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clés lèvres, et les aphthes de la bouche, donnent à la parole le caractère qu’elle prend d’ordinaire chez les vieillards , à cet âge ou toutes les lettres un peu criardes ne peuvent plus se faire jour à travers des organes altérés ou engourdis.
Parlons maintenant des principales circonstances qui influent sur la voix. Commençons par
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âge.
« L’enfant crie aussitôt qu’il respire : ce n’est encore là que le simple jeu de la voix. Plus tard, lorsque ses sens sont en action et sa faible intelligence déjà agissante, il écoute les paroles qu’on lui adresse ; il s’essaye d’abord à les répéter avec sa mère, et ce n’est qu’après des tatou nemens infinis qu’il associe enfin ses premières idées à ces premiers mots imparfaits qu’il répète. Peu-à-peu ses idées s’assemblent et se multiplient, meme avant qu’il ait assez de mots pour les dire. Ses sens ouverts à mille impressions diverses , lui donnent plus de pensées que sa langue, si imparfaite encore et si paresseuse , ne saurait en exprimer. Tout le travail est pour prononcer et dire : moins lui coûte de comprendre, d’agir et de vouloir. Aussi l’éducation de la parole est- elle la dernière à se perfectionner. La difficulté de parler, chez les enfans, est au reste un voile propice à la stérilité de leurs idées. Ils ne prononcent donc d’abord que certains mots ; et ceux où
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se trouvent des lettres nasales leur sont du pîu& facile usage. Cela vient de ce qu’ils n’ont pas encore assez de force et d’expérience pour relever le voile du palais. Le mot maman , par exemple, a l’avantage de réunir de simples voyelles à des consonnes purement nasales qui n’exigent pas l’élévation de ce voile charnu. Cependant l’enfant agrandit peu-à-peu son alphabet et son dictionnaire y toujours en s’efforçant d imiter le langage des personnes placées près de lui pour lui donner à-ïa-fois des soins et des exemples. C’est de cet instinct de l’imitation que vient l’influence si puissante des premières impressions sur le reste de la vie. Aussi les anciens attachaient -ils tant d’importance à cette première éducation de l’enfant, que Quintilien , dans son livre de X Institution de V orateur, allait jusqu’à donner des conseils sur le choix des nourrices: « Ante omnia dit -il, ne sit vitiosus sermo nutricibus , quas .... S ap tentes Chrjsippus optavit (1). » C’est qu’en effet, les défauts que l’enfant contracte dès le berceau ou il bégaye , rejaillissent sur le reste de l’existence. L’oreille surtout conserve une longue mémoire, et la langue est tenace à ses premières habitudes. On a cité un enfant parisien qui, n’ayant passé que quelques mois dans nos pro-
(1) Quintilicn, liv. Ier.
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Vinces méridionales, et ramené à Paris ayant même qu’il parlât un peu couramment, n’en a pas moins conservé l’accent gascon jusqu’à Page de neuf ans. L’âge de la belle prononciation est celui de la force et de l’entier développement des organes : de vingt-cinq à quarantecinq ans, est le temps le plus propice au perfectionnement des moyens de l’orateur.
Jusqu’à la puberté, la parole de l’homme est en tout comme celle de la femme. Mais, à eet âge, celle de l’homme devient plus énergique et plus mordante. La femme conserve long-temps dans son langage la douceur et l’indecision si gràcieuse du jeune âge : elle réduit en système tout ce que le doux parler de l’enfance a d’aimable. Ajoutez que la voix de la femme , infiniment plus facile , a plus de moelleux que celle de l’homme : l’une a en étendue et en durée ce que l’autre a en force et en volume. Observez aussi , pour vous en féliciter, que la femme, en conséquence, parle plus que l’homme. 11 semble pour elle que ce soit là un instrument de musique, dont elle se plaise à tirer des sons mélodieux , qui retentissent jusqu’au coeur et qui l’émeuvent. Ne s’inquiétant jamais d’attacher une idee précise à chaque mot, ni de renfermer une pensée dans chaque phrase , la femme parie souvent pour parler •, elle parle à-peu-près comme on
chante : cest le besoin d’un cœur trop plein de détails ingénieux qui l’inspire. Toutes les femmes parlent bien , sans maîtres d’élocution et d éloquence : c’est l’amour, c’est la coquetterie^ c’est la nature qui leur donnent tour-à-tour des leçons de bien dire. Sûres d’être applaudies , maîtres de leur sujet plus qu’un orateur consomme, elles narrent avec une abondance, avec un charme inexprimables. Libres d’enchaîner 1 attention et de commander le silence, un simple coup-d’œil est leur exorde , et leur péroraison un sourire.
La parole suit le cours des passions : elle est souvent brusque et rapide chez l’homme bilieux, dont la continuelle occupation est de penser. Elle est profondément expressive chez l’hypochondriaque, qui compose toute sa destinée d’illusions ; lente et douce , mais sans charme , chez le phiegma tique, méprisant les passions qu’il ignore. Elle est vive, elle est pétulante et légère chez l’homme sanguin , que l’émotion de chaque moment soumet à l’inconstance. Les personnes de ce dernier caractère parlent pour les mélancoliques et les bilieux, qui par représailles pensent pour elles. ( Voyez pour les autres influences au livre de l’ Intelligence , chap. vu et xm.)
La parole n’a pas le même caractère dans les maladies du ventre, de la poitrine et de la tête;