CHAPITRE XVI
Plusieurs organes concourant à produire la chaleur , on peut pratiquer plusieurs voies pour l’influencer.
La chaleur vitale n’est pas l’ouvrage d’un seul organe j elle resuite de l’action concordante et mutuellement subordonnée de plusieurs. Rien d’isolé , rien de partiel ne se fait dans le corps humain } rien n’y procédé d’une action isolée et
(1) Traité de Physique , par C. Despretz, professeur de physique au college royal d’Henri IV. 2e. édit. ( 1827. )
(jo8 LIV . Vil, DU SANG ET DE SES PRODUITS.
absolument indépendante. Le plus simple phéno» mène , le produit le moins important a des causes complexes, des instrumens multiples et de toutes parts enchaînés. Comme le sang, comme les forces et comme la vie même, la chaleur vitale provient d’un ensemble d’actions. Il suffirait, en conséquenee , d’un désaccord entre les organes essentiels à la vie pour diminuer la formation de la chaleur, et ce qui altère le sang nuirait également à son émission. Car si le sang a besoin d’organes sains pour être parfait, à leur tour les organes ont besoin d’un sang parfait pour agir : que les obstacles procèdent des organes ou qu’ils procèdent du sang, la chaleur vitale en ressentira toujours le contre-coup comme les autres phénomènes de la vie.
Il suit de là qu’il y a plusieurs voies pour affaiblir ou pour exciter la chaleur : qu’on agisse sur le cerveau, qu’on agisse sur le cœur ou sur l’estomac, les résultats seront toujours les mêmes. Tout ce qui accélère les mouvemens du cœur et du diaphragme , tout ce qui stimule la pensée, tout ce qui excite l’estomac, a pour effet d’augmenter la chaleur; les alcooliques , le café, les grands mouvemens, les passions et la digestion, sous ce rapport , ont des résultats analogues. L’état de fièvre , qui if est que l’état d’excitation de tous ces organes ensemble, produit une cha»
CHAP. XVII, CHALEUR MODIFIÉE. VOIES DIVERSES, g OC)
leur excessive et d’autant plus importune que la faiblesse est déjà plus grande.
Pour diminuer la chaleur, les moyens sont différens , mais les voies sont semblables. Soit qu’on ralentisse les mouvemens du cœur par les acides ou par de la digitale, soit qu’on affaiblisse tous les organes à-la-fois par la diète ou les saignées, toujours memes effets en résultent.
Remarquez que c’est de ce concours même des principaux organes pour la production de chaque phénomène, que vient la difficulté d’apprécier isolément quelle part y prend chacun de ces organes.
Comme nous ne pouvons exécuter aucun grand mouvement qui n’ait pour effet d’agiter Je cœur, comme le cœur ne peut accroître ses pulsations sans accélérer au même degré les contractions du diaphragme et sans imprégner le cerveau et tous les organes d’un sang plus abondant et plus rapide, de là résulte la difficulté d’assigner dans quelle proportion chaque organe a concouru à 1 accroissement alors si manifeste de la chaleur.
Ce que je viens de dire de la chaleur, j’en dis autant de la fièvre.