CHAP. IV, RECHERCHES A FAIRE* 82J
mais il s agissait là d’une hypothèse de cabinet faite en hiver; et comment verrait-on des faits patents qui affligent une hypothèse?
Il faudrait s’assurer comment la contraction musculaire influence localement la circulation du sang dans les veines et dans les artères , et quel est l’emploi des nerfs dont ces derniers vaisseau* sont entoures. Je dis qu’il faudrait le voir et non pas l’exprimer seulement d’après des suppositions. Il faudrait rechercher l’influence des alimens végétaux ou animaux et des médicamens sur les qualités du sang, et ne pas se borner à savoir par où s’introduisent ces substances. On devrait étudier en quoi diffère le sang des menstrues, le sang de la chlorose, de l’ictère, de la fièvre jaune, le sang des agonisans, le sang des nègres et celui des animaux les plus rapprochés de notre espèce. On ne sait pas en quoi le sang de la veine porte diffère du sang des autres veines , et c’est même très- imparfaitement qu’on distingue le sang artériel du sang veineux. Tant que ces différentes données manqueront a la science, on ne pourra rien dire sur la théorie des sécrétions §ans s exposer a un prompt repentir. Mais le jour où l’on convient franchement de ce qu’on ignore est bien près du jour ou Ion s’instruit : c’est à ce point que la physiologie est maintenant arrivée; elle
possédé déjà trop de choses certaines pour y vouloir amalgamer des erreurs.
Le sang ordinaire ne laisse voir mêle à lui ni lait, ni bile, ni chyle, ni alimens , ni médicamens : il est comme le fleuve d’oubli dont les poetes ont parle : tout s’y perd ou s’y changée Lest là que s’opèrent les me'tamorphoses de la vie, et là pareillement que se sont réfugies avec secunte ,, comme dans le lieu le plus obscur, la plupart des systèmes. On a prétendu, dans ces dernières années, que le sang se prenait en masse dans les vaisseaux même pendant la vie : je sais bien que cela arrive dans les anévrysmes des artei es et dans les varices des veines } mais toutes les autres concrétions ne paraissent être qu’un effet purement cadavérique : la vie ne semble pas compatible avec ces concrétions solides dont on trouve quelquefois le cœur et certaines grosses artères remplis ; tout au plus pourraient-elles se former dans l’agonie. Cependant on a été jusqu’à prétendre que ces masses sanguines étaient vivantes comme les organes mêmes , qu’elles s’enflammaient, qu’elles suppuraient : on a dit plus , on a avance qu’elles pouvaient contracter des adhérences vitales , devenir le siège de cancers; et l’on a décrit les caractères et jusqu’aux symptômes de ces altérations singulières. J’avoue