CHAPITRE XLI
Continuation du même sujet. Conditions et variations de la voix.
Nous venons de dire en quel lieu du corps et par quelles actions d’organes se produit la voix : mais nous n’avons rien dit de ses conditions préalables ou accessoires.
Puisque la voix est une vibration de l’air, il faut pour qu’elle se produise que la respiration soit sans obstacles : il faut que les poumons soient
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perméables à l’air, que le diaphragme contracté les en remplisse , et que les muscles abdominaux l’en expulsent. Il faut que cesdifférens muscles ainsi que ceux du larynx reçoivent , et du sang renouvelé , et des nerfs non interrompus en aucun lieu ni blesses par rien : il faut de plus que l’air exprimé des poumons ne trouve à s’échapper par nulle part ailleurs que par la glotte contractée. Il faut que les vaisseaux aériens n’éprouvent au-dessous de la glotte ni dilatation ni rétrécissement : ces dernières circonstances amortiraient l’impulsion de l’air là où il doit vibrer *, elles empêcheraient la voix , à«peu-près comme la voix empêche l’action de siffle^, Je passe sous silence les autres conditions de la voix : celles-ci suffisent pour avoir le secret des principales différences et altérations qu’elle peut offrir.
Si l’on se rappelle bien les principes sur lesquels repose la science de la vie , on peut pressentir par le simple énoncé qui précède à quelles causes peut tenir la force, la faiblesse variables de la voix ou son abolition complète. Il est clair que le volume des sons produits dépend des muscles qui attirent l’air vers les poumons, de ceux qui l’en chassent, de ceux de la glotte qui le font vibrer, et du volume des poumons eux-mêmes. 11 est également visible que tout ce qui agira sur ces muscles rejaillira en dernier lieu sur la voix.