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CHAPITRE XII

Mouvemens de l’Utéras.

11 ne paraît pas que la matrice ait des mouvemens appréciables avant la puberté; et même

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ceux que détermine le rapprochement des sexes ne sont jamais bien sensibles , quoiqu’on les ait donnés comme un signe infaillible de la conception.

Les seuls mouvemens très-manifestes de la matrice ont lieu dans l’accouchement , et dans tous les cas oii cet organe expulse de sa cavité les corps solides ou fluides dont l’accroissement ou l’accumulation l’avait distendu. Dans cet état de dilatation , les fibres musculeuses de l’utérus deviennent parfaitement visibles. Elles sont de deux ordres : celles du col, circulaires, ferment la cavité utérine ; celles du corps de l’organe, dont les extrémités s’attachent aux circulaires , contournent le globe utérin. Quand ces fibres elliptiques se contractent, les circulaires par -là sont distendues , le col ouvert, et la cavité utérine rétrécie. C’est par ce mécanisme que la matrice concourt à l’expulsion du fœtus et du placenta.

On a mille preuves de la contraction de l’utérus : on le sent se durcir en globe pendant l’accouchement. La main de l’accoucheur est pressée par les parois utérines *, et après l’accouchement, un petit caillot s’échappe à presque toutes les tranchées. Tout cela est irrécusable. D’ailleurs le placenta ne peut devoir son expulsion qu’à l’action propre de la matrice : une cavité con-

tractile rejette hors d’elle tout ce qui reste étran-* ger à sa contraction. Mais il y a plus : la seule action de l’utérus suffit même pour opérer la délivrance entière. On a vu l’accouchement s’opérer dans la syncope, dans l’assoupissement et le coma , et même chez des femmes qui venaient de rendre le dernier soupir *, dans ce moment où, les muscles volontaires ne jouissant plus d’aucune action , les muscles involontaires se convulsionnent. On cite aussi des cas où la matrice sortie du bassin a suffi seule à l’expulsion du produit accru de la conception (Chopart).

Nous devons dire cependant que dans les cas ordinaires la matrice est puissamment secondée par les muscles volontaires. La puissance de ces derniers est même quelquefois si grande , qu’on a vu la matrice être expulsée du ventre avec le fœtus. J’ajoute que son action isolée peut difficilement suffire à l’accouchement complet*, et que dans le cas que j’ai cité plus haut d’une matrice qui se libéra seule , quoique sortie du ventre, on fut obligé d’aider son action en incisant les côtés de son col.

Dès que la matrice est vide, elle se rétracte jusqu’au point d’effacer sa cavité ; et les fibres circulaires du col, reprenant leur force première, tiennent de nouveau le col fermé. C’est toujours le même phénomène do rétraction. Les fibres

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elliptiques de l’utérus n’ayant toutes qu’un même centre d’attache , c’est vers ce centre quelles se rétractent. Ce phénomène, qui paraît l’opposé de celui de l’iris, résulte pourtant de la même loi. Si la pupille se dilate par la rétraction des grandes fibres de l’iris , c’est parce que ces fibres ont leur attache immobile à la sclérotique.

Nous avons vu qu’il existe des substances qui ont la propriété d’augmenter la rétraction des fibres de l’iris; il y a de pareilles substances pour la matrice. La même belladone qui produit la dilatation de la pupille, produit le même effet sur l’utérus. Mais le seigle ergoté et plusieurs autres substances paraissent avoir un effet plus marqué sur cette rétraction. Ces remèdes , en faisant rétracter les fibres elliptiques de la matrice, élargissent le col utérin si la matrice est dilatée , et le rétrécissent , au contraire, si la matrice est vide. Ces moyens favorisent donc l’accouchement à terme, et déterminent hors de là une expulsion prématurée. Nous verrons quelles autres influences aident la matrice à se rétracter.

Nous devons dire quelques mots ici des mouvemens du foetus dans la matrice. D’abord, comme corps solide entouré d’eau, le fœtus reçoit des secousses , il a des mouvemens communiqués par

Si 4 LIY. V , DES MOUVEMËNS DK l’hoMME.

les commotions de tout le corps , par les ébrailiemens de la matrice, ou par le seul pouvoir de la gravitation. Il se dirige toujours vers les endroits les plus déclives , et ses parties les plus lourdes sont toujours dans le sens où agit la pesanteur. Tous ces mouvemens passifs constituent ce rpie l’on nomme des ballottemens ; et quant à ce qu’on dit des mouvemens de bascule qu’éprouve le fœtus à un certain âge , cela est purement illusoire.

Mais indépendamment de ces ballottemens communiqués , le fœtus a des mouvemens spontanés, des mouvemens à lui. Il éprouve, cela paraît certain , des soubresauts et des convulsions dans tout son corps. Les dires des mères sont à ce sujet presque unanimes : et ces convulsions se remarquent surtout lorsque les organes intérieurs sont agités, durant le trouble des fonctions et les vives passions de l ame. Dans tous ces cas, le fœtus partage l’état et les affections des organes de la mère, comme l’utérus même. On conçoit que ces mouvemens convulsifs du fœtus concourent à exciter les contractions de la matrice , agitée comme lui et par les mêmes causes \ mais il est déraisonnable de penser que le fœtus ait une part active à l’accouchement ordinaire.

11 y aurait à chercher d’oîi peut venir la posi-

CÏÏAE. XIII, mouveMens de la vessie. 5i5

lion si constante du fœtus dans la matrice lors de l'accouchement ; mais cela nous éloignerait trop de notre objet.

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