ÉTATS DE LA SECONDE CLASSE
{• Relativement faibles ;
'2<» Postérieurs dans le temps (ou copies) ;
3<» Qualités modiûables par la volonté;
4<» Ordre simultané modifiable par la volonté ;
5<» Ordre successif modifiable par la volonté;
6<» Font partie d'un agrégat faible qui ne peut être rompu ;
7<> Qui est partiellement indépendant de l'agrégat yiî;
8<^ Et qui a ses lois en partie dérivées de l'autre et en partie particulières à lui-même;
9<* Leurs antécédents peuvent toujours être indiqués ;
10<» Appartiennent à un tout restreint à ce que nous appelons mémoire.
Ces diverses antithèses, qui s'unissent pour former une anthèse qui remporte sur toutes les autres, sont telles qu'en partie, elles s'établissent dans ma conscience non-seulement sans effort, mais sans qu'il soit possible de les prévenir^ et qu'en partie elles sont établies dans ma conscience par un processus qui est, en une certaine mesure^ volontaire. Pour bien comprendre comment chaque agrégat est uni à l'autre et en diffère, il est nécessaire d'examiner quels contrastes sont connus délibérément, et quels contrastes sont connus avant toute délibération.
§ 459. Si je fais l'examen critique de l'investigation que je viens de poursuivre, je trouve que, tout en étant resté physiquement passif, je n'ai pas retranché de ma pensée les souvenirs des activités passées et des divers états de conscience qu'elles produisaient. Je trouve que tous ces états faibles réunis qui forment mes idées de fluidité, de formes ta\i?\VA&^^ ^%
froid, etc., et qui sont maintenant attachées aux taches de couleur que j'appelle vagues, Tont été à Faide de mouvements que depuis longtemps j'ai répétés plusieurs fois. Bien que je ne puisse les en séparer, je vois que, si je n'avais jamais exécuté ces mouvements, les taches de couleur n'auraient jamais entraîné avec elles les états faibles qui représentent ces expériences passées. En d'autres termes^ je vois que si à la condition d'être passif maintenant, j'ajoute celle de l'avoir toujours été, la distinction des deux agrégats aurait été à quelques égards plus précise qu'elle n'est. Remarquons les différences qui auraient alors existé •
Le défilé des états vifs, étroitement uni au point de vue de la succession et de la coexistence, aurait été, comme maintenant, à l'abri de toute action venant du défilé des états faibles ; et le défilé des états faibles, n'étant plus entraîné au même degré par le défilé des états vifs, aurait joui d'une indépendance encore plus manifeste. Dans ce cas^ les deux agrégats auraient montré leur distinction, en passant l'un auprès de l'autre encore plus facilement qu'actuellement. Comme maintenant, chacun aurait également montré qu'il était sans solution de continuité. Il est donc évident que leur différenciation primaire et que l'intégration de chacune précèdent toutes ces expériences données par mon mouvement^ et toutes ces comparaisons réfléchies que rend possibles mon mouvement.
Les antithèses secondaires (comme celle que les états vifs sont les originaux et les faibles les copies; celle que les qualités et l'arrangement des états vifs ne sont pas modifiables par la volonté, tandis que ces qualités et cet arrangement sont modifiables dans les états faibles ; celle que les antécédents peuvent toujours être trouvés dans un cas et pas toujours dans l'autre; et comme celle que l'un des agrégats a des limites tandis qu'on n'en connaît pas à l'autre, sont des antithèses que je sais ne pouvoir être établies que par des comparaisons conscientes, — bien que quelques-unes d'elles cependant «oient si évidentes qu'elles puissent être reconnues d'une
manière presque automatique. Mais que la réflexion soit grande ou petite, les antithèses secondaires servent à fortifier Tantithèse primaire, qui s'établit elle-même.
Finalement^ j'observe que la différenciation qui précède ainsi la pensée, et qui est ensuite vérifiée et augmentée par la pensée, est absolue dans le sens qu'il n'y a aucune possibilité d'arrêter le processus par lequel elle se reproduit d'instant en instant. Quand nous nous sommes occupés de a l'Associabilité des sensations et de l'associabilité des rapports entre les sensations, d il est devenu évident que, dans l'acte de la connaissance, chaque état de conscience se réunit primitivement à la grande classe à laquelle il appartient,—- rentrant ensuite plus ou moins promptement dans son ordre particulier, dans son genre, dans son espèce, dans sa variété; nous avons vu qu'il en était de même pour les rapports entre les sensations^ et que l'intelligence n'est possible que par ces classifications. Ici, nous voyons qu'en même temps quUls sont connus, chaque état de conscience, chaque rapport s'unissent à Tun ou à l'autre de ces deux grands agrégats. Il n'y a aucune position intermédiaire possible; chaque état de conscience gravite immédiatement vers l'agrégat vif ou vers le faible. Dans les cas oîi il y a un doute momentané pour savoir si un bruit faible est, comme on dit, réel ou idéal, ou si dans l'obscurité une chose est actuellement vue ou imaginée, une tension désagréable accompagne l'état d'incertitude. Même pendant le doute, on ne peut balancer entre les deux, mais on oscille de l'un à l'autre. Et quand, sous l'influence des illusions optiques ou autres, cette ségrégation est empêchée d'une manière sérieuse, il y a un état de confusion pénible, — un sentiment de chaos menaçant produit par l'ébranlement de ce fondement de notre intelligence.