‹ Principes de physiologie médicaleChapitre 112 sur 163 · CHAPITRE LX1L · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX1L

Peut-on se donner volontairement la mort par la seule action dés

organes ?

J ai rapporté plus haut (chap. XXIV) des expériences propres à prouver que la mort par une simple asphyxie volontaire est une chose impraticable. Voici d’autres expériences que j’ai faites dans le même temps et consignées en même lieu , pour m’assurer de quelle autre manière ce genre de mort serait possible.

a J’ai fait une grande inspiration, fermé

exactement la glotte , contracté les muscles abdominaux j en, un mot , j’ai exécuté ce que Ion

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nomme un effort , et je l’ai porte peu- à- peu et dans l’espace cle quelques secondes à un très-haut de gré. J’évitais avec soin des contractions par saccades , qui auraient pu déterminer des accidens J’avais placé près de moi un de mes amis qui m’observait attentivement t et qui devait m’arrêter quand il le jugerait nécessaire. Au bout de six secondes la face était rouge et gonflée. A douze secondes , j’ai éprouvé de légers étourdissemens ; à quinze , les étourdissemens ont augmenté : la face était violacée, je ne voyais plus les objets qu’entourés d’un léger nuage ; je il entendais que confusément les paroles qui m’étaient adressées. On m’a comprimé fortement la peau pour me faire discontinuer : et je sentais à peine la douleur. J’allais perdre entièrement connaissance, lorsqu’enfin je me suis arrêté.»

«Qu’arriverait-il donc, ajoutais-je, sil’efïorfc était porté à un plus haut degré chez une personne robuste? Ne parviendrait-on pas de la sorte à déterminer la mort , et n’est-ce pas ainsi qu’on a pu dans quelques cas se la donner volontairement? Ce genre d’effort n’aurait-il pas pour résultat final de paralyser les principaux organes , en faisant stationner démesurément le sang veineux dans leur intérieur? ne mettrait-il pas obstacle à ces actions importantes, à ces influences indispensables qu’ils exercent les uns sur

CHAÎ*. LXlI, MORT VOLONTAIRE. 777

les autres , et d’ou resuite la vie \ Enfin , ne sei aitce pas à-la-fois par apoplexie , par asphyxie et par syncope , que ce genre de mort serait pioduit ? Il est à regretter que cette expérience ne soit pas ou nombre de celles qu’il est permis d’achever, de celles qu’on peut repeter un grand nombre de fois en les modifiant de plusieurs manières. Mais voici un fait tire de 1 Histoire romaine , qui équivaut à une de ces expériences regrettables..... * >

« Au commencement de l’administration des » triumvirs , il parut un grand nombre de pro*- » diges que l’on regarda comme des signes cer- » tains de malheurs publics. Le sénat, effrayé » de ces prodiges , eut recours aux aruspices de » EÉtrurie, qui passaient pour être les plus » versés dans l’art de prédire l’avenir. Celui de ï) ces devins qui avait la prééminence déclara « qu’enfin les temps fixés par les dieux étaient « arrivés : Les Romains, s’écria-t-il, seront » forcés d’obéir aux volontés d’un maître ab~ » solu. Moi seul , ajouta-t-il , je saurai me ga~

» rantir de la servitude En même temps,

» il retint son haleine avec tant d’obstination , » qu’il mourut sur-le-champ. »

C’est aussi de cette sorte , nous apprend l’histoire , que les philosophes Diogène et Zénon mirent fin à leur existence.

7?'1' UV. V, DES MOUVEMEWS DE l/ltOSME.

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