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CHAP. VIII, PRINCIPES DIÉTÉTIQUES

lange aux médicamens en affaiblirait les effets^

Tout ce qui fait palpiter le cœur calme actuellement la faim : le vin , le cale , les alcooliques, les différens excitans , la lièvre, les passions diverses, les grands exercices même, tant qu’ils ne sont pas interrompus. La vélocité du sang obvie à son appauvrissement : l’essentiel pour les organes , c’est qu’un sang abondant les abreuve et les excite.

L assoupissement, ou la vive excitation du cerveau, produit des effets pareils sur la faim : ainsi , le sommeil la calme comme la méditation , le tabac aussi bien que l’opium. L’opium produit d’autant mieux cet effet que non seulement il empêche la perception des besoins, mais aussi parce qu’il produit l’immobilité et qu’il ralentit directement la plupart des sécrétions et des excrétions : il resserre tous les canaux ou du moins il les rend inertes : il produit la constipation.

Il est remarquable que chaque espèce de maladie aiguë porte avec elle une cause qui préserve salutairement de la faim : la douleur et la fièvre dans les inflammations, la faiblesse entraînant le repos forcé dans les affections pectorales , l’assoupissement ou le délire dans les maladies du cerveau, les nausées dans les maladies de l’estomac, etc. Le séjour au lit suffirait seul pour masquer le besoin de manger:, mais 1 exercice

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l’excite toujours. On peut, on doit permettre des alimens aux malades avant qu’ils puissent se lever *, mais il est de précepte de retenir soigneusement au lit les malades qu’on soumet à une diète rigoureuse. Leur permettre de se lever, c’est leur permettre de manger ; ils peuvent manger au lit, mais non jeûner levés.

Rien ne produit une faiblesse plus grande et plus rapide que l’inanition dans un corps sain et agissant (1). La mort par famine est d’autant plus prompte que l’homme est plus voisin de l’enfance , plus actif et plus maigre.

La soif cause des tourmens peut-être plus vifs que la faim : souvent d’ailleurs la soif provient du besoin d’alimens. Dans les maladies , par exemple , il y a d abord la soif de la fièvre , puis la soif de l’inanition : c’est même chose dans les famines (2). Dans les conjonctures ordinaires, on

(1) Pour prouver îa force surhumaine d’Achille, Homère lui fait refuser toutes sortes d’alimens tant que Patrocle n’est pas vengé... Il y a des préjugés irrésistibles dans tous les siècles : nous avons vu dernièrement l’illustre M. Peel compromettre sa réputation d’orateur dans la chambre basse , en refusant de répondre a M. Brougham avant d’être allé restaurer ses forces épuisées. On aimerait à oublier la dépendance où est le génie à l’égard des vils besoins de l’existence.

(2) On trouve des exemples des tourmens atroces causés par la soif dans le journal de Viterbi, dans les Voyages de Pirard , et surtout dans l’excellent ouvrage de M. Pouqueville ( article

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calme la soif par des alimens et la faim par des boissons. Ces deux sensations ne sont souvent que l’expression du même besoin.

Ainsi l’inanition et la fièvre produisent la soif aussi bien que les grandes sueurs et les hydropisies. En général, tout ce qui prive le sang de ses parties aqueuses, tout ce qui donne plus de vélocité à son cours produit le même effet. Les moyens qui calment le plus sûrement la soif sont toutes les choses irritantes qui font affluer les sucs à la surface de l’estomac et de tout le conduit digestif. Voilà pourquoi les anciens peuples du midi , avant la découverte de l’alcool , faisaient un grand usage des alliacés, aujourd’hui même fort usités encore dans les bas rangs des nations méridionales. On s’étonne quelquefois de voir employer les épices, les toniques, les liqueurs alcooliques par ceux-là précisément qui sont déjà trop excités et que la chaleur oppresse : c’est qu’en effet, hors les cas d’inflammation^ rien ne rafraîchit la peau , rien ne diminue les sueurs comme les excitans mis en contact avec l’estomac. De là résulte une diversion assurément fort étonnante, mais pourtant certaine et efficace. En vain les philosophes se plaindront de

Souliotes.) C’est toujours la soif qui domine dans les grandes famines ; le besoin de manger disparaît bientôt.

cette coutume, en vain M. Hufeland retracera avec éloquence les effets désastreux des alcooliques sur les peuples du Sud ( i ) , la voix de la nature est plus persuasive que les accens du génie, et les habitudes qu elle a données sont indestructibles comme elle.

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