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CHAPITRE VII

De la Digestion et de ses Phénomènes.

Nous avons étudié précédemment les mouvemens du tube digestif et le cours des matières alimentaires, nous allons rechercher maintenant quelles altérations subissent les alimens dont nous nous nourrissons^ et quels phénomènes en résultent.

Une fois désirés, saisis , apprécies , les alimens sont divisés par les dents , malaxés et triturés par la langue, imprégnés de salive, de mucus, d air et de chaleur, goûtés par le palais, et déglutis par une suite d’actions fort compliquées de la langue, du voile palatin , mais surtout du pharynx. Quant aux fluides dont ils sont imprégnés , ils sont nombreux et de sources variées; je veux parler, i°. de la salive; 20. des mucosités des différens compai timens du tube digestif ; 3°. des sucs acides dont l’estomac est enduit et comme baigné à l’intérieur ; 4°. de la bile; 5°. du fluide pancréatique, ou salive abdominale. La plupart de ces liquides réunis et mêlés dans l’estomac , lorsqu’il est vide , forment ce qu’on nomme suc gastrique, dont la quantité est quelquefois énorme.

Ainsi l’altération digestive des alimens est réellement commencée dès la bouche , par les altérations et les imprégnations qu’ils y subissent; mais la véritable digestion s’opère dans l’estomac et l’intestin grêle.

Dans l’estomac, les alimens accumulés et imbibés de sucs abondans, soumis à la chaleur du corps qui les pénètre et les gonfle , ballotés sans cesse par l’action alternative du diaphragme et des muscles abdominaux , doucement pressées en tous sens par l’estomac lui-même, les embras*

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sant tle toutes parts } sous ces influences les ali— mens se ramollissent, prennent une odeur acide, deviennent grisâtres et pulpeux, et il en résulte enfin une masse homogène ou à-peu-près homogène, qu’on nomme chyme . Mais ces changemens ne sont ni subits ni simultanés dans toute la masse alimentaire : cette première altération ne s’opère nulle part aussi vite ni aussi bien que dans ceux des alimens qui avoisinent le pylore ou qui touchent immédiatement à la surface de l’estomac.

Réaumur et Spallanzani ont prouvé par des expériences directes que la chymification est due principalement au contact des alimens avec les sucs de l’estomac et à l’influence de la chaleur vitale : ils ont nçiême été jusqu’à opérer une sorte de digestion artificielle eu mêlant des alimens à des sucs extraits de Festoma<c et en les soumettant en outre durant quelques heures à une chaleui {•gale à celle du corps, c’est-à-dire d’environ 32° R. ( i). Feu M. de Montègre , qui possédait la faculté de vomir à volonté, a aussi fait à ce sujet des expériences fort curieuses. Toujours est-il que placés ailleurs que dans l’estomac, les ali—

(1) Spallanzani a vu la digestion s’ébaucher en des alimens imprégnés de salive et placés sous l’aisselle, celle des parties extérieures du corps où la chaleur se maintient le plug également.

mens ne s altèrent ni aussi promptement ni aussi complètement, mais cependant ils s’altèrent. On en voit un exemple dans ces topiques farineux , appliques sur la peau sèche ou moite, lesquels unissent bientôt par s’aigrir comme le chyme , et tout autrement qu’à une chaleur artificielle cl un meme degré et de pareille durée ; on en voit aussi la preuve dans ces bribes d’alimens qui s’arrêtent quelquefois dans les sinuosités des amygdales long-temps enflammées : les alimens, dans ces derniers cas , s’altèrent quasi comme dans l’estomac.

Mais ce n’est pas tout : le chyme , au fur et à mesure qu’il se fait, franchit le pylore; et ce n’est qif après son mélange à la bile, dans le duodénum, que la partie nutritive, ou le chyle , s’en sépare. Ce chyle , véritable extrait des alimens, et dont les qualités ^ assez ressemblantes à celles du lait, diffèrent un peu selon l’espèce de nourriture d’oii il provient, est retardé dans son cours par les innombrables valvules dont l’intestin grêle est garni à son intérieur; et cela même donne aux vaisseaux absorbans le loisir de s’en emparer. Aussi, quand les alimens sortent de l’intestin grêle, ne contiennent-ils plus ordinairement presque rien de chyleux; c’est ensuite dans les gros intestins que leur résidu s’endurcit et se moule , et c est le rectum , aidé par les

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