DE NATURE
§ 369. Après ce qui a été déjà dit sur ce sujet § 360, il D'y a que peu de chose à ajouter sur le rapport d'identité de uaturc. Il est de deux sortes. Dans Tune, les termes entre lesquels il subsiste sont eux-mêmes des rapports ou des changements dans la conscience ; dans l'autre, ce sont les états de conscience primitifs entre lesquels de tels changements se produisent. Examinons d'abord les plus complexes.
En traitant du rapport de coîntensité, on a montré que les changements de la conscience sont de diverses classes. Il y a ceux chez qui l'antécédent et le conséquent sont d*ordre différent, par eiemple : le passage d'un son à une odeur; — ceux chez qui ils sont du même ordre, mais d'espèce diflférente, par exemple : le passage d'un son bas à un son élevé ; — ceui chez qui ils sont de même espèce, mais de degrés différents, par exemple : le passage d'un son faible à un son fort. Et comme telles sont les différentes sortes de changements entre des états de conscience produits par des sensations simples , il est clair que quand les états de conscience deviennent complexes, il en résulte une grande multiplicité dans les espèces de changements: changements du plus au moins en grandeur, du lent au rapide en vitesse, de l'élévation à l'abaissement^ etc. De là ces divers ordres de changements qu'implique la négation des rapports dont on a déjà traité; changements indiqués parles termes de dissimilitude, non-coïntensité^ non-coétendue, non-coexistence. Et de là aussi ces processus de conscience en vertu desquels nous
RAPPORTS d'identité DE NATURE, ETC. 289
classons les lignes a^ec les lignes, les surfaces avec les sui^faces, les volumes avec les volumes , en les distinguant tous comme des ordres divers de rapports, c'est-à-dire comme divers ordres de changements entre les états de conscience.
Quant à Tidentité de nature des rapports dans leurs divers modes, on n*en peut rien dire de plus que de la décrire, car c'est manifestement un rapport qui n'est pas décomposable en d'autres rapports. Deux changements de conscience sont de la même espèce, c'est là un fait dont on ne peut donner nulle autre raison sinon que nous percevons cela ainsi. Quelque simples ou complexes que puissent être les états de conscience eux-mêmes, il est clair que le passage d'un état à un autre état est dans tous les cas simple, et que, quand deux de ces passages produisent en nous deux sentiments semblables, nous savons que nous éprouvons deux sentiments semblables, et rien de plus. Il est vrai, comme on le montrera dans le chapitre suivant^ qu'il est possible de dire précisément ce que nous entendons en affirmant la ressemblance de ces sentiments. Mais il est impossible d'aller plus loin.
Le rapport d'identité de nature, donc, en tant qu^il subsiste entre des rapports, doit se définir : Une ressemblance de genre entre deux états de conscience.
§ 370. Il y a encore moins à dire sur le rapport d'identité de nature en tant qu'il subsiste, non entre des rapports, mais entre des états de conscience primitifs, entre les sensations ou ce qui les repj^ésente. Quelle est la nature des sentiments que nous avoni de la chaleur, du bleu, de la pression, du doux: nul ne peut le dire. Ce sont des éléments indécomposables de la pensée sur lesquels l'analyse n'a point de prise. Et quand nous affirmons que deux sensations de cette sorte sont identiques en nature^ sont du même genre, nous exprimons l'intuition d'une chose dont nous ne pouvons rien dire
de plus, sinon que nous l'avons. Quoique^ coravxi^xi^x^^^