CHAPITRE LX
Résultats des Efforts relativement aux Organes et à la Circulation
du sang.
Mais , quel que soit le but des efforts , toujours est-il qu’il y a peu de parties dans le corps qui n en ressentent les effets. La glotte, le diaphragme, les muscles abdominaux, les viscères du ventre, leurs sphyncters, les poumons et le cœur, et par eux tous les vaisseaux, et par ces vaisseaux tous les organes, tout enfin participe à cette impulsion dont la glotte est l’arc-boutant final et l’instrument indispensable.
Tous les organes se trouvent donc comprimés entre les muscles abdominaux contractés et la glotte résistante et fermee. Le diaphragme , devenu passif, partage cette compression et la transmet aux poumons j on sent même ces organes rejaillir sur leur enceinte en plaçant le doigt entre les cotes ou bien au-dessus de la clavicule. L’air tend de tous cotés à sortir: il presse con tre la glo tte qu’il fatigue, contre les parois de toutes les bronches qu’il
CîIAP. LX, RÉSULTATS DES EFFORTS. j6j
dilate souvent, contre les vaisseaux du poumon où le cours du sang se trouve gêne. Ainsi comprimées de toutes parts, les artères et les veines du poumon devenues moins accessibles donnent lieu à de nouveaux phénomènes. Commençons par les vaisseaux noirs qui comprennent la moitié du poumon , l’artère pulmonaire , les cavités droites du cœur, et toutes les veines , dont la première origine est dans le tissu même de chaque organe. Le sang reflue donc du poumon dans les cavités droites du cœur, et du cœur dans les deux veines -caves : de la veine-cave supérieure, ce reflux est transmis aux jugulaires, aux sinus de la dure-mère , au cerveau même et à la face : également pour l’azygos et les veines bronchiques, également pour les veines du cœur , pour celles des bras, et pour les divisions innombrables de la veine-cave inférieure.
Il peut donc résulter des efforts, i°. des ruptures du diaphragme, d’ou naît une double cause d’asphyxie; et cela d’autant plus facilement qu’un muscle ne se rompt jamais mieux que lors de sa parfaite inaction ; 2Q. des symptômes d’asthme causés ou par la dilatation des bronches, ou par l’emphysème des poumons, ou par l’inégale capacité des deux côtés du cœur ; 3°. l’extravasation de l’air sous la peau et partout ailleurs; 4°* Ie gonflement de la glande thyroïde par de l’air ou du
^)8 UV. V, DES mouvemens de l’homme.
sanS ? îe gonflement de la rate et des douleurs de eoté; 5°. des ruptures du tissu pulmonaire, l’ouverture de vomiques, de cavernes tuberculeuses, des pneumo-thorax , etc. } 6°. les mouvemens du cerveau et de la moelle epinière^ mouvemens va-
i labiés, suivant que la dure— merea été enlevée ou conservée ( Voy„ Mém. cite )*, -j\ des hémorrhagies de tou tes sortes, la rougeur des tissus^ des étouruissemens , oes coups de sang, 1 apoplexie même, ia rupture du cœur, la* rupture des veines ou du canal thoracique, et cent autres effets nés du retardement ou du reflux du sang veineux dans toutes les parties du corps , 8°. îles hernies de toute espèce, le gonflement des testicules, la rupture de Festomac, surtout s’il est ulcéré,
1 avortement , etc. ] 90. enfin la mort volon-
taire , alors même qu'aucun de tous ces accidens n’aurait eu lieu, uniquement par le séjour prolongé du sang veineux dans les principaux organes. J ai dit ailleurs que les valvules mêmes ne s’opposent pas absolument aux effets du reflux du sang vers les organes \ non que îe sang rétrograde dans les veines au delà de ces soupapes membraneuses, ruais parce que la colonne de sang contenue au-dessous d’elles ne pouvant passer outre , séjourne immobile dans les veines, et les dilate. Ceci a lieu notamment pour îe cœur.