CHAPITRE XXX
Mouveiuens du Diaphragme et des Muscles abdominaux.
Les fibres musculeuses du diaphragme sont tellement disposées , qu’elles ne peuvent se contracter sans élargir la poitrine et sans faire en même temps proéminer l’abdomen. La poitrine étant agrandie par l’abaissement du diaphragme et par l’écartement des cotes (mues par les intercostaux ) , il faut qu’un des organes renfermés dans cette cavité aille remplir ce nouvel espace : or, la structure toute poreuse du poumon le rend tout-à-fait propre à cette expansion soudaine. Mais une fois que lui-même est dilaté , il faut bien que des substances nouvelles viennent occuper son tissu, ses cellules, ses vaisseaux, devenus plus accessibles : il faut bien que de nouveaux fluides le pénètrent. Or, le poumon se trouvant en communication par la glotte avec l’air extérieur, et par l’artère pulmonaire avec le cœur , la contraction du diaphragme a pour effet d’y faire affluer de l’air et du sang , et cela même se nomme inspiration.
Les muscles abdominaux ont un effet tout contraire: s’ils se contractent, les organes renfermés
't)22 LÏV. V, DES MOUVEMENS DE L HOMME i
dans le ventre sont pousses vers le diaphragme , les cotes en même temps sont abaissées et la poitrine rétrécie*: ils expriment donc du poumon l’air et le sang qu’y a introduits Faction du diaphragme ; ils produisent Y expiration. Mais cet effet ne résulte pas absolument de leur action. Je suppose qu’il y ait obstacle à l’évacuation de l’air, il est clair que la poitrine et que les poumons distendus conserveront leur volume , il est clair que l’action des muscles abdominaux aura tout au plus pour effet doter tout nouvel accès au sang veineux et d’entraver par là la circulation sanguine. Mais il est également évident que les poumons ne cédant plus, il faut que ce soient les côtes, la poitrine et le tronc en masse qui cèdent. Ainsi les muscles abdominaux sont propres à déterminer ces deux effets , les mouvemens clü tronc et 1 expiration ; et jamais mieux ni davantage l’un de ces effets, que quand l’autre devient impossible. Ceci a de nombreuses conséquences, dont nous parlerons plus loin.
Cependant , dans les cas ordinaires , il n’est pas besoin de l’action des muscles du ventre pour amener l’expiration. 11 suffit, pour cela, du simple relâchement du diaphragme et de l’élasticité des cartilages des côtes pour rendre aux poumons leur premier état et à la poitrine son premier Volume. Mais cette action des muscles abdomi*»