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CHAP. LX , RÉSULTATS DES EFFORTS

Mais nous n’avons parlé que des veines; les artères pourtant ressentent aussi bien qu’elles les effets de la compression vive des poumons. Les vaisseaux pulmonaires formant le commencement du système artériel comme la fin du système veineux, la compression en doit rejaillir sur le sang rouge comme sur le noir : cela est nécessaire. Mais par la raison même que le poumon ne peut plus recevoir de sang veineux , bien* tôt, si l’effort est continué, le sang artériel n'arrivera plus qu’en petite quantité dans les cavités gauches et dans les artères : c’est en effet ce qu’on observe. Dans les cris, dans la toux, dans le rire et dans le premier moment des efforts , le jet de sang est augmenté dans les artères; le pouls devient plus fréquent et plus fort : mais, si l’effort persévère, alors le pouls devient petit et bientôt irrégulier. Également, si une artère est ouverte, le sang artériel circule plus rapidement au moment de l’effort ; puis les jets de sang finissent par s’affaiblir si l’effort persiste beaucoup.

La preuve que la rapidité du sang artériel dépend directement de l'effort , c’est-à-dire de la compression des poumons , c’est que si on comprime l’artère du côté des vaisseaux capillaires, rien pour cela n’est changé dans l’effet observé.

On peut faire la meme expérience pour les veines : on n’a qu’à ouvrir une veine du bras après l’avoir laissée se distendre, on verra le jet de sang sensiblement augmenter dans le moment de l’effort, à l’instant des cris ou de la toux; et lors même que l’artère principale du membre serait en même-temps comprimée, le phénomène n’en aurait pas moins lieu. Le même effort exerce donc isolément son influence sur chacun de ces vaisseaux par les poumons : mais ces deux effets se rencontrent et se compliquent dans les vaisseaux capillaires, intermédiaires aux veines et aux artères; tous les deux concourent à la coloration et à la turgescence des tissus; et cela même en accroît le danger.

Il n’y a pas jusqu’à la respiration ordinaire qui n’ait de l’influence sur le cours du sang; on en voit les effets surtout chez les vieillards : l’inspiration agrandit le champ de la circulation pulmonaire ; c’est en quelque sorte une diastole passive. L’expiration, au contraire, a pour effet de resserrer ces vaisseaux, pour effet de faire stationner le sang veineux; c’est une espèce de systole. Ainsi les deux temps de la respiration sont les auxiliaires des mouvemens du cœur : l’inspiration prépare l’action du ventricule droit, et l’expiration favorise la circulation artérielle.

Haller , Godwinn et Bichat avaient ignoré

CHAP. LXÏ, CONSÉQUENCES DES PRÉCÉDÉ NS. TT l 9 * J

cette influence des efforts et de la respiration sur le cours du sang; mais depuis la publication de nies expériences la plupart des physiologistes ont exposé judicieusement ces différens phénomènes dans leurs ouvrages*

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