ils puissent le fléchir, que la glotte se ferme. Voilà précisément ce qu’on observe dans tous les grands mouvemens volontaires et dans tous les efforts : le premier phénomène est toujours pour le diaphragme, mais le principal agent de ce mécanisme est la glotte. ier Temps : le diaphragme se contracte en se portant vers le ventre, et alors la poitrine s’élargit, les poumons se dilatent, et de l’air vient les remplir. 2e Temps ‘ la glotte se ferme , l’air est ainsi retenu dans la poitrine sans la participation du diaphragme, lequel cesse d’agir à l’instant même où se ferme la glotte. 3e Temps : les muscles abdominaux se contractent, tous les viscères sont comprimés , l’air aussi , et il tend à sortir ; mais comme la glotte s’y oppose, les muscles abdominaux trouvant la poitrine d’une fixité parfaite en toutes ses parties, agissent sur elle pour fléchir le tronc ; ou bien si les muscles des vertèbres s’y opposent, ils compriment les viscères.

Voilà le vrai mécanisme des efforts tel que je l’ai exposé et démontré, il y a déjà long-temps ( 1 8 1 9)* Mais on l’oubliera bien vite \ rien ne s oublie plus promptement que la première origine des vérités que chaque fait confirme alors quelles sont connues. On les trouve si simples et si évidentes, qu’on a peine à se persuader quelles

CHAF. LYI, LE DIAPHRAGME EST PASSIF. ^55

soient nouvelles. Les erreurs n’ont pas le même inconvénient; tour-à-tour professées ou combattues, mais toujours reproduites avec éclat, plusieurs fois par siècle une dispute les rajeunit. Aussi chaque erreur a son nom d’homme , tandis que beaucoup de vérités sont anonymes. G’est qu’en effet la vérité est à la nature , et le patrimoine du génie sont les systèmes.

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