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CHAP. XLI , SUITE DE LA VOIX

Par conséquent tout ce qui agit sur les nerfs ou sur les vaisseaux sanguins , par conséquent tout ce qui compromet les fonctions du cœur , des poumons, du cerveau ou de l’estomac, tout ce qui atteint la moelle de l’épine , toutes ces choses peuvent affaiblir ou abolir la voix.

Je suppose une lésion grave, une maladie profonde du cerveau : sans parler de la volonté, qui pourra être entravée, vous voyez quels autres obstacles résulteront de là pour la voix. Les muscles du larynx , les muscles expirateurs , le diaphragme , tous seront affaiblis. Si c’est le haut de la moelle épinière qui est malade, on voP juels effets en ressent le diaphragme. Si c’est plus bas que la moelle est lésée, le diaphragme et la glotte n’en éprouveront rien de direct ; mais les muscles expirateurs seront affectés. Le cœur, compris lui-même dans ces rejaillissemens d’influences, réagira sur la voix, et directement par le sang qu’il doit aux muscles qui la produisent, et indirectement par le cerveau, par la moelle épinière et par les nerfs.

11 est évident que ce que je viens de dire du cerveau et du cœur est également vrai des poumons et de l’estomac altérés eux-mêmes, ou lésés média tement par les nerfs pneumo-gas triques. Mais parlons des influences plus immédiates et plus locales.

La lésion des nerfs du larynx altère ou détruit la voix , principalement si ce sont les inférieurs ou récurrens. C’est meme à l’influence toutepuissante de ces derniers nerfs sur la voix qu’est due cette espèce d’aphonie qui dénote souvent les anévrysmes de l’aorte. Les cavernes tuberculeuses des poumons , une fistule béante au-dessous de la glotte , produisent aussi la perte de la voix. On s’est assuré que la section des nerfs laryngés récurrens, ou la section du pneumogastrique entre les laryngés supérieurs et les inférieurs, est plus dangereuse que la section totale du pneumo-gastrique au haut du cou. Presque toujours on a vu les individus ainsi blessés périr par asphyxie , et 1 on a trouvé la raison de ce fait dans la distribution même de ces nerfs. Les laryngés supérieurs n’allant guère qu’aux muscles qui ferment la glotte, et les inférieurs qu a ceux qui la dilatent^ ceux-ci ne sont pas sitôt coupés que les muscles constricteurs de la glotte n’ayant plus d’antagonistes, agissent et se retractent sans opposition , et de là provient la suffocation observée dans cette conjoncture. Voilà précisément de quelle manière l’anévrysme de la crosse de l’aorte agit sur la voix : le récurrent gauche (qui contourne cette artère) se trouvant tiraillé et distendu par l’anévrysme, la voix d’abord en est altérée, et quelquefois même la

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