CHAPITRE XXV
Cours du Chyle et de la Lymphe.
On ne connaît pas bien le cours du chyle et ue la lymphe , on sait seulement que ces humeurs en ont un : on en sait les voies, sans en savoir les moyens. On pourrait prétendre que le cœur etend son impulsion jusqu’aux vaisseaux lym-
(1) Ce fut M. Piédagniel qui ouvrit le cadavre sur lequel je fis eette observation. Il doit en avoir les détails.
LlV. V, DES MOUVEMENS DE L HOMME,
plia tiques \ mais pour le chyle, cette prétention serait dénuée de tout fondement : car le chyle a sa source dans les intestins, et de là jusqu’à la veine sous-clavière ( ou le verse le canal thoracique ) , ce fluide ne reçoit d’impulsion d’aucun moteur. C’est donc Faction propre de ses vaisseaux qui le fait cheminer.
J’ai dit qu’on ne connaissait pas bien la rapidité du chyle ni l’action de ses vaisseaux. Toutefois, on sait que le conduit thoracique exerce, quoique non musculeux , une grande compression sur le fluide qui le remplit. On a percé ce canal entre deux ligatures, et l’on a vu en sortir un jet rapide.
On conçoit que les compressions exercées sur ce canal fassent languir le cours des fluides qu’il porte : or, les anévrysmes de l’aorte, les corps étrangers de l’oesophage et diverses tumeurs , peuvent amener cet effet. On conçoit aussi que, long-temps persévérante, la compression du conduit thoracique puisse donner lieu à des hydropisies , à la faim, à l’amaigrissement. Il est sûr aussi que tout ce qui retarde le cours du sang veineux, les efforts, la toux , les lésions du cœur, les épanchemens de poitrine et les engorgemens du poumon , doivent pareillement entraver le cours du chyle et des fluides mêlés au chyle.
Réellement , on admire les ressources de la
tlîXlP. XXïY , COURS DU CIIYLE ET DE LA LYMPHE. 5*;Q
11 attire , lorsqu’on envisage la complication et k rapidité de ses actes par des voies aussi tortueuses que celles qu’elle pratique. Par exemple, un faible bol de térébenthine est-il porté dans 1 estomac , au bout de quelques dix minutes les urines en garderont l’odeur $ et pourtant, pour aller de 1 estomac jusqu a la vessie, il a fallu au médical ment subir 1 action de 1 estomac et peut-être aussi Faction des intestins ; il a du être absorbé par les veines ou les vaisseaux chylifères, n’importe : il a du aller, par le conduit thoracique, ou au moins par le dédale de la veine-porte (et peut-être par les deux routes a-la-fois ) , se rnêîer au sang dont les veines-caves sont gonflées ; passer de l’oreillette droite du cœur dans le ventricule droit, et de ce ventricule droit (par l’artère pulmonaire) dans le poumon ; du poumon , par une longue filière de vaisseaux divisés jusqu’à l’infini, dans les cavités gauches du cœur, dans l’aorte, dans les artères rénales, dans les reins eux-mêmes, dans ieuis calices , leurs bassinets et leurs uretères ^ et des uretères enfin dans la vessie , qui l’expulse. Et, cependant, tout cela se fait avec de grandes modifications vitales que la grossièreté de nos sens ne peut voir , et en beaucoup moins de temps que nous n’en mettons à le dire.
5So I.IV. \ , DES MOEVEMENS DE I, 'Il O MME.