CH AP. XXIX , PRÉLIM. SUR LA RESPIRATION. 6 I
importance aux riens dont on fait l’histoire. Cette position n’est point la nôtre. Nous donnons les choses pour ce qu’elles valent à nos propres yeux *, nous les présentons dans l’ordre où ellesmêmes s’offrent à nous *, nous ne les préconisons qu’à proportion de leur utilité et de leur certitude : et si nous attachons à la respiration une importance extrême y c’est uniquement parce qu’elle le mérite.
Si donc nous envisageons la respiration sans système préconçu , sans opinion faite d’avance ou reçue de maîtres respectés, voici d’abord ce qui nous frappe en ne faisant usage que de nos yeux et du sens commun. Nous voyons la poitrine s’élever et se déprimer alternativement environ de quinze à vingt fois par minute, et nous sentons qu’un courant d’air y pénètre quand elle se dilate, en est expulsé quand elle se rétrécit. Ces mouvemens alternatifs , nous les voyons varier pour l’étendue et la fréquence, selon différentes circonstances de la vie } mais nous ne les voyons point formellement s’interrompre depuis l’épocjue de la naissance jusqu’à la mort. La vie de l’homme , après qu’il est détaché de sa mère ,
n’est pour ainsi dire qu’une respiration : l’exis*
tence débute par une Inspiration , et c’est une Expiration qui la termine. Cette chose est même si évidente pour tous, que le commun langage
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des peuples l’a consacre dès les temps les plus anciens. Vie et Pœspiration sont deux mots équivalens dans tous les idiomes , et Eæpirer est synonyme de Mourir .
En pénétrant plus avant dans le mécanisme et les instrumens de cette fonction si belle , voici ce que nous y découvrons.
D’abord , une enceinte solide , composée de trente-sept os mobiles en masse et mus par des muscles nombreux, et tapissée à son intérieur par une membrane séreuse,, nommée plèvre. Puis deux poumons , occupant de la cavité précédente tout ce que le cœur laisse de libre; organes spongieux, revêtus par la plèvre comme la cavité l’est ellemême, et communiquant avec le cœur par de trèsgros vaisseaux artériels et veineux , et avec l’air extérieur par le larynx. Puis le diaphragme , qui, séparant le ventre d’avec la poitrine, remplit les poumons d’air à chacune de ses contractions, de même que le ventricule droit du cœur les remplit de sang à chacune de ses systoles. Enfin la glotte , ouverture élargie pendant l’inspiration , et rétrécie pendant l’expiration, et dont l’entière fermeture met empêchement à la sortie de l’air renfermé dans les poumons. Tels sont, avec les muscles expirateurs et tout le conduit aérien, les principaux instrumens de la fonction qui va nous occuper.